
Jeudi 16 mars 2017, un adolescent apparemment motivé par les mauvaises relations qu’il entretenait avec d’autres élèves, a ouvert le feu au lycée Alexis-de-Tocqueville à Grasse, dans les Alpes-Maritime. La fusillade a fait, en tout, 14 blessés légers, touchés par les tirs ou indirectement.
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Cet événement, qui a choqué de nombreux lycées de France, met en exergue la sécurisation des établissements et remet sur le tapis le débat sur la vidéoprotection aux abords des lycées de Normandie, une mesure proposée par la Région.
Des caméras « pour lutter contre le terrorisme »
Depuis novembre 2016, la Région Normandie souhaite généraliser l’installation de caméras de vidéosurveillance à l’entrée des lycées, « pour lutter contre le terrorisme ». La Région, avec l’aide de l’État, prend en charge cet investissement pour un coût de 2,8 millions d’euros.
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L’État nous a imposé la sécurisation des abords des lycées via des portiques, clôture et barrières. Ce que nous avons fait. Mais nous proposons, en plus de ce qu’impose l’État, une aide pour l’installation de caméras à l’entrée des lycées, précise à Normandie-actu Bertrand Deniaud, vice-président de la Région, en charge des lycées. Nous mettons donc en place une sécurisation supérieure à ce qui existe. Mais nous sommes bien conscients que ces dispositifs ne pourront malheureusement pas bloquer quelqu’un de déterminé comme à Grasse.
Pour l’élu de la Région, les caméras « rassurent les agents, les élèves, les enseignants » et peut « dissuader certains malintentionnés ». « Cela évite aussi les attroupements devant les lycées, la petite délinquance et permet d’aider les forces de l’ordre à résoudre leurs enquêtes », ajoute-t-il.
« Une réflexion sur le long terme »
Chaque lycée est libre de choisir s’il souhaite installer ou non des caméras à l’entrée de son établissement. Sur les 154 lycées de Normandie, 55 établissements se sont déjà prononcés en faveur de leur installation.
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Et une cinquantaine en sont déjà équipés dans l’Eure et la Seine-Maritime, cela portera donc à près de 110 le nombre de lycées équipés de caméras, si les maires acceptent car nous devons aussi demander l’accord de chaque Ville, indique Bertrand Deniaud.
Certains établissements ont refusé le projet, dont un lycée de Lillebonne (Seine-Maritime) et un lycée de Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche). D’autres sont encore en cours de réflexion.
Si les proviseurs des lycées sont conscients que les événements de Grasse ont pu perturbé les élèves comme les agents ou les professeurs, ils assurent que leur choix sur les questions de vidéosurveillance ne se fera pas en fonction de cette fusillade.
Nous essayons de raisonner à froid, pas en réaction directe à un événement, martèle Maxime Jeandel, le proviseur du lycée Camille-Saint-Saëns de Rouen (Seine-Maritime). Pour les caméras, au vu de la configuration de nos locaux, ce n’est pas une priorité. Mais nous sommes en cous de réflexion sur ce sujet.
De son côté, le lycée Léopold-Sédar-Senghor, à Évreux (Eure), a émis un avis favorable pour l’installation de caméras à ses entrées. « Nous avons déjà mis en place un tourniquet à l’entrée, un surveillant…, énumère le chef d’établissement. Mais cela fait un moment que nous réfléchissons à la sécurisation de notre lycée, ce n’est pas du tout en réaction à Grasse. »
Des opposants à la vidéosurveillance
À Lillebonne et à Saint-Hilaire-du-Harcouët, là où les conseils d’administration des lycées Guillaume-Le-Conquérant et Claude-Lehec ont refusé les caméras de vidéosurveillance, les événements de Grasse ne semblent pas non plus faire bouger les lignes. Aucun des deux n’a prévu de remettre à l’ordre du jour cette question. « Le proviseur a d’autres priorités », dit-on à Saint-Hilaire-du-Harcouët.
À Lillebonne, le conseil d’administration a mis en place un portique fermé « mais il ne voulait pas des caméras, certains membres estimaient que c’était du Big Brother, précise un agent du lycée. Et ce n’est pas au programme du prochain CA de revenir là-dessus ».
L’annonce de la mise en place de caméras devant les lycées n’avait pas fait l’unanimité auprès des lycéens, des parents d’élèves, des professeurs… Une pétition en ligne et sur papier a été lancée en novembre 2016 pour s’opposer à l’installation de ces caméras et a recueilli près de 1 000 signatures.
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Des lycéens avaient même apostrophé Hervé Morin, le 8 février 2017, au lycée Dumont-Durville de Caen (Calvados), pour lui faire part de leur mécontentement.
Ce ne sont pas les caméras qui vont empêcher les attentats, les agressions, la délinquance…, avait déclaré un des lycéens, début février. Nous pensons que l’argent de ce projet pourrait être réinvesti dans d’autres choses, par exemple pour favoriser l’accès aux handicapés. Il y a tout un tas d’investissements qui seraient plus souhaitables et nécessaires que d’installer des caméras dans les lycées.