Dans le cadre de l’accord de Rouen (Seine-Maritime) sur le climat, des structures participantes au monde économique local, dont le port Haropa, ont pris une cinquantaine d’engagements collectifs ou individuels pour la transition écologique. (©Haropa / images d’archives)
Peu de temps avant la signature d’un accord de Rouen (Seine-Maritime) sur le climat, prévue jeudi 29 novembre 2018, la métropole a annoncé que des entreprises ont pris publiquement une cinquantaine d’engagements avec la Cop21 locale. Il s’agira de réaliser un ensemble de mesures concrètes pour améliorer leur implication dans la transition écologique.
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Les entreprises, plus gros émetteurs de gaz à effet de serre
À travers sa Cop21 locale, la métropole Rouen Normandie s’engage à participer aux engagements de l’accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique sous les deux degrés. La collectivité s’est fixée comme objectif de diminuer par quatre ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et par deux sa consommation énergétique d’ici 2050. À cette échéance, elle souhaite aussi passer aux 100 % d’énergie renouvelable consommée sur le territoire.
D’après le diagnostic sur les émissions et la qualité de l’air lancé dans le cadre de l’élaboration d’un Plan climat air énergie territoriale (PCAET), il est établi que la métropole n’est responsable que de 15 % des émissions de GES à travers son patrimoine et ses compétences.
La part des entreprises est bien plus importante. Selon les données recueillies par Atmo Normandie en 2014, l’industrie représente 35 %, auquel il faut ajouter les 12 % du tertiaire et une partie des 22 % du transport, comme l’explique la directrice de la structure, Véronique Delmas :
En matière d’émissions de GES par les entreprises, il faut prendre en compte les émissions directes liées à la production et les émissions indirectes liées aux transports, qui comprennent les déplacements dus à l’activité économique et ceux des salariés.
« La démarche collective n’existait pas »
Ce constat permet de saisir l’importance que revêt la mobilisation des entreprises pour cette collectivité territoriale. « Il faut savoir qu’aucune entreprise n’a une masse critique d’émission sur le territoire, comme c’était le cas de Pétroplus avant sa fermeture », tempère tout de même le vice-président de la Métropole en charge de l’environnement, Cyrille Moreau. À lui seul, l’arrêt de l’activité de la raffinerie en 2014 avait engendré une baisse de 28 % des émissions de GES.
La plupart des entreprises sont déjà engagées dans des mesures concrètes avec leurs politiques RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), comme la création d’un plan de mobilité (PDM). « Il s’agit d’un cadre formel. Ce qui n’existait pas c’est la démarche collective. » Une cinquantaine d’engagements portés individuellement ou par des coalitions d’entreprises ont été annoncés.
La liste des structures participantes n’a pas été rendue publique pour l’instant. Elle le sera lors de la signature de l’accord le 28 novembre. Seuls quelques fers de lance ont été présentés à la presse : le groupe pharmaceutique Aspen, l’association parentale Les papillons blancs, l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie ou encore le port de Rouen Haropa.
Le pari de la logique de marché
In fine la liste des noms et ses effets potentiellement « stigmatisants » intéressent moins la Métropole que la dynamique pouvant être engendrée par les premiers acteurs engagés. L’objectif est de créer de l’émulation avec des projets motivant pour mobiliser les milliers d’entreprises de toutes tailles du territoire qui restent à séduire. En termes d’intéressement financier, il n’y a rien à gagner ou à perdre. En termes d’image, c’est une autre histoire, selon Cyrille Moreau :
Cet engagement répond en partie à une logique de marché. Les gens veulent savoir comment a été produit leur bien et d’où ça vient. Si nos concitoyens n’exprimaient pas leur désir d’environnement, les entreprises s’en soucieraient moins. Pour certaines, s’adapter à cela est devenu une question de survie. Il faut accompagner cette démarche.
Une des questions posées par la Cop21 locale aux entrepreneurs est : « Que pourriez-vous faire de plus en matière d’environnement ? » L’énergie et la mobilité sont les deux points sur lesquelles la majorité des entreprises se mobilisent davantage. En plus de constituer des axes offrant de belles marges de progression, ils représentent aussi un enjeu de compétitivité à travers la chasse au gaspillage.
L’exemple du port de Rouen
Cet appel de la Cop21 locale permet à certaines structures de belles opportunités de développer le potentiel de son patrimoine, comme l’explique la responsable du service environnement au port de Rouen, Sandrine Samson :
Dans le cadre de la valorisation de notre domaine, nous allons lancer un appel à projet au premier trimestre 2019 pour mettre en place des fermes solaires sur des terrains pour lesquels on ne peut pas faire d’implantation du fait du PPRT (Plan de prévention des risques technologiques).
À cela s’ajoute d’autres actions qui vont dans le bon sens, comme par exemple la gestion de la biodiversité et des espaces naturels, la pose de prises électriques pour alimenter les navires fluviaux et leur éviter de laisser le moteur tourner — le même procédé pour les navires de croisière est à l’étude — ou encore l’incitation au report modal pour le transport de marchandises vers le ferroviaire ou le fluvial.
Toutes les actions seront dévoilées le 28 novembre, reste à voir si elles créeront l’émulation escomptée dans le monde de l’entreprise.