Plus d’une centaine d’agents SNCF en grève ont manifesté, lundi 9 avril 2018, de la gare de Sotteville-lès-Rouen jusqu’à la préfecture de Seine-Maritime, à Rouen. (©SL/76actu)
Il fallait « à tout prix se faire entendre » pour les agents SNCF grévistes, lundi 9 avril 2018. Après une assemblée générale en gare de Sotteville-lès-Rouen où ils ont eu un échange tendu avec le député LREM Bruno Questel, ils sont partis en manifestation dans Rouen. Une délégation a été reçue en préfecture de Seine-Maritime.
« Personne ne se fera entendre à notre place »
Le trajet s’est effectué en zigzag, lundi matin dans les rues de Rouen. Partis à 9h30 de la gare de Sotteville-lès-Rouen, des cheminots en grève ont traversé le pont Jeanne-d’Arc, bloquant quelques minutes le trafic des trams, avant de remonter la rue du même nom. La fumée des fumigènes a envahi l’air quand les bombes détonaient régulièrement, explosées sur un chariot en queue de cortège.
Le cortège de cheminots descend le boulevard des Belges, avec des pauses pour faire exploser des bombes et « se faire entendre ». #Rouen pic.twitter.com/2fNNxNESOv
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L’objectif est résumé par un manifestant :
Si on ne fait pas de bruit pas nous-mêmes, personne ne se fera entendre à notre place !
Opposés à la réforme du ferroviaire en discussion depuis lundi à l’Assemblée nationale, les grévistes sont allés devant la préfecture. Une délégation de trois syndicats – CGT, FO et UNSA – y a été reçue.
Sud Rail a préféré tenir le pavé de la place de la Madeleine : « C’est pas dans les salons qu’on obtient satisfaction », justifie un représentant syndical. Il a exhorté les manifestants à la « convergence des luttes », car « la grève appartient à tout le monde ».
• VIDÉO. Un délégué syndical Sud Rail appelle à une nouvelle assemblée générale vendredi matin :
Une délégation de cheminots CGT, FO et UNSA est en préfecture depuis 12h. Sud Rail, qui n’y est pas, prend la parole : « La grève est faite pour vivre. C’est pas dans les salons qu’on obtient satisfaction. » Certains vont venir à l’AG des étudiants. pic.twitter.com/yzsl92NVGj
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« Ce n’est pas la SNCF qui a décidé de s’endetter, c’est l’État ! »
C’est avec ce mot d’ordre qu’a été votée la participation de cheminots à l’assemblée générale organisée par les étudiants opposés à Parcoursup sur le campus de Mont-Saint-Aignan.
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"Etudiants, bonjour !" À #Rouen, les cheminots sont venus plus nombreux que la semaine dernière pour soutenir l'AG #ContreLaSélection qui s'apprêtent à commencer. Leur entrée a été acclamée par les participants. pic.twitter.com/RTxT4urPfX
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Mais tous n’ont pas suivi, d’abord préoccupés par le devenir de leur entreprise, qu’ils veulent « pour toujours publique ». Sébastien, cheminot depuis 21 ans et actuellement dirigeant au technicentre de Quatre-Mares, détaille la proposition phare de la CGT :
Nous voulons une reprise de la dette, causée par des décisions politiques d’investissements sur les lignes à grande vitesse, notamment pour sauver Alstom. Ce n’est pas la SNCF qui a décidé de s’endetter, c’est l’État !
Syndiqué à la Confédération générale des travailleurs, il ne cautionne pas l’usage du mot « privilèges ». Selon lui, la fin du statut de cheminot va « coûter plus d’argent » à l’entreprise et « creuser sa dette », car ils seront soumis au Code du travail, donc « au paiement supplémentaire des heures décalées ».
« L’ouverture à la concurrence, je l’ai subie »
Même colère d’un autre cheminot, technicien, sur les présumés privilèges : « Je suis à 1 546 euros bruts, ils sont où les 3 000 euros ? Et même si je ne paye pas le train, je m’amuse pas à le prendre à longueur de journées. Il faut payer les factures avant de penser vacances. » Sabrina non plus, n’atteint pas ce montant. Cheminote depuis 18 ans, elle est « en reconversion ». Avant, elle travaillait sur du fret, concurrentiel depuis 2006 :
L’ouverture à la concurrence, je la connais, je l’ai subie. Maintenant, je suis technicienne en matériel informatique, mais j’ai eu de la chance de ne pas avoir à changer de région.
Envisagée dès 2020, l’ouverture à la concurrence commerciale des lignes de chemins de fer inquiète tous les cheminots mobilisés devant la préfecture, pour qui cela annonce « le déraillement d’un modèle ».