Pour sensibiliser les commerçants à la pollution lumineuse, des militants ont éteint les néons d’enseignes du centre-ville de Rouen (Seine-Maritime), samedi 13 octobre. (©JB / 76 actu)
Ça va être tout noir ! À l’occasion du Jour de la nuit, samedi 13 octobre 2018, des membres de l’association Résistance à l’agression publicitaire (Rap) ont éteint les lumières des enseignes des commerces dans la soirée. Le but était de sensibiliser les commerçants au problème de la pollution lumineuse, auquel la Normandie n’échappe pas. Depuis le 1er juillet 2012, ils ont obligation d’éteindre la lumière dans leur commerce de 1h à 6h du matin. Une règle que tout le monde est loin de respecter.
« N’oubliez pas d’éteindre… »
Après la marche du climat, qui a réuni plus d’un millier de personnes dans les rues, ce samedi était décidément une journée tournée vers l’écologie. Les membre de Rap ont accompagné leur action d’un petit mot pour expliquer leur démarche aux commerçants. « Nous avons éteint le néon de votre enseigne extérieur », explique-t-il en préambule, avant d’ajouter :
« Vous avez bien failli payer une grosse facture d’électricité et émettre du Co2 : heureusement que nous passions dans le coin ! Mais nous ne pourrons pas être là à chaque fois et comptons sur vous pour la suite. »
Le collectif, qui est intervenu avant les horaires fixés par la loi, justifie ce choix : « L’obligation vaut entre 1h et 6h du matin, mais pourquoi s’arrêter là quand on peut éteindre dès la fermeture et économiser encore plus ? »
Voilà le message. pic.twitter.com/XpcFJUNoff
— Julien Bouteiller (@j_bouteiller) 13 octobre 2018
Une question importante pour les collectivités locales
La pollution lumineuse constitue un un vrai enjeu pour les collectivités locales. Dans la métropole, plusieurs communes comme Rouen, Malaunay, Petit-Quevilly ou encore Bihorel ont déjà commencé à éteindre l’éclairage de certains bâtiments publics. La conception de trames noires pour l’extinction des élairages, sur le modèle des trames bleu pour l’eau et des trames vertes pour les végétaux, sont aussi au cœur des réflexions politiques.
Dans cet élan, il n’est pas toujours simple de faire entendre raison à certains commerçants. « Nous essayons de discuter avec eux pour faire respecter la règle », expliquait l’adjointe à l’environnement Françoise Lesconnec, lors d’une conférence de presse sur le développement durable mardi 9 octobre dernier. « Pour l’instant, la plupart n’éteignent pas la nuit. »
Pourquoi, alors, ne pas mettre en place des mesures coercitives ? « Je ne pense pas que l’écologie punitive soit la solution », souligne Guillaume Coutey, responsable de la mobilisation des maires dans le cadre de la Cop21 locale, qui a abordé ce sujet avec des nombreux élus du territoire. « Il faut sensibiliser pour montrer que ça ne sert à rien, que l’enseigne du magasin soit allumée à 2h du matin. Surtout pour leur facture d’énergie. » Un message qui rejoint celui des militants du Rap.