Seul le prononcé fait foi
"Mes chers collègues,
Je vous souhaite la bienvenue au centre des congrès du Havre. Après Caen le 6 février, après Rouen le 3 avril, je suis heureux que nous siégions à nouveau dans la Cité océane, plus que jamais sous le feu des projecteurs avec les célébrations hautes en couleurs de son 500ème anniversaire. J’adresse mes amicales pensées à Edouard Philippe qui nous a accueillis en ses murs le 15 décembre dernier et lui adresse tous mes vœux de succès à la tête du gouvernement. Le Premier ministre et moi ne nous retrouvons peut-être pas complètement sur les sujets politiques mais je sais pouvoir compter sur son engagement en faveur de l’Axe Seine et de la Normandie. Tout comme il peut compter sur ma volonté de faire aboutir ces dossiers, dans un contexte où aucun grand projet ne peut concrètement avancer sans un travail de concert, entre un Etat exsangue et souvent paralysé par des modes opératoires d’une grande lourdeur et des Régions encore souples et opérationnelles. J’adresse mes sincères félicitations à Luc Lemonnier pour son élection en qualité de Maire du Havre et à la présidence de la Codah, ainsi qu’à nos collègues Jean-Baptiste GASTINNE et Valérie EGLOFF, qui ont été élus respectivement 1er adjoint et adjointe au Maire du Havre il y a quelques semaines et j’adresse mes félicitations à Stéphane Travers pour son accession au Ministère de l’Agriculture et, tout comme à Sébastien Jumel, pour son élection de député.
Mes chers collègues, il y a un an Marie-Agnes Poussier vous annonçait le lancement de l'élaboration de la stratégie d'attractivité de la Normandie. C'est un projet absolument essentiel pour notre région car nous devons mieux valoriser les formidables atouts de la Normandie, pour les développer et accueillir plus de forces vives, plus d'étudiants, davantage d'investisseurs et d'entreprises. C'est aussi un défi redoutable car réunir les conditions pour faire évoluer l'image d'un territoire est très complexe.
Coconstruite avec plus de 6 000 normands, cette stratégie est fondée sur les valeurs de la Normandie. Celles d'une région ouverte sur le monde, fière d'une participation hors du commun à l'histoire contemporaine, portée par des atouts économiques et industriels de niveau mondial, reconnue pour sa dynamique culturelle et des richesses patrimoniales et touristiques exceptionnelles. Celle, tout simplement, d'une Région Monde.
Ce récit unique sera porté par une marque, la marque normandie. Fondée sur le nom de notre région, elle a vocation à être utilisée par tous les acteurs privés et publics qui souhaitent se référer au territoire pour promouvoir leurs activités sur la scène nationale ou internationale. C'est elle que nous saurons mettre collectivement en avant dans le cadre des projets que la Région a déjà lancés ou s’apprête à mettre en œuvre et qui concourent à l’attractivité de la Normandie. Je pense par exemple à Normandie pour la Paix, au projet Moho à Caen, à l’aménagement d’un nouveau campus au Madrillet, à Goustranville pour le cheval, à l’hadronthérapie à Caen, au futur Génopôle à Rouen, aux candidatures à accueillir une partie de l’expo universelle en 2025 ou celle pour être retenue comme base arrière des JO 2024, à nos produits agricoles ou encore au classement des plages du débarquement au patrimoine mondial.
La stratégie de l'attractivité normande sera pilotée par une Normandie Attractivité, task-force légère dont je souhaite qu'elle soit confiée à Philippe Augier. L'agence Normandie Attractivité s’appuiera sur les forces vives du territoire. Elle sera basée au Havre, à deux pas d'ici dans les locaux de la CCI de l'Estuaire.
Du Havre il en sera question à plusieurs reprises aujourd’hui, notamment en matière de transport et de développement économique. Je lancerai d’ailleurs demain avec Vianney de Chalus et Léa Lassarat à la CCI de l’Estuaire le premier speedating numérique, matinée de rencontres entre les commerçants, les artisans locaux avec des start-up normandes en capacité de leur offrir des solutions pour passer à l’ère numérique.
