Rouen accordait 100 000 euros de subvention aux 24 heures motonautiques en 2012, l’enveloppe n’est plus que de 30 000 euros en 2018. (archives ©Christophe Delaville)
En cinq ans, la Ville de Rouen (Seine-Maritime) a drastiquement diminué sa subvention en faveur des 24 heures motonautiques, qui ont lieu les 30 avril et 1er mai 2018. Une baisse de 70 %. En effet, jusqu’en 2013, l’enveloppe allouée à cette compétition internationale était de 100 000 euros, pour un budget proche de 350 000 euros. Lors du dernier conseil municipal du 9 avril, une subvention de 30 000 euros a été accordée pour cet événement qui attire 160 compétiteurs et près de 250 000 spectateurs.
D’un côté, le cabinet du maire explique que pour les prochaines éditions, l’aide « devrait se maintenir à ce niveau », de l’autre, les écologistes, membres de la majorité municipale, estiment que « c’est encore trop ».
LIRE AUSSI : Les 24 heures motonautiques reviennent sur la Seine à Rouen, avec des nouveautés
« 55 000 litres consommés en 24h »
L’opposition municipale de droite et d’extrême-droite, favorable aux 24 heures, voit dans cette baisse conséquente l’influence des écologiques. Les élus Europe-Écologie les Verts (EELV) composants la majorité dirigée par Yvon Robert (PS), ne se cachent de leur hostilité vis-à-vis de cet événement « d’un autre siècle, quand le pétrole coulait à flot ». En cause, selon eux, la pollution sonore et environnementale. « 55 000 litres de gasoil sont consommés en 24h », insiste Stéphane Martot, conseiller municipal EELV.
Pourtant, comme le souligne la municipalité, « les moteurs utilisés aujourd’hui sont moins consommateurs de carburant ». La collectivité ajoute : « Ils sont aussi moins polluants et moins bruyants. C’est une bonne chose. » La Ville tente donc de concilier la volonté d’avoir un événement populaire sur son territoire et la demande de mise à mort venue de ses propres rangs. Pour l’organisation de cette compétition, le service des sports de Rouen dit « bâtir un équilibre », entre d’un côté, « la possibilité de se divertir autour d’événements ancrés historiquement sur le territoire, festifs et populaires » et de l’autre, « le respect de l’environnement et du cadre de vie ».
Un savant mélange, dont le maire a le secret : « Avec notre majorité, nous privilégions le dialogue et le compromis. » Mais il serait erroné de seulement regarder la subvention, puisque parallèlement, « la Ville et ses équipes accompagnent la mise en œuvre de l’événement, sur les aspects liés à la sécurité et à la logistique, afin que la compétition se passe dans les meilleures conditions ».
Un autre événement pour remplacer les 24 heures ?
Les écologistes qui pourfendent cet événement ont émis l’idée de l’organisation d’une autre fête autour de la Seine, plus respectueuse de l’environnement. « Toutes les initiatives méritent de l’attention. De manière générale, il ne faut pas opposer, ni imposer », indique le cabinet d’Yvon Robert, qui précise : « Depuis de nombreuses années déjà, la reconquête de la Seine est au cœur de l’action municipale. » La Ville met ainsi en avant l’édition 2019 de l’Armada : « Nous devons collectivement tout mettre en œuvre, pour faire de cette fête populaire qu’est l’Armada un nouveau succès ! »
LIRE AUSSI : Quelle fête pour l’Armada 2019 à Rouen ? Les concerts feront la part belle aux locaux