Lui, le petit, l’élégant cherbourgeois bas-normand passant le relais à l’autre, le grand charmant havrais haut-normand sur le perron de l’hôtel de Matignon, à Paris, ce 15 mai 2017 en début d’après midi:
Les commentateurs médiatiques ont relevé sans peine que la passation de pouvoir du Premier ministre à Matignon n’en était pas vraiment une… Matignon reste acquis à la Normandie. Et des qualités prêtées aux Normands, il fut même question dans les discours emprunt de respect réciproque entre Bernard Cazeneuve et Edouard Philippe…
Pour une fois que la Normandie est, enfin, à l’honneur au coeur du cirque politico-médiatique parisien avec ses valeurs voire, un projet politique pour trouver une solution à la crise sociale, culturelle et politique dans laquelle nous sommes collectivement plongés.
Le premier pour rappeler au second que la tâche qui l’attend va être extrêmement difficile et qu’il faudra apaiser et chercher les compromis car, le cherbourgeois d’adoption et de coeur de dire: « Les Normands sont imprégnés de l’esprit de sagesse. Et je crois qu’il faut de la sagesse dans ce moment si particulier dans lequel nous nous trouvons. Comme le disait Tocqueville, les Normands sont violemment modérés. »
L’idée est très juste: c’est même LE projet politique normand.
Pour mémoire, relire ceci:
http://normandie.canalblog.com/archives/2017/02/05/34898653.html
Mais ce n’est pas Alexis de Tocqueville qui est l’auteur de la célèbre formule mais un havrais, André Siegfried, le célèbre fondateur de la science politique en France et frère de Jules, un grand maire du Havre… justement. On la trouvera dans le texte d’une célèbre conférence intitulée « psychologie du Normand » qu’André Siegfried prononça devant l’académie des arts et belles lettres de Rouen le 4 février 1955.
Le second pour rappeler au premier que « les Normands peuvent être aussi conquérants » histoire de rappeler qu’il va falloir aller à la bataille de l’Assemblée Nationale avec une armée de néophytes composée de bric et de broc: le matin d’Hastings, Guillaume le Bâtard, pas encore le Conquérant pouvait se trouver dans la même situation. On connaît la suite de l’Histoire. Mais l’Histoire ne se répète jamais exactement de la même façon: on peut simplement ne pas l’oublier pour en tirer quelques leçons afin d’éviter que le retour de l’Histoire ne soit pire que la dernière fois.
Ainsi, puisque les élections législatives de juin 2017 auront une importance politique plus grande que l’élection présidentielle elle-même et ce, pour la première fois dans l’histoire de la 5ème République, on peut dire, en conséquence, que la passation de pouvoir à Matignon revêt plus d’importance politique que celle, plus grandiloquente et solennelle, qui fut faite à l’Elysée dimanche 7 mai entre les deux présidents d’une certaine continuité…
Compte tenu de la feuille de route affichée par le président Macron et ce qui, déjà, transparait de sa conception du gouvernement, la force modératrice d’un Normand à Matignon ne sera pas de trop face à un apprenti… Bonaparte qui s’est mis en tête de réussir ses « cent jours ».
Commentaire de Florestan:
Qu’il nous soit permis de rendre ici un dernier hommage à Bernard Cazeneuve qui fut, assurément, le grand chef d’Etat du quinquennat de… François Hollande.
Aux dernières nouvelles, Bernard Cazeneuve, tel un Cicinnatus du Cotentin, souhaite revenir à Cherbourg pour y cultiver son jardin, au sens strict de l’expression et reprendre ses activités d’avocat:
Après avoir vu quelques horreurs de près, on comprend que le cherbourgeois Cazeneuve veuille chercher un peu d’apaisement dans un jardin: j’irai revoir ma Normandie?