La numérisation n’est plus un gadget, et encore moins une mode. C’est une étape incontournable que les entreprises doivent franchir sous peine de décrocher. La Région Normandie a décidé de s’engager pour que les acteurs économiques, de la TPE à l’ETI, prennent le virage numérique et le fasse en s’appuyant sur le tissu digital normand qui est devenu l’un des plus dynamiques de France. Une démarche proactive a également été lancée, avec le soutien de l’ADN, pour l’intégration d’innovations de rupture dans les milieux industriels. Le PIA3 octroiera des financements aux entreprises leaders dans ces secteurs, permettant à des entreprises d’avoir une longueur d’avance sur ses concurrents. Le travail que nous menons avec la Métropole de Rouen sur l’introduction du véhicule autonome en milieu urbain à Rouen, témoigne du potentiel formidable de notre écosystème. J’ajoute que la Région, qui est désormais membre de la Normandy French Tech aux côtés de la Métropole et des agglomérations de Caen et du Havre, a décidé de soutenir, à travers un plan de 2 millions d’euros, la valorisation à l’international du savoir-faire digital normand. Plus de 100 entreprises seront ainsi accompagnées pour participer aux grands rendez-vous du numérique que sont le CES Las Vegas, ou Vivatech et d’autres lieux à travers le monde.
La numérisation de la Normandie ne concerne pas que le secteur des entreprises. J’ai ainsi présenté le 16 juin dernier aux acteurs normands du numérique un plan ambitieux de 35 M€ par an qui vise non seulement à combler le retard d’équipement normand en la matière mais à faire de notre région l’une des plus connectée de France. Près de 25 M€ par an seront mobilisés par la Région Normandie afin que 100% des Normands bénéficient du Très Haut Débit d’ici 2025. A l’image du partenariat récemment conclu avec le Département de l’Eure où nous serons en 2020 à une couverture de + de 90%, la Région abondera les programmes d’investissements des Départements pour accélérer leur mise en œuvre, intégrer systématiquement le THD et permettre aux territoires ruraux de bénéficier de la même desserte numérique que les villes.
L’objectif est également de faire de la Normandie une terre d’accueil pour les datacentres. Parallèlement, la Région Normandie poursuivra son investissement dans le MYRIA, supercalculateur hébergé et exploité par le CRIANN à Saint-Etienne du Rouvray, afin qu’il devienne un « mésocentre » d’envergure nationale. Françoise Guégot y veille. La Région soutiendra en outre l’aménagement et la labellisation de 30 tiers-lieux par an, à l’horizon 2020, Sophie Gaugain vous présentera ce plan global dans quelques instants. Enfin, le Conseil régional sera attentif à offrir une connexion de qualité dans ses équipements. L’accès des lycées aux réseaux de fibres optiques sera généralisé dès la fin de cette année et les futurs trains intercités proposeront un service wifi dès leur mise en service par la Région Normandie en 2020, grâce à la décision de Stéphane Richard, ce seront les premiers trains intercités en France qui bénéficieront d’un tel investissement.
Mes chers collègues, il est difficile de se réunir au Havre, premier port de commerce de France, sans parler de développement économique. J’ai indiqué à plusieurs reprises combien le développement des ports et du corridor de la Seine constituait un axe majeur de la politique régionale. L’acquisition prochaine de 27 ha sur la zone d’activités de Port-Jérôme afin d’y construire et exploiter une usine de production massive d’hydrogène constitue, après l’implantation du logisticien Panhard, une nouvelle avancée majeure pour l’attractivité économique et l’emploi dans l’Estuaire de la Seine. ADN accompagnera cet investissement de 450 millions d’euros synonyme, à terme, de près de 300 emplois et de retombées importantes pour la sous-traitance.
Faire effet levier en faveur de l’investissement économique, tel est en effet la philosophie de la politique économique régionale : ADN intervient là où elle peut débloquer l’investissement ; ARME intervient là où le potentiel de rebondissement existe ; Le nouveau « Croissance TPE Normandie » intervient là où une accélération est jouable. Ainsi, en un an d’existence, près de 40 M€ d’aides ont été attribués par ADN à̀ 400 entreprises, via les dispositifs «Impulsion». Ces soutiens ont généré au total 160 millions d’euros d’investissement ! ARME, quant à lui, a permis de faire redécoller plus de 200 entreprises normandes promises à la faillite, sauvant au passage près de 3500 emplois. Les statistiques sur l’économie normande publiées dernièrement confirment d’ailleurs que l’on investit plus en Normandie et que l’on y dépose moins le bilan : Les investissements des entreprises manufacturières ont augmenté de 19,3% en Normandie en 2016 et la sinistralité des entreprises normandes a baissé de près de 4%. La Normandie est la première région française pour les intentions de recrutement, a-t-on appris il y a quelques semaines.
