
Jeudi 2 février 2017, Théo, 26 ans, aurait été victime de viol et de violences de la part de policiers à Aulnay-sous-Bois. Depuis, les rassemblements se multiplient pour le soutenir et dénoncer la brutalité policière.
À Rouen (Seine-Maritime), après un premier rassemblement mouvementé samedi 11 février, une nouvelle manifestation était organisée près du centre commercial Saint-Sever, mercredi 15 février. Un autre mouvement, qui se veut calme et pacifique, est d’ores et déjà annoncé vendredi 17 février, au même endroit.
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Des jeunes rassemblés à Saint-Sever
Dès 17h30, plusieurs dizaines de jeunes se sont d’abord réunis au niveau de la station de tramway Saint-Sever, dans le calme, non sans crier « Tout le monde déteste la police ». Les forces de l’ordre, présentes en nombre pour encadrer ce nouveau mouvement, se sont positionnés tout autour de la place.
Puis rapidement, l’ambiance s’est tendue, rapporte notre journaliste sur place. Les organisateurs de la manifestation ne sont pas parvenus à prendre la parole. Des projectiles ont été lancés en direction des policiers. Des gaz lacrymogènes et des fumigènes ont également été jetés, dans une certaine confusion. Le cortège, désorganisé, a pris la direction de la rive droite de Rouen, tout en mettant le feu dans des poubelles.
Confusion totale à #Rouen #theo pic.twitter.com/3QAGqTbJay
— Fabien Massin (@massinfabien) 15 février 2017
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Interpellation de Théo, à Aulnay-sous-Bois : le point sur l’affaire
Jeudi 2 février 2017, dans le quartier de la Rose-des-Vents à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), quatre policiers de la Brigade spécialisée de terrain (BST) ont voulu vérifier les identités de Théo et ses amis. Le jeune homme, âgé de 22 ans, aurait alors été violemment maîtrisé, notamment avec des coups de matraque, interpellé, puis amené au commissariat de quartier.
Là, un agent a remarqué que Théo était grièvement blessé et saignait abondamment de la zone rectale. Il présentait en effet une plaie de dix centimètres, qui serait due à un coup de matraque. Transporté à l’hôpital, il s’est vu remettre 60 jours d’ITT. Le jeune homme a affirmé par la suite qu’un policier lui aurait volontairement enfoncé la matraque dans l’anus.
Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour « viol en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique » et les quatre policiers ont été placés en garde à vue dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), puis mis en examen. L’IGPN a rendu ses première conclusions jeudi 9 février, reconnaissant un « accident grave et réel », mais écartant la thèse du « viol délibéré ». L’enquête est toujours en cours et demeure maintenant entre les mains de la juge d’instruction chargée de l’affaire.
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