La Ville d’Étretat s’inquiète de la prolifération de logements à louer sur la plateforme Airbnb. (©RT / 76actu)
Avoir une maison à Étretat (Seine-Maritime) rapporte beaucoup d’argent aux propriétaires qui la louent via Airbnb. Cette commune est la troisième de France qui rapporte le plus d’argent à ses hôtes, avec 10 000 euros de revenus moyens annuels.
Entre septembre 2016 et septembre 2017, quelque 8 000 touristes ont profité des 80 logements disponibles sur la plateforme. La municipalité de ce village de 1 200 habitants souhaite limiter le nombre de séjours loués via les plateformes numériques (Airbnb, Homeway, Abritel…) et obliger les hébergeurs à se déclarer en mairie.
« Diminution régulière » des habitants dans le village
En conseil municipal, les élus ont voté le 4 octobre un vœu afin d’alerter l’État sur le succès de ces plateformes de location. « C’est un vrai souci », reconnaît Pierre-Antoine Dumarquez, premier adjoint et président de l’Office de tourisme. La municipalité souhaite limiter à 120 le nombre de jours de location chaque année, dans le but, notamment, de « maintenir une population résidentielle à l’année », espère l’élu.
Sur les 1 377 logements que compte la commune, 46 % sont des résidences secondaires et 8 % sont des logements vacants. « Le village est confronté à une diminution régulière de ses habitants et à un vieillissement de sa population, en moyenne de 10 ans plus âgée que la population nationale », constate Pierre-Antoine Dumarquez qui souligne :
Aujourd’hui, toutes les mutations immobilières se font pour des résidences secondaires.
Le président de l’Office du tourisme s’inquiète aussi d’un « phénomène de gentrification sur les logements du front de mer et du centre ville avec une augmentation significative du coût des loyers à l’année ». En cause ? La flambée des prix des loyers en période saisonnière, jusqu’à trois fois plus élevés que pour un logement loué à l’année. « Les propriétaires souhaitent davantage louer avec Airbnb ou les autres que de laisser leur logement secondaire vide », analyse l’élu qui déclare la guerre contre les investissements spéculatif.
« Risque de Saint-Michelisation »
Le village pourra certainement parvenir à ses fins puisque le code de la construction et de l’habitat, depuis avril 2017, donne la possibilité au préfet, sur proposition du maire, de limiter les nuitées et également d’obliger les hébergeurs à se déclarer en mairie. « Le contrôle serait alors désormais possible », se réjouit Pierre-Antoine Dumarquez :
Nous ne sommes pas anti-hébergements partagés, mais il faut un juste milieu. Sinon, c’est le risque du phénomène de Saint-Michelisation. Le Mont-Saint-Michel compte 19 résidents à l’année, dont 14 religieux, pour trois millions de touristes…
Le nombre de visiteurs ne fera qu’augmenter dans les années à venir, puisque les opérateurs touristiques comptent développer au maximum le nombre de croisiéristes arrivant à Rouen et au Havre.
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Si ces nouvelles mesures venaient à s’appliquer, ça ne serait pas sans concertation avec la communauté urbaine du Havre, puisqu’à partir du 1er janvier 2019, le célèbre village sera rattaché à cette collectivité.