Mes chers collègues, l’un des engagements majeurs, l’une des principales marques de fabriques de la majorité régionale est sa mobilisation en faveur des territoires, de tous les territoires. Alors que les métropoles et les grandes agglomérations aspirent la croissance et les investissements, rétablir l’équilibre, protéger le monde rural, sa qualité de vie enviée, et lui permettre de participer à la dynamique régionale est non seulement une priorité, mais un devoir.
Défendre les territoires et la ruralité, c’est, nous l’avons vu, favoriser la même desserte numérique que dans les villes. C’est aussi permettre l’aboutissement des projets d’équipements des territoires. Ainsi la Région Normandie a signé ses deux premiers contrats avec les Intercommunalités, en partenariat avec le Département de l’Orne. Elle s’est engagée fin avril à accompagner une cinquantaine de projets d’investissement des Pays du bocage ornais et du Perche ornais pour un montant total de 10,1 millions d’euros, et je remercie Guy LEFRAND pour son investissement. Je rappelle que la Région mobilisera d’ici 2021 plus de 300 millions d’euros pour les projets des territoires, avec des taux de soutien majorés jusqu’à 15% pour les projets des intercommunalités issues de la ruralité et/ou disposant de faibles ressources.
Défendre les territoires et la ruralité, c’est aussi accompagner les agriculteurs dans leur démarche d’investissement et de modernisation. Signée avec la Commission européenne le 18 mai, la révision des plans de développement rural normands permettra d’affecter 50 M€ supplémentaires au financement des MAEC et ainsi de répondre aux demandes importantes des agriculteurs dans un contexte de besoins très aigus.
Défendre les territoires et la ruralité, c’est également favoriser l’emploi des entreprises situées en zone rurale. Depuis février dernier, la Région réunit les chefs d’entreprises, bassin d’emploi par bassin d’emploi, pour adapter la carte des formations à leur besoin et ainsi leur permettre de trouver « chaussure à leur pied ». La première démarche de ce type, avec le bassin de Condé-Argentan-Flers, vient de conclure à l’ouverture de 8 formations dont une de conducteurs offset, de roboticiens automaticien de conducteurs de machine sur mesure ou encore de chauffeurs routiers.
Merci à David Margueritte pour son engagement sur ce combat si difficile qu’est l’adaptation de notre formation.
Défendre les territoires et la ruralité, c’est enfin, tout simplement, être à l’écoute de la volonté locale et ne pas les considérer comme quantité négligeable lorsqu’ils sont impactés par des grands projets structurants. La Région Normandie soutient le projet Serqueux Gisors, essentiel pour le développement des ports du Havre et de Rouen et pour le maintien d’une desserte voyageur entre la Normandie et Paris. Elle s’est cependant engagée à investir dans les territoires impactés afin d’en limiter les nuisances et leur permettre de faire aboutir des projets importants.
Mes chers collègues, je suis heureux que ce soit au Havre, berceau de l’impressionnisme, haut lieu du rock français et ville d’accueil de nombreux tournages cinématographiques, qu’Emmanuelle DORMOY et Catherine MORIN-DESSAILLY vous présentent ce matin les nouvelles orientations culturelles de la Normandie. Elaborée avec les acteurs, la nouvelle politique régionale confirme et développe les axes fondamentaux de soutien à la création artistique sous toutes ses formes. Elles prévoient des dispositifs d’accompagnement du spectacle vivant qui privilégient un soutien dans la durée ainsi que la diffusion sur tout le territoire. Elle s’attachera à agir très concrètement pour favoriser l’accès de tous à la culture, sur l’ensemble des territoires, à travers, par exemple, des dispositifs permettant d’installer des acteurs culturels dans des lieux insolites. La nouvelle politique culturelle constituera également un atout pour notre économie normande : en initiant une action nouvelle et volontariste en faveur du patrimoine et en soutenant des évènementiels de qualité, la Région se donnera les moyens de consolider l’attractivité de notre territoire ; en instaurant un fonds d’aide totalement inédit pour l’expérimentation et l’innovation, elle encouragera les professionnels du secteur ; en accompagnant de façon volontariste les industries culturelles et créatives, elle favorisera les liens entre culture et nouvelle économie. Enfin, la nouvelle politique culturelle constituera une chance pour nos jeunes. Par une offre d’éducation artistique totalement redessinée en lien étroit avec le lycée du futur et Atout Normandie et aussi par la constitution d’un pôle supérieur de formation artistique, la Région cherche à donner au plus grand nombre les clés de leur épanouissement personnel et donc professionnel. J’ajoute que cette politique sera soutenue par un budget porté à 40 M€ malgré un contexte difficile plus serré.
