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À Rouen, les syndicats de police veulent bloquer le commissariat : « On se fout de nous »

Les syndicats s’organisent mardi 18 décembre 2018, pour bloquer l’hôtel de police de Rouen (Seine-Maritime). Ils protestent contre une baisse de budget qui affectera les policiers.

Un appel à bloquer l'hôtel de police de Rouen (Seine-Maritime), mercredi 19 décembre 2018, a été lancé par le syndicat Alliance, pour protester contre une baisse de budget.

Un appel à bloquer l’hôtel de police de Rouen (Seine-Maritime), mercredi 19 décembre 2018, a été lancé par le syndicat Alliance, pour protester contre une baisse de budget. (©SL / Normandie-actu / Illustration)

« D’un côté on nous félicite, merci les gars, et de l’autre on nous retire 62 millions d’euros ! » La colère gronde, au sein de la police nationale. Avant le vote, jeudi 20 décembre 2018, d’une baisse du budget alloué aux forces de l’ordre à l’Assemblée nationale, les syndicats de police se mobilisent, à Rouen (Seine-Maritime). Ils veulent bloquer l’hôtel de police mercredi 19 décembre et appellent leurs collègues à ne répondre qu’aux urgences. 

« On dit que nous sommes le dernier rempart, on se fout de nous »

Appel national et conséquences locales : mercredi 19 décembre, des policiers vont se mobiliser devant l’hôtel de police de Rouen, situé rue Brisout-de-Barneville. Le syndicat Alliance appelle les policiers à bloquer le commissariat, à ne pas sortir en patrouille et à ne répondre qu’aux urgences. D’abord en raison du manque de moyens qui découlera de cette baisse de budget : « Parc auto gelé, pas de nouvelles infrastructures, moins de matériel… »

Mais le malaise est plus profond, selon Karim Benacer, délégué du syndicat à Rouen : 

Tout le monde nous dit que nous sommes le dernier rempart. Mais on se fout de nous ! On cumule chaque année des millions d’heures sups perdues, car on ne peut pas les récupérer. 

La direction a promis « d’envoyer les gendarmes »

En plus, « les salaires n’augmentent pas » et « la CSG augmente ». Un policier non syndiqué, fatigué de n’avoir qu’un jour de repos à force « d’être toujours rappelé » pour assurer les missions de sécurisation, ne cache pas son « ras-le-bol » de faire « au moins 70 heures par semaine ». La tension, selon Karim Benacer, est aussi à son comble avec la direction, « qui ne comprend pas » et a promis « d’envoyer les gendarmes » si le commissariat était bloqué. 

Pourtant, Alliance promet que le blocage annoncé n’est « que l’acte un ». À la façon des Gilets jaunes, les policiers veulent « monter en puissance » si un acte deux est nécessaire. Ils ne s’inscrivent pas pour autant dans l’idéologie des Gilets jaunes, explique un policier : « Sur le fond, le pouvoir d’achat, on se rejoint. Mais on ne peut pas du tout cautionner ceux qui caillassent. » Mercredi, le blocage des uniformes bleus est promis pacifique.

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