Un homme de 24 ans détenu depuis le 25 juillet 2015 pour tentative de meurtre au Mesnil-Villement, près de Falaise (Calvados) a sollicité sa remise en liberté mardi 7 février 2017. Les juges de la cour d’appel de Caen (Calvados) ont refusé sa demande.
« Explications » en famille
Entre les familles V. et T., issues de la communauté des gens du voyage et sédentarisées, l’histoire s’entremêle. « On ne compte plus les alliances et les mésalliances », fait valoir devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Caen, Me Kian Barakat, avocat de Christian T*. Ce dernier, âgé de 24 ans, est détenu depuis le 25 juillet 2015, jour où il a été mis en examen pour tentative de meurtre sur Jonathan V*. au Mesnil-Villement (Calvados)
Dans ce village au bord de l’Orne, la famille. V a pris ses quartiers d’été et installé son camp en juillet 2015. Dans la soirée du 23 juillet, le clan V. décide d’aller chercher Christian T. pour « une explication ». Sa mère, issue du clan V, est présente.
Que s’est-il passé exactement ? En dépit d’une reconstitution qui a duré 13 heures, les versions restent divergentes et varient selon les familles. Mais la séance d’explication a mal tourné.
> LIRE AUSSI : Il tue sa mère en l’étranglant et tente de se suicider avec de l’eau de Javel, au Havre
Une victime défigurée se déplaçant avec une canne
Christian T. a t-il subi des violences avec une canne à pêche et des coups comme il l’affirme ? Acculé à genoux contre une voiture, il se saisit d’un couteau traînant, dit-il, sur le sol. Des témoins évoquent un sabre…
Se relevant brusquement dans la mêlée, le jeune homme fend l’air à plusieurs reprises avec son arme. Il touche Jonathan V. dont le nerf sciatique de la jambe gauche est sectionné. La victime se déplace aujourd’hui appuyée sur une canne. Atteint au visage, Jonathan T. reste défiguré. Dans la confusion, personne n’est intervenu lors de la bagarre.
Ayant d’abord pris la fuite, Christian T. s’est rendu à la gendarmerie. Depuis presque 18 mois, le juge d’instruction tente de reconstituer cette soirée agitée. D’autant que l’arme blanche à l’origine des coups n’a jamais été retrouvée. L’instruction devant bientôt se terminer, Christian T. a demandé sa remise en liberté mardi 7 février 2017.
Condamné à 22 reprises
L’avocat général s’y est opposé en évoquant la dangerosité du jeune homme condamné 22 fois, dont quatre fois pour violences.
Et libre, il risquerait des représailles d’autant que son éloignement à Sées (Orne) n’est pas suffisant.
Pour la défense, Me Barakat réplique que son client « n’est pas plus à l’abri à la prison de Caen où se trouvent des membres du clan V. Christian T., qui concentre beaucoup de haine sur sa personne, n’a jamais varié dans ses déclarations. Il sollicite pour la première fois sa remise en liberté. »
Ces arguments n’ont pas convaincu les juges : Christian T. reste en détention.
Louis Laroque
*Prénoms d’emprunt