Depuis 2013, les chenilles processionnaires du pin ont fait leur apparition en Normandie et plus particulièrement dans le sud de la Manche.
« C’est surtout depuis deux ans qu’elles sont très nombreuses et posent des problèmes, notamment à Jullouville et Saint-Pair-sur-Mer », précise à Normandie-actu Antoine Métayer, le directeur de la fédération départementale de défense contre les organismes nuisibles (FDGDON) de la Manche.
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Elles sont aujourd’hui présentes dans l’Orne, dans les secteurs d’Argentan et de Sées mais aussi dans le Calvados. Leur aire de répartition confirmée durant l’hiver 2015/2016, s’étend sur la frange littorale de Beauvoir à Granville, ainsi que dans le Sud de l’Avranchin. Leur colonisation progresse vers le Nord et l’Est.
L’ex Haute-Normandie semble pour le moment épargnée, continue Antoine Métayer.
Des poils microscopiques urticants
Ces chenilles s’installent en cocon dans les pins et se nourrissent des aiguilles de pin. Puis elles descendent sous forme de procession, « parfois sur des longueurs de trois ou quatre mètres », avant de s’enfouir dans le sol pour ensuite devenir un papillon de nuit. Le papillon est inoffensif mais la chenille ne l’est pas.
Ses poils microscopiques, qui sont volatiles, sont très urticants, explique le spécialiste. Cela peut créer des démangeaisons, des plaques sur les bras et les mains.
Un chien euthanasié
Le spécialiste insiste : « Cela peut aussi provoquer des problèmes plus graves de vue ou respiratoires si ces petits poils arrivent dans l’œil ou sont inhalés. Surtout pour les humains sensibles et fragiles ».
Les animaux domestiques peuvent aussi être touchés. « Nous avons eu le cas d’un chien récemment dans le sud Manche qui a eu sa langue nécrosée après avoir joué avec ces chenilles, assure Antoine Métayer. Il a dû être euthanasié. »
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Que faire pour se protéger de ces chenilles ?
Le moment de l’année le plus dangereux, « c’est la période de procession de janvier à mars », précise le directeur du FDGDON. « Des cordons de chenilles se déplacent dans les jardins, sur les routes… Il ne faut pas s’en approcher. »
Si des cocons de chenilles sont recensés dans les jardins, les chemins pédestres ou encore les espaces verts publics, il ne faut pas hésiter à prévenir la mairie ou le FDGDON.
Voici quelques conseils du FDGDON pour se protéger :
- Éviter de rester sous ou près des arbres colonisés, ne pas toucher les chenilles ni les cocons.
- Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d’un arbre atteint. Les munir de vêtements à longues manches, de pantalons.
- Éviter de faire sécher du linge sous les arbres contenant encore des nids.
- Ne pas utiliser du linge (serviette, vêtement) qui a été posé au sol, veiller au rangement du linge à l’abri des contaminations.
- Arroser soigneusement les zones concernées de manière à faire disparaître dans le sol les poils urticants et réduire ainsi les risques de contact avec les enfants.
- Ne pas se frotter les yeux en cas d’exposition.
En cas d’exposition aux poils de chenilles, prendre une douche et changer de vêtements. En cas d’irritation cutanée ou oculaire, de troubles respiratoires, et notamment pour les personnes allergiques et/ou asthmatiques, consulter rapidement un médecin ou un pharmacien et en cas d’urgence, appeler le 15.
Comment s’en débarrasser ?
Il existe plusieurs façons de se débarrasser de ces chenilles. Il est plus simple de les reconnaître quand le cocon est dans l’arbre. « En général, les cocons se voient bien, assure le directeur du FDGDON. Par ailleurs, il est vrai que la chenille ressemble à toutes les autres. À la seule exception qu’elle se déplace en procession. »
Mettre en place des écopièges sur les arbres peut être une solution pour se débarrasser de ces chenilles dangereuses. « Le principe est simple, on installe une sorte de collerette autour du tronc avec un sac, explique Antoine Métayer. Quand les chenilles descendent pour la procession, elles tombent dans le sac. Il faut ensuite les incinérer. »
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Il est également possible de pratiquer l’échenillage.
En apercevant un cocon dans un pin, si vous avez de quoi vous protéger (lunettes, gants, combinaison), vous pouvez couper la branche et détruire le nid par le feu.
Les mésanges pour lutter contre les chenilles
Autre technique plus douce, faire venir des mésanges. « Elles se nourrissent de chenilles mais elles ne pourront pas non plus supprimer leur présence », indique Antoine Métayer.
Cependant, Antoine Métayer précise qu’il sera désormais impossible de se débarrasser de cette espèce invasive qui vient du sud de la France et a progressé lentement vers le nord. « Il y en a déjà trop dans notre région. Nous devons vivre avec mais faire attention et surtout, être au courant des risques », conclut le spécialiste.
- Plus d’informations sur le site du FDGDON 50