
Vendredi 10 novembre 2017, à 9h15, devant les locaux du centre social de la Croix-Rouge de Pavilly (Seine-Maritime), des bénéficiaires et des bénévoles se réuniront pour protester contre la fermeture annoncée des deux centres sociaux, à Barentin et Pavilly, près de Rouen. « Nous soutiendrons leur action », précise Patrick Waters, délégué du personnel du syndicat Force Ouvrière à la Croix-Rouge de Pavilly.
600 bénéficiaires
En tout, à Pavilly et Barentin, près de 600 personnes bénéficient des activités et des différentes actions des deux centres sociaux. Sept salariés y travaillent à temps plein. La nouvelle de la fermeture est tombée comme un couperet, le 5 octobre 2017.
« Deux d’entre nous sont relocalisés dans d’autres services de la Croix-Rouge, mais pour les cinq autres, c’est encore le flou. Ce qui est plus inquiétant, c’est le vide que l’on va laisser au détriment des bénéficiaires si l’on ferme le 31 décembre… », soupire le délégué du personnel.
Un déficit financier
La Croix-Rouge a décidé de fermer ces deux centres pour plusieurs raisons. « L’agrément avec la Caisse des allocations familiales (Caf) se termine le 31 décembre 2017, explique Ghislain Coeffard, le directeur régional de la Croix-Rouge. Les structures enregistrent un déficit d’environ 100 000 euros par an. Nous sommes une association, nous ne sommes pas là pour gagner de l’argent, mais nous ne sommes pas là pour en perdre non plus. »
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Un chiffre contesté par le syndicaliste qui parle plutôt d’un déficit de 70 000 euros. Mais le déficit financier n’est pas la seule raison de ces fermetures. Le directeur régional évoque également une « inadéquation des compétences au sein des centres sociaux » et des « actions proposées proches de celles que pourraient faire des bénévoles ».
Un centre intercommunal en 2020
Il y a un manque de sens et à un moment donné, nous ne pouvons plus continuer comme cela. Nous savons bien évidemment qu’il y a de réels besoins sur le territoire, mais nous pensons qu’un centre social intercommunal serait plus adapté. Un projet devrait d’ailleurs voir le jour en 2020.
Le directeur régional rappelle que la Croix-Rouge ne se désengage pas du territoire et proposera toujours ses chantiers d’insertion, ses aides à domicile et alimentaire. Mais l’association estime que ces centres sociaux qui proposent des ateliers de danse, de couture, de cuisine, des sorties culturelles… n’ont plus lieu d’être.
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En France, la Croix-Rouge n’a d’ailleurs plus que trois centres sociaux : Pavilly, Barentin et Toulouse. L’association n’a jamais trop étendu cette activité, relevant plutôt d’un « centre communal d’action sociales », assure Ghislain Coeffard.
Que vont devenir les salariés ?
Le directeur régional assure que les cinq salariés pourront être reclassés dans d’autres services de la Croix-Rouge. « Ils ont la garantie d’un emploi, mais il faudra être mobile », prévient-il.
De leurs côtés, les salariés ne perdent pas espoir et aimeraient mettre en place un espace de vie social, qui rassemblerait les deux centres sociaux de Pavilly et Barentin. Ce serait une autre structure à moindre coût qui pourrait permettre de poursuivre leurs actions.
Nous avons bien conscience des difficultés des centres sociaux et nous savons que nous ne pouvons plus continuer comme cela, mais la décision d’une fermeture brutale est inadmissible.
Les salariés ne demandent qu’à travailler sur un nouveau projet, à chercher des nouveaux financements,… « mais notre direction refuse », déplore Patrick Waters. « Nous aimerions au moins que les fermetures ne se fassent qu’en juin 2018 pour que l’on puisse aller au bout de nos projets annuels et préparer la suite. »
Les salariés sont même allés rendre visite aux deux maires de Pavilly et Barentin, « en espérant qu’ils puissent faire quelque chose ».
Une décision ferme
Mais la direction régionale ne compte pas revenir sur sa décision. « Continuer les activités jusqu’en juin leur donnerait de faux espoirs, surtout qu’on n’aura plus l’agrément avec la Caf, poursuit le directeur. C’est maintenant que cela se passe, pas dans six mois. Nous savons que c’est difficile à vivre pour ces salariés, mais nous voulons qu’ils tournent la page pour pouvoir se reconstruire. »
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Pour aider les salariés, la direction assure que le département qualité de vie au travail de la Croix-Rouge et des psychologues sont mobilisés. Quant aux 600 bénéficiaires, la direction régionale précise que c’est désormais à la Caf et aux communes de prendre des décisions pour combler le vide d’ici à l’ouverture d’un centre intercommunal en 2020.