
L’affaire avait suscité l’émoi dans le milieu feutré de l’opéra. Le 8 juin 2017, un groupe d’individus masqués avait fait irruption dans le Théâtre des arts, accusant le metteur en scène Laurent Laffargue de viol. La salle avait été évacuée et les intrus avaient pris la fuite. Malgré les graves accusations portées contre lui, Laurent Laffargue a été totalement blanchi.
« Des sauvages comme Jacqueline »
En début de soirée, le 8 juin, quatre individus sont entrés à l’Opéra, sans encombre puisque porteurs de billets. Une fois à l’intérieur, et juste avant le début de la représentation de La Bohème, ils ont revêtu des masques de chat et crié « Laffargue, violeur ! » en jetant des tracts accusant le metteur en scène du spectacle.
Ce tract et une vidéo de l’action avaient été envoyés à de nombreux interlocuteurs (dont la rédaction de Normandie-actu).
« Laurent Laffargue, metteur en scène de La Bohème de Giacomo Puccini, a violé notre amie. Il en a agressé d’autres. […] Quant à ses amis qui le défendent, ils sont complices et participent de cette caste qui ferme les yeux pour que la crasse n’éclipse pas les paillettes et les bonnes places. […] Nous aimons l’opéra, mais nous l’attaquons quand il protège en son sein des violeurs », accusait le collectif qui s’était baptisé « Des sauvages comme Jacqueline », en référence à Jacqueline Sauvage, qui a purgé une peine de prison pour le meurtre de son époux violent, avant d’être graciée par François Hollande.
• VIDÉO. Des individus masqués s’introduisent dans l’Opéra de Rouen (vidéo transmise par « Des sauvages comme Jacqueline ») :
Aucune plainte pour viol
Le metteur en scène mis en cause a immédiatement réfuté les accusations et n’avaient pas souhaité s’exprimer davantage. Le directeur de l’Opéra à l’époque, Frédéric Roels, s’était exprimé chez nos confrères de France 3 Normandie expliquant avoir été avisé « d’un comportement déplacé de Laurent Laffargue vis-à-vis d’une personne de la production ».
Néanmoins, aucune plainte de cette nature n’avait été enregistrée ni au parquet de Rouen, ni à celui de Montpellier (Hérault), où réside Laurent Laffargue.
De la drague mais pas d’agression
Et pour cause, d’après nos informations, le metteur en scène a très rapidement été blanchi… par la victime présumée ! Celle-ci aurait en effet expliqué aux enquêteurs que, alcoolisé, Laurent Laffargue l’avait en effet dragué, mais cela n’avait pas été plus loin. En clair, la victime désignée par le groupe d’individu masqué a elle-même assuré qu’elle n’avait subi aucune agression. Une version des faits confirmée par son petit ami.
Toutefois, l’affaire n’est pas totalement close puisque la police cherche toujours à identifier les personnes qui se sont introduites dans l’Opéra. L’établissement a, en effet, déposé plainte contre X et le parquet de Rouen s’est saisi de l’affaire pour les faits d’« entrave à une manifestation artistique ».
L’enquête s’annonce néanmoins compliquée : les individus masqués ayant fui l’Opéra lors de l’évacuation et pris la peine de communiquer via une messagerie cryptée. Contacté, le parquet de Rouen n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire.