
Elle est l’une des « voix » de Benoît Hamon. À 27 ans, l’élue municipale de Rouen (Seine-Maritime), Laura Slimani fait partie de l’équipe de campagne du candidat socialiste à la présidentielle. Portrait d’une militante engagée contre la « gauche molle ».
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Son premier engagement contre François Fillon
Née à Rouen de parents enseignants, Laura Slimani se souvient avoir été « élevée dans des valeurs d’égalité et de progrès ». Après sa scolarité à Rouen, elle part étudier à l’Institut d’études politiques (IEP) de Bordeaux. C’est là qu’elle prend son premier engagement politique.
J’ai eu le déclic pendant les années Sarkozy. En tant que petite-fille d’immigré algérien et d’une mère française, j’ai été profondément choquée par le débat sur l’identité nationale. Ensuite, en 2010, je me suis pleinement engagée dans la lutte contre la réforme des retraites.
Ironie de la chose, cette réforme était à l’époque portée par le gouvernement de François Fillon.
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Présidente des Jeunes socialistes
Très vite, la jeune militante fait ses armes au sein du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Elle en prend la présidence en 2013, puis devient la présidente du MJS européen. « C’est allé très vite », reconnaît-elle aujourd’hui.
Je fais partie de ce qu’on pourrait appeler la « génération Hollande », la première à connaître la gauche au pouvoir depuis bien longtemps. Il y a eu à l’époque un vrai renouvellement dans les rangs du PS. Cela correspondait vraiment à une nouvelle dynamique au sein du parti.
Durant le quinquennat de François Hollande cependant, Laura Slimani déchante. Si elle estime que « tout n’est pas à jeter » dans le bilan du président, elle déplore tout de même le passage en force de la loi Travail.
Pour elle, la primaire de gauche a permis aux sympathisants et militants d’exprimer « une volonté de tourner la page ».
La « gauche molle » remise en question
Soutien de Benoît Hamon depuis longtemps, c’est donc « naturellement » qu’elle l’a soutenu dans la campagne de la primaire de la Belle alliance populaire.
« Par mon poste de présidente du MJS européen, j’ai pu voir ce qui se passait ailleurs. Petit à petit, les pays européens ont rejeté cette gauche ancienne, cette social-démocratie », estime-t-elle. Pour elle, la victoire de Benoît Hamon incarne cette dynamique.
On peut dire qu’il y a enfin une remise en question de cette gauche molle ! La victoire de Benoît Hamon prouve bien que les clivages gauche-droite existent encore.
Surprise par la victoire de Benoît Hamon

Comme beaucoup, Laura Slimani a pu être surprise par la victoire de Benoît Hamon à la primaire. « C’est vrai qu’au début, je dois reconnaître que je n’étais pas sûre de cette victoire », reconnaît-elle.
C’est courant novembre 2016 que j’ai commencé à sentir un changement et que j’y ai vraiment cru. Il se passait quelque chose. Lors des meetings, on voyait de plus en plus de gens qui n’étaient pas issus de partis politiques et qui étaient sensibles au discours de Benoît Hamon.
Après la victoire de son candidat, Laura Slimani a rejoint l’équipe de campagne en tant que « voix », une « façon moins pompeuse de dire porte-parole ». « Mon rôle est de communiquer avec la presse, de diffuser les idées de Benoît Hamon aussi bien sur le plan local que national et européen », explique la militante qui est par ailleurs chargée de mission dans une fédération d’associations de lutte contre l’exclusion.
Un « culte de la personnalité malsain » autour de Macron

Bien qu’elle affirme que « l’adversaire numéro 1 de Benoît Hamon dans cette campagne est évidemment Marine Le Pen », Laura Slimani, à l’image du candidat PS, ne mâche pas ses mots contre Emmanuel Macron.
Quand on reprend des propositions de Nicolas Sarkozy, on ne peut pas se dire de gauche, lance-t-elle. Il doit clarifier ses positions et cesser d’entretenir la confusion sur les clivages gauche-droite. Je trouve qu’il y a un culte de la personnalité assez malsain autour de lui. C’est assez immature politiquement.
Laura Slimani garde tout de même quelques cartouches pour Marine Le Pen et François Fillon « qui incarnent le recul et le repli sur soi ». Et d’encenser « l’authenticité sincère de Benoît Hamon, qui ne se présente pas comme un homme providentiel ».
“Macron veut supprimer l’ISF mais seulement pour les actifs financiers, c’est à dire les plus riches!” #NiDeGaucheNiDeGauche #Hamon2017
— Laura Slimani (@LauraSlimani) 5 février 2017
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« Je crois que tout est possible »
Pour l’avenir, Laura Slimani reste optimiste. Mais élude les questions sur son propre avenir politique. Une candidature aux élections législatives ? « Je ne suis pas dans cette optique, les candidatures sont déjà décidées depuis décembre pour la plupart ». Aux élections européennes ? « C’est loin ».
Je suis très heureuse de mon rôle de conseillère municipale déléguée à la jeunesse. Et je préfère me concentrer sur la présidentielle. On va faire une belle campagne et si on gagne, on fera une belle fête.
Pour espérer un succès au printemps 2017, Laura Slimani compte sur la capacité de Benoît Hamon à rassembler la gauche, de Yannick Jadot (EELV) à Jean-Luc Mélenchon.
Pour l’instant, on est encore dans une période de clair-obscur où il peut advenir le meilleur comme le pire. Je crois que tout est possible. Si la gauche part unie, on a nos chances.
« Ensemble tout devient possible » disait le slogan de Nicolas Sarkozy en 2007. Une philosophie qui a le mérite de transcender les clivages gauche-droite.