Je complèterai mon propos sur la culture par une bonne nouvelle qui concerne un dossier qui fait l’unanimité dans nos rangs, la candidature des plages du Débarquement à l’inscription au Patrimoine mondiale de l’UNESCO. Je vous informe en effet que la Commission nationale des Biens a rendu un avis favorable au dossier de candidature piloté par la Région Normandie. L’Etat français portera donc cette candidature devant l’Unesco et l’objectif d’obtenir le précieux label en 2019 prend forme. Je réunirai en septembre l’ensemble des élus concernés afin d’installer l’association de soutien à cette candidature. J’ai proposé à Christopher Forbes, très lié par son histoire familiale aux plages du Débarquement et amoureux de la Normandie, de présider l’association, ce qu’il a accepté.
Au cours de cette séance, Bertrand DENIAUD, Marie GUGUIN et Clotilde EUDIER vous proposeront un point d’étape sur l’élaboration, en lien avec la communauté éducative au sens large, du programme lycée du futur. Sans dévoiler le rapport qui vous sera présenté, je tiens d’ores et déjà à souligner que la Région va procéder aux investissements nécessaires pour permettre à tous les lycées normands d’avoir enfin d’être reliés aux réseaux de fibres optiques dès la fin de cette année. De manière assez incroyable, un lycée sur 4 n’y a pas accès aujourd’hui. La Normandie sera également la première région à servir des repas principalement préparés avec des produits régionaux. Cet objectif, qui nécessite une ingénierie fine pour mettre en relation les fournisseurs locaux et les établissements, sera mis en œuvre dans chaque restaurant scolaire. C’est un enjeu pour l’éducation au goût, pour le développement des filières de proximité, pour l’emploi régional et c’est bien sûr un enjeu en matière de développement durable. Nous serons à 80% de produits régionaux servis dans nos lycées en 2021.
Mes chers collègues, cette assemblée plénière comprendra enfin un large volet financier. Il s’agira d’un moment important puisque nous aurons à débattre du compte administratif 2016, et donc de tirer pour la première fois le bilan des engagements annuels pris par la nouvelle majorité dans le domaine financier. Le compte administratif que vous présentera Anne-Marie Cousin souligne qu’en dépit des contraintes liées à la fusion, la Région Normandie a investi un record de 412 M€ en 2016. C’est 10% de plus qu’en 2015 alors que le taux d’investissement moyen des autres Régions est resté stable à 0,4%. Le compte administratif 2016 est également marqué par une sincérité budgétaire inégalée. Le taux d’exécution des dépenses d’investissement s’est en effet élevé à 86% en 2016 contre 71,96% en 2015, dont 55% pour l’ex HN. Enfin, elle confirme l’excellente santé financière de la collectivité avec une épargne brute à 279M€ soit un taux d’épargne de 23%, contre 19% pour l’ensemble des Régions, et une capacité de désendettement à 1,69 an. En bref, la Région Normandie a retrouvé la voie de l’investissement, a tenu ses engagements et sans emprunter.
Mes chers collègues, la Région Normandie veut redevenir une région stratège. Je veux qu’elle soit une collectivité de projets et non de guichets comme elle l’était trop souvent. Elle investit dans les villes moyennes et dans nos campagnes. Ciblant le talent des Normands, elle mise sur l’excellence et se mobilise dans les domaines fondamentalement structurants. Soucieuse des deniers publics, elle cherche à se concentrer sur ses compétences et propose des relations pragmatiques et simplifiés à ses partenaires. Consciente des attentes des Normands, elle veille au respect de ses engagements, à accompagner sans exclusive, loin des polémiques partisanes, des débats sectaires et stériles, et avec le souci du résultat. En résumé, elle travaille pleinement et ardemment pour une Normandie confiante, innovante et conquérante.
Je vous remercie de votre attention."
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