
Ils sont étudiants, et sportifs, et ils ne sont pas contents. Mardi 19 septembre 2017, ils étaient une centaine à manifester à Rouen pour protester contre les conditions d’accueil à la fac et les difficultés rencontrées par la filière Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives).
Difficile de les manquer
Après les étudiants de lettres et sciences humaines, c’était donc le tour de ceux de Staps. Le programme de la manifestation était à la hauteur des capacités de ces sportifs : un parcours qui partait à 14h30 de la gare, descendait sur les quais, pour remonter la rue de la République, et prendre la direction du rectorat ; des pompes, paquitos, et autres activités au fil du cortège… Ils n’étaient peut-être qu’une centaine, mais il était difficile de les louper !
#StapsEnPeril à #Rouen : les étudiants de #STAPS s'apprêtent à manifester en ville @76actu pic.twitter.com/Ug0aNptnRw
— Gwendoline Kervella (@GwendoKervella) September 19, 2017
800 étudiants pour un amphi de 600 places
Ces étudiants de l’UFR Staps de Rouen ont suivi l’appel national de l’Anestaps, la fédération des BDE (bureaux des élèves) de cette filière universitaire. Leurs revendications, ce sont Louise Deconihout et Aurélie Karczynsky, du BDE Staps de Rouen, qui les ont détaillées. Elles concernent les conditions d’admissions en fac de Staps : il s’agit de « lutter contre le tirage au sort », qui n’a pas été mis en place à Rouen, mais qui existe ailleurs, « et les pré-requis ».
LIRE AUSSI : Admission post-bac. Une bachelière de Caen sans affectation : « C’est un vrai combat »
Les manifestants ne sont pas d’accord non plus avec la sélection en master. Le deuxième point, et non le moindre, concerne les conditions d’accueil des étudiants à l’université, et la situation de sureffectif. Là-dessus, les étudiants de Rouen estiment parler en connaissance de cause .
En première année, il doit y avoir 800 étudiants pour un amphi de 600 places. Et encore, on ne compte pas les chaises cassées ou en mauvais état. En deuxième année, on est plus de 500 pour 400 places. Il y a des gens dans les escaliers pendant les cours.
Enfin, les étudiants de Staps protestent contre « l’illisibilité de la filière » : les diplômes de la filière Staps méritent « plus de valorisation ».
« Il y a un ras-le-bol », a résumé Louise, qui a évoqué des conditions de travail compliquées pour les étudiants, « et même pour les profs, ils nous le disent ».
#Manifestation sportive et assez festive des étudiants de #Staps à #Rouen #StapsEnPeril avec @BDEStaps_Rouen pic.twitter.com/hys1tKfD3c
— Gwendoline Kervella (@GwendoKervella) September 19, 2017
« Des conditions d’accueil très difficiles pour la rentrée »
Les profs, eux, ne se sont pas mis en grève ce mardi 19 septembre, mais n’ont pas vraiment découragé les étudiants manifestants, qui ne seront pas pénalisés pour leur absence.
Pour autant, les enseignants et personnels administratifs, ne manquent pas non plus de revendications : Magali Sizorn, maître de conférence à l’UFR Staps de Rouen explique que dès juillet, la sonnette d’alarme avait été tirée quant à la difficulté d’accueillir dans de bonnes conditions les étudiants dont les effectifs sont en hausse cette année.
Quelques semaines après la rentrée, les problèmes demeurent : « Les amphis sont dans un état lamentable, les étudiants doivent s’asseoir par terre faute de place, le personnel administratif est sous tension. Et la moitié des enseignements sont assurés par des vacataires, qu’il faut recruter. » La promesse, par la présidence de l’université, de rénover l’un des amphithéâtres, et d’apporter une aide en personnel administratif, ne résout pas, aux yeux de l’équipe, l’essentiel des problèmes.