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Admission post-bac : écouter ses envies

L’orientation post-bac contribue à la reproduction des inégalités sociales. Le jugement est sévère, voire inquiétant, mais il existe des moyens d’enrayer cette injustice de classes. Études courtes ou longues? Prépa ou fac? BTS ou IUT? Le casse-tête des familles a commencé le 20 janvier. Elles devront jongler avec des sigles plus ou moins obscurs, slalomer entre des filières plus ou moins parlantes, et cela jusqu’au 20 mars, date à laquelle elles devront avoir vu clair dans l’avenir post-bac de leur ado de terminale. Et dans un ordre bien précis.
Double challenge donc, voire triple, si l’on ajoute qu’on est dans un moment de la vie où le jeune n’est pas encore fixé sur ses choix d’avenir, comme l’explique Magali Hoarau, conseillère d’orientation (SNES) du lycée Le Corbusier. « On sait que les intérêts se fixent vers 21 ans, sans compter que plus de la moitié des gens font un métier auquel ne les destinaient pas leurs études. Il faut du temps pour s’approprier ses propres envies. » Et dans la mesure où, comme le prédit le Forum économique mondial, « 65% des enfants qui entrent à l’école primaire occuperont des emplois complètement nouveaux qui n’existent pas encore », un poids énorme pèse donc jusqu’au 2 avril (confirmation des candidatures sur le portail admission post-bac APB) sur les clics familiaux.
Mais tout cela ne serait finalement rien si ne s’y surajoutait pas « une longue chaîne de processus inégalitaires [qui] a rendu l’école française ultra-reproductrice », pointait en septembre dernier le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), un organisme indépendant installé en 2014 par le ministre de l’Éducation nationale d’alors, Vincent Peillon. « Ce ne sont pas, seulement, des différences de niveau scolaire entre les élèves qui expliquent leurs orientations différenciées selon les milieux sociaux, indique l’évaluation du Cnesco. Autocensure et manque d’information des parents, paris moins ambitieux en termes de filières des enseignants pour les élèves les plus défavorisés, contextes scolaires ségrégués (NDLR: « guettoïsés ») rabaissant les ambitions scolaires faute de modèles de métiers diversifiés chez les parents amis: les facteurs sont multiples pour créer des inégalités d’orientation. » Un état des lieux que Magali Hoarau confirme au vu de son expérience de conseillère d’orientation stéphanaise. « Il faudrait d’abord changer la politique de la ville pour changer l’école », plaide celle qui, malgré les 1300 élèves dont elle a la charge, essaie de déjouer « le système de gestion des flux » qu’est devenue l’orientation scolaire à la française.
Mais avant que l’école ne mette fin à ce scandale inégalitaire, il est toujours temps d’écouter la conseillère d’orientation au moment de cLIquer sur APB: « Mettez en premiers vœux ceux qui correspondent le mieux à vos envies, n’élaborez pas des stratégies d’efficacité même si
des profs, malheureusement, vous encouragent à privilégier des affectations sûres, en adéquation avec vos résultats scolaires. Les commissions d’affectation ne connaissent pas l’ordre des vœux. Mettez donc en premier celui que vous préférez car le choix accepté annule les suivants… »

L’orientation post-bac contribue à la reproduction des inégalités sociales. Le jugement est sévère, voire inquiétant, mais il existe des moyens d’enrayer cette injustice de classes. Études courtes ou longues? Prépa ou fac? BTS ou IUT? Le casse-tête des familles a commencé le 20 janvier. Elles devront jongler avec des sigles plus ou moins obscurs, slalomer entre des filières plus ou moins parlantes, et cela jusqu’au 20 mars, date à laquelle elles devront avoir vu clair dans l’avenir post-bac de leur ado de terminale. Et dans un ordre bien précis.
Double challenge donc, voire triple, si l’on ajoute qu’on est dans un moment de la vie où le jeune n’est pas encore fixé sur ses choix d’avenir, comme l’explique Magali Hoarau, conseillère d’orientation (SNES) du lycée Le Corbusier. "On sait que les intérêts se fixent vers 21 ans, sans compter que plus de la moitié des gens font un métier auquel ne les destinaient pas leurs études. Il faut du temps pour s’approprier ses propres envies." Et dans la mesure où, comme le prédit le Forum économique mondial, "65% des enfants qui entrent à l’école primaire occuperont des emplois complètement nouveaux qui n’existent pas encore", un poids énorme pèse donc jusqu’au 2 avril (confirmation des candidatures sur le portail admission post-bac APB) sur les clics familiaux.
Mais tout cela ne serait finalement rien si ne s’y surajoutait pas "une longue chaîne de processus inégalitaires [qui] a rendu l’école française ultra-reproductrice", pointait en septembre dernier le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), un organisme indépendant installé en 2014 par le ministre de l’Éducation nationale d’alors, Vincent Peillon. "Ce ne sont pas, seulement, des différences de niveau scolaire entre les élèves qui expliquent leurs orientations différenciées selon les milieux sociaux, indique l’évaluation du Cnesco. Autocensure et manque d’information des parents, paris moins ambitieux en termes de filières des enseignants pour les élèves les plus défavorisés, contextes scolaires ségrégués (NDLR: "guettoïsés") rabaissant les ambitions scolaires faute de modèles de métiers diversifiés chez les parents amis: les facteurs sont multiples pour créer des inégalités d’orientation." Un état des lieux que Magali Hoarau confirme au vu de son expérience de conseillère d’orientation stéphanaise. "Il faudrait d’abord changer la politique de la ville pour changer l’école", plaide celle qui, malgré les 1300 élèves dont elle a la charge, essaie de déjouer "le système de gestion des flux" qu’est devenue l’orientation scolaire à la française.
Mais avant que l’école ne mette fin à ce scandale inégalitaire, il est toujours temps d’écouter la conseillère d’orientation au moment de cLIquer sur APB: "Mettez en premiers vœux ceux qui correspondent le mieux à vos envies, n’élaborez pas des stratégies d’efficacité même si
des profs, malheureusement, vous encouragent à privilégier des affectations sûres, en adéquation avec vos résultats scolaires. Les commissions d’affectation ne connaissent pas l’ordre des vœux. Mettez donc en premier celui que vous préférez car le choix accepté annule les suivants…"