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Au Havre, les jardins familiaux de Dollemard menacés : locataires et propriétaires se mobilisent

Alors que la ville du Havre a lancé un vaste chantier sur le plateau de Dollemard, propriétaire et locataires des jardins partagés qui y sont installés s’inquiètent de leur avenir.

Suivie par ses locataires, Sophie Pélicant, propriétaire des jardins de Dollemard, a lancé une pétition pour empêcher la disparition d'une partie des parcelles.

Suivie par ses locataires, Sophie Pélicant, propriétaire des jardins de Dollemard, a lancé une pétition pour empêcher la disparition d’une partie des parcelles. (©MC Nouvellon/76actu)

C’est un peu leur petit coin de paradis et presque une deuxième maison : tous les jours, Claude et Françoise viennent faire un tour sur la parcelle qu’ils louent depuis près de 20 ans aux jardins familiaux de Dollemard, au Havre (Seine-Maritime).

C’est vraiment notre espace de loisirs, de détente, présente Claude. L’été, on y invite les enfants, on fait des barbecues. Pour Françoise qui est asthmatique, cela lui fait du bien de venir ici.

Comme eux, 150 familles louent ici un jardin pour 20 euros par mois. « Il y a des retraités, des infirmières, des ouvriers… détaille Fanny, une autre locataire. Des gens qui ont du mal à se nourrir y font un potager, d’autres qui vivent en appartement plantent des fleurs ou installent une piscine pour les enfants quand il fait beau. »

Procédure d’expropriation lancée

Au fil du temps, chacun s’est approprié son espace et de petites maisonnettes permettant de ranger son matériel ou de rester dormir certains soirs d’été ont vu le jour. En une trentaine d’années d’existence, les jardins de Dollemard sont donc devenus pour beaucoup de Havrais une institution.

« J’ai une liste d’attente impressionnante », assure Sophie Pelicant, la propriétaire des lieux. Mais d’ici quelques mois, elle sera sous le coup d’une procédure d’expropriation. La ville du Havre a en effet lancé, il y a une dizaine d’années, un vaste projet de « retour à la nature » sur cette zone labellisée « espace naturel sensible ».

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Un sentier du littoral et une avenue verte en projet

« Deux éléments essentiels le composent, détaille Marc Migraine, adjoint au maire en charge de la nature en ville. L’aménagement d’une part d’un sentier du littoral et d’autre part d’une avenue verte qui permettra de relier à pied ou à vélo ce sentier au parking du stade Youri-Gagarine. »

Chronologie : 
En 2012, une première déclaration d’utilité publique est prononcée pour cinq ans. Elle sera renouvelée en 2017. Ont suivi plusieurs années de négociations avec les propriétaires puis l’enclenchement des mesures d’expropriation sur certains terrains.
La première phase des aménagements du plateau, sur la partie nord, devrait débuter en 2019-2020. Le second volet des travaux est quant à lui conditionné au rendu de l’étude autour de l’éradication de la décharge de Dollemart, qui se trouve au pied de la falaise. Une partie de ce chantier pourrait en effet être basé sur les hauteurs du fait de l’accès difficile au site par la plage.

Un chantier qui empiétera donc sur une partie des jardins familiaux. « À court terme, ce sont 80 de mes petits locataires qui vont perdre leur jardin », avance Sophie Pelicant. Un chiffre que tempère l’élu. « Initialement, nous avions prévu des aires de pique-nique et de jeu, ce qui impactait les 3/4 des terrains. Dans la version actuelle du projet, nous serons autour de 1/3, soit environ une quarantaine de parcelles. »

Des solutions de remplacement et sous quelle forme ?

S’il assure que « nous trouverons des solutions de remplacement pour les familles qui vivent sur ces terrains », Marc Migraine ne précise pour le moment pas lesquelles. Surtout, les locataires des jardins de Dollemard expliquent ne pas vouloir de parcelles type potager, où les espaces sont plus petits. « Pour nous, les jardins sont un vrai lieu de loisirs et de vie », explique notamment Claude.

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Et Sophie Pelicant n’entend pas en rester là :

Ces jardins ont été construits par mon père. C’est lui qui en a eu l’idée, qui y a planté des centaines d’arbres… C’est mon héritage familial. Pour moi, tout ça, c’est du vol autorisé par la loi.

Suivie par ses locataires, comme Françoise qui ne comprend pas que la Ville « parle de redonner les lieux à la nature, alors que ces plantes, ces arbres, c’est nous qui les avons plantés », elle a notamment lancé une pétition pour éviter la disparition des jardins.