
Le géant Français Engie (ex-GDF Suez), ne prendra plus part au projet Nepthyd. En Normandie, l’industriel devait construire quatre hydroliennes au Raz-Blanchard, au large du Cotentin, près de La Hague (Manche). Contacté par Normandie-actu, Engie confirme son retrait mais reste flou :
Nous travaillons sur ce projet depuis 2010 mais aujourd’hui, Engie n’a pas assez de visibilité de la part d’un fournisseur concernant sa technologie. Mais nous sommes toujours intéressés par les énergies marines renouvelables (EMR).
L’industriel français n’en dira pas plus. Selon le journal Les Echos, cette décision surprise de ne plus investir dans la ferme hydrolienne de Cherbourg est liée à la volonté de General Electric de suspendre le développement de la turbine Oceade. Or, Engie comptait sur ces turbines de 1,4 mégawatt pour les installer dans la Manche.
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« Ce n’est pas un coup d’arrêt »
Avec ce projet Nepthyd, qui est une première mondiale, Cherbourg doit devenir le centre de gravité de la création d’une filière hydrolienne en France. Et cette ambition n’est pas arrêtée avec la décision d’Engie. « Ce n’est pas du tout un coup d’arrêt, juste un industriel qui se retire », précise ainsi le Département de la Manche, auprès de Normandie-actu.
Engie et DCNS avaient remporté l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé par l’Agence de l’environnement et la maîtrise de l’énergie (Ademe) en 2014, pour la création de deux fermes hydroliennes au Raz-Blanchard dans la Manche, et profiter de la force des courants marins pour produire de l’énergie. DCNS est, lui, toujours dans la course. La construction d’un un atelier d’assemblage a d’ailleurs été décidée en mai 2016.
Les élus normands confiants sur l’avenir de l’hydrolien
Dans une déclaration commune, les collectivités de Cherbourg, la Manche et de Normandie disent prendre acte de la décision d’Engie et la regretter :
Au-delà de ce retrait, les élus normands restent très confiants sur l’avenir de l’hydrolien puisque l’État a lancé les travaux préparatoires aux futures fermes commerciales pour donner de la visibilité aux industriels. Les fermes expérimentales hydroliennes du Raz Blanchard, qui font suite à l’appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe, restent plus que jamais d’actualité avec DCNS associé à EDF. L’annonce, la semaine dernière, de la création de DCNS Energies, qui réunit trois grands partenaires autour de DCNS, confirme la validité des engagements portés par nos collectivités depuis plusieurs années. Elles ont contribué à installer le nouveau groupe français parmi les leaders mondiaux dans ce domaine et à positionner le port de Cherbourg comme le tout premier site mondial de l’hydrolien.
Produire plus d’électricité qu’un réacteur nucléaire
La pose de la première pierre de l’usine de DCNS, dont le coût est estimé à dix millions d’euros, est attendue pour le premier semestre 2017. Sept hydroliennes de la ferme-pilote seront opérationnelles à l’horizon 2018.
Si le projet n’est qu’expérimental aujourd’hui, le stade commercial devrait intervenir à l’horizon 2020. Le Raz-Blanchard offre une capacité de production d’électricité supérieur à celle d’un EPR (réacteur nucléaire nouvelle génération).
La Normandie espère être, d’ici 2025, le leader français des énergies marines renouvelables.