Paul Le Trévier signe son premier livre sur la Première Guerre mondiale, en mettant en avant le tragique destins des 12 000 morts du cimetière Saint-Sever, près de Rouen (Seine-Maritime). (©D.R.)
À l’occasion du centenaire de la fin de la guerre de 14-18, l’historien rouennais Paul le Trévier sort un nouveau livre, sur un sujet jusqu’alors jamais traité : Le cimetière militaire britannique de Saint-Sever, au Petit-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime). Ce cimetière est le plus grand de France. Il abrite 11 769 sépultures sur un terrain de 5 hectares.
Rouen base arrière britannique
Dès août 1914, les Britanniques se sont installés à Rouen l’une de leurs principales bases arrière. Ils bénéficiaient ainsi de solides installations portuaires et ferroviaires. Paul Le Trévier détaille : « Toute la logistique de l’Armée britannique s’implante alors aux alentours de Rouen : c’est là qu’arrivent les contingents de troupes fraîches, mais aussi les canons, les munitions, le bois d’œuvre pour les tranchées, la nourriture, l’essence, les chevaux… Dans la ville et ses environs, en particulier au Champ de courses, on compte pas moins de 14 hôpitaux du Commonwealth qui soignent blessés et malades. Si l’on ajoute les hôpitaux français on arrive à un total d’environ 35 hôpitaux fonctionnant en permanence à Rouen. Malgré les progrès de la médecine, tous les blessés ne pourront être sauvés. »
Les défunts sont enterrés au cimetière britannique de Saint-Sever, géré depuis 1917, date de sa création par Fabian Ware, par le Commonwealth war grave commission (CWGC). Cette commission entretien 575 000 sépultures en France.
Des histoires personnelles
« Mais ce cimetière est avant tout la réunion de destins, pour la plupart totalement méconnus, qui n’avaient jamais été relatés jusqu’ici. Quelques femmes, beaucoup d’hommes, plongés dans l’Histoire : Louisa la nurse australienne, William un jeune palefrenier de 16 ans, Francis John un général en retraite qui succombe d’une crise cardiaque, et aussi ces 2500 jeunes hommes, issus des bataillons de « copains » comme on les appela, qui furent décimés sur la Somme » insiste Paul Le Trévier, qui signe avec ce livre son premier travail sur la Première guerre mondiale.
Grâce à son travail minutieux, le lecteur découvre une vie sous chaque pierre. « Le cimetière Saint-Sever raconte non pas la guerre en général, mais leur guerre, celle que chacun d’eux a faite. Peu à peu, on s’attache à toutes ces histoires personnelles. »
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Infos pratiques :
Le jardin aux 12 000 pierres, par Paul Le Trévier. 320 pages, dont 16 en couleur.
Tarif : 22 euros