
Le projet de réaménagement du quartier de la gare, à Rouen (Seine-Maritime), franchit une nouvelle étape. Jusqu’au 17 février 2017, une deuxième et dernière phase de concertation auprès du grand public est organisée, sur Internet et directement sur place. Les enjeux sont multiples : désengorger les abords de la gare, pour en faciliter l’accès aux piétons comme aux véhicules, la dynamisation de l’activité commerciale et l’embellissement général des lieux.
Recherche de nouveaux équilibres
Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large de l’évolution du transport des voyageurs en Normandie : travaux à l’intérieur des gares, dont celle de Rouen, arrivée de nouveaux trains d’ici 2020 et à long terme, la ligne nouvelle Paris Normandie (LNPN) et la future gare rive gauche.
> LIRE AUSSI : Images. Commande de 40 trains neufs pour la Normandie : c’est signé !
Lors de la première phase de concertation, la Métropole Rouen Normandie donnait quelques chiffres édifiants, concernant le quartier de la gare, et précisément sur le déséquilibre voitures/piétons, dans l’occupation de l’espace.
24 % des usagers viennent en voiture, mais utilisent 80 % de l’espace public. 76 % des usagers viennent à pied et/ou en transports en commun, pourtant seulement 20 % de l’espace public leur est dédié. La création d’un nouvel équilibre est nécessaire pour faire de ce quartier un lieu facile d’accès mais surtout agréable à vivre.
Après consultation d’habitants, d’associations de voyageurs, des transports en commun et de commerçants, de grands axes ont été dégagés, et constituent les objectifs à atteindre dans ce projet : amélioration de l’accès au parvis pour les piétons ; embellissement de l’espace public ; mise en place de terrasses, pour favoriser l’animation commerciale ; renforcement du lien avec le centre-ville ; « apaisement » des circulations.
Les propositions des urbanistes
Pour y parvenir, les urbanistes engagés dans le projet ont émis des propositions :
- dégager le parvis de la gare pour rendre plus évidents les cheminements piétons et les accès aux différents modes de transport : métro, bus, taxis, cyclic’ ;
- faire de la gare, une porte d’entrée plus lisible vers le centre-ville ;
- lier les différentes composantes du quartier (transports, commerces, cafés) pour donner davantage de cohérence et d’unité à l’ensemble des abords de la gare ;
- améliorer le lien entre les coteaux derrière la gare et la Seine, en matérialisant davantage les parcours piétons.
L’intérieur de la gare en travaux
Par ailleurs, l’intérieur de la gare de Rouen fait actuellement l’objet d’un vaste plan de travaux (réaménagement du hall, mise aux normes en termes d’accessibilité, création d’ascenseurs, réfection des sols etc.). Les travaux lancés en 2015 doivent se poursuivre encore pendant plusieurs mois. La gare de Rouen rive droite date de 1928, elle voit passer jusqu’à 40 000 voyageurs par jour.
Les nouveaux trains Intercités, quant à eux, sont attendus à l’horizon 2020. 40 rames neuves, du constructeur canadien Bombardier, ont été commandées, fin 2016. Le principe de l’accord conclu : la Région Normandie reprend la gestion des trains Intercités, en échange de quoi l’État finance l’achat de trains neufs – de type TGV -, à hauteur de 720 millions d’euros.
> LIRE AUSSI : La Normandie grande oubliée d’une nouvelle offre SNCF : Hervé Morin monte au créneau
Lors de la signature de la commande, jeudi 24 novembre 2016, le président de Région Hervé Morin (UDI) a affiché son enthousiasme :
« Jusqu’à présent, en Normandie, nous avions le sentiment d’être abandonnés, sans autre espoir que la LNPN (Ligne nouvelle Paris Normandie), dans 20 ans. Alors nous avons décidé d’innover. Et ainsi, nous sommes devenus une priorité nationale. 720 millions d’euros, c’est une somme énorme. À cela, il faut ajouter les 700 autres millions qui vont être investis, par la SNCF et l’État, pour rénover les réseaux normands. »
Il y a une vraie dynamique, un vrai plan Marshall pour le train.
LNPN et gare rive gauche : rendez-vous dans 20 ans ?
Les deux autres grands dossiers du ferroviaire à Rouen et en Normandie se situent dans un horizon plus lointain, 20 ans : la LNPN, donc, et le projet de nouvelle gare rive gauche.
La gare actuelle, du type des gares du XIXe siècle, est saturée et enfermée dans un périmètre restreint. Située rive gauche, à l’emplacement de l’ancienne gare Saint-Sever, la future gare pourrait compter pas moins d’une quinzaine de voies, deux ou trois entrées (contre une seule actuellement) et devrait passer sous la Seine. Elle accueillera la ligne rapide reliant Paris à la Normandie, la LNPN. La gare Rouen rive droite actuelle serait alors toujours utilisée, mais pour les liaisons régionales.
> LIRE AUSSI : À Rouen, des projets pour la future gare rive gauche
Infos pratiques :
Consultation à propos des aménagements extérieurs de la gare Rouen rive droite, jusqu’au 17 février 2017.
Plusieurs façons de participer : sur le site de la Métropole, par mail, par courrier (Direction des Espaces publics et de la Mobilité durable, 14 bis, avenue Pasteur, CS 50589 – 76 006 Rouen Cedex).
Une « balade urbaine » est également proposée, samedi 11 février 2017, de 10h à 12h, avec les urbanistes impliqués.