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Un nouveau squat ouvre à Caen, pour accueillir les migrants qui dorment dans la rue

La situation n’est plus tenable et les associations tirent la sonnette d’alarme : trop de migrants dorment à la rue, à Caen (Calvados). Un nouveau squat a été ouvert à Mondeville.

(Photo © ML/Normandie-actu)
Un nouveau squat a été ouvert à Mondeville (Calvados), lundi 20 février 2017, pour accueillir des migrants qui dormaient dans la rue. (Photo © ML/Normandie-actu)

Les associations et les militants tirent la sonnette d’alarme. Selon eux, près de 200 personnes dorment dans la rue, dont une quarantaine d’enfants, à Caen (Calvados), en ce mois de février 2017. « Le 115 est saturé, nous sommes obligés de refuser des gens tous les soirs », déplore une stagiaire au centre d’hébergement d’urgence de la Guérinière.

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« Tout est plein »

De nombreux migrants, originaires du Soudan, mais aussi de Roumanie et d’Albanie, sont récemment arrivés à Caen. La plupart ont entamé ou souhaitent entamer des procédures de demande d’asile. Et même si ces demandeurs d’asile devraient avoir droit à un logement en centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada), « tout est plein ».

« Les squats ouverts sont aussi saturés et certains sont menacés d’expulsion », souligne à Normandie-actu un membre de l’Assemblée générale (AG) de lutte contre toutes les expulsions, le collectif qui a ouvert un nouveau lieu, lundi 20 février 2017, dans une maison abandonnée, à Mondeville, près de Caen.

Cinq squats ouverts à Caen et ses alentours
Un squat installé sur la presqu’île de Caen a été expulsé, jeudi 9 février 2017. Restent alors deux squats à Fleury-sur-Orne, un à la Guérinière, un sur la Presqu’île et celui qui vient d’ouvrir, à Mondeville. « Mais certains sont en procédure d’expulsion, notamment à Fleury et nous avons des doutes sur celui de la Presqu’île. C’est pour cela que nous devons en ouvrir de nouveaux si nous ne voulons pas que les personnes qui vivent dedans se retrouvent encore à la rue », précise un militant de l’AG.
Quand de nouveaux lieux sont ouverts, après 48h d’occupation, le squat n’est plus expulsable. Le propriétaire peut ensuite engager une procédure judiciaire en vue d’obtenir une expulsion. Mais, le temps de l’instruction, cela peut prendre plusieurs mois. Et une fois l’expulsion ordonnée, l’huissier procède à sa signification aux occupants et ces derniers disposent alors d’un délai de deux mois pour libérer les lieux.

Fuir la guerre

Ce nouveau squat, à Mondeville, héberge des jeunes hommes soudanais, âgés d’entre 17 et 22 ans. Mamout, 17 ans, est parti depuis deux ans de son pays. Si la langue du Soudan est l’anglais, le jeune homme parle le français et a accepté de témoigner.

Il y a beaucoup de guerres dans notre pays depuis 2009, ils ont tué nos grands frères, nos grandes sœurs…, raconte-t-il dans un français hésitant. C’est la démesure, nous ne pouvions pas rester là-bas.

Avec d’autres amis soudanais, Mamout a pris la route, traversant la Méditerranée, arrivant sur les côtes de l’Italie, avant la France, Calais, Paris, puis Caen… Au gré des mouvements, des opportunités, des conseils… Arrivé à Caen, il y a environ un mois, le jeune homme essayait de dormir là où il pouvait, dehors, sur la Presqu’île…

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« On trouve des endroits pour la nuit et on change le lendemain. C’est difficile, mais ça va », assure-t-il, de sa voix douce, sans se plaindre. Comme si dormir dehors n’était finalement pas si terrible, quand il repense à tout ce qu’il a vécu. Pour manger, c’est la débrouille. Mamout apprécie les maraudes de la Croix Rouge, les douches de la Boussole, une structure d’accueil de jour pour les plus démunis, et le café offert avec amitié par les bénévoles. « Les gens sont sympas en France sauf quand je dis que je suis Soudanais, je sais pas trop pourquoi… »

L’Angleterre attire toujours

Mamout aimerait rester en France, il ne pense pas à l’Angleterre. Il voudrait tenter sa chance dans ce pays. Mais ce n’est pas le cas de la plupart de ses camarades qui, pour beaucoup, aimeraient passer en Angleterre.

Le Soudan est une ancienne colonie anglaise, précise une militante de l’AG. Ils parlent donc la langue du pays, connaissent souvent des personnes là-bas… Ils ont clairement plus de chances d’obtenir leur demande d’asile en Angleterre qu’en France.

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Le parcours est long pour ces réfugiés de la guerre. Les squats leur offrent un logement, certes précaire, mais un peu plus décent que la rue, avec eau et électricité. Le temps d’une pause, de prendre une décision, de réfléchir…