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Au tribunal de Rouen, un homme condamné pour la violence de ses mots envers sa compagne

Un homme a été condamné par le tribunal de Rouen, lundi 26 novembre 2018, pour avoir insulté et menacé de mort sa compagne. Un comportement violent et réitéré. Récit.

Un homme a été condamné par le tribunal de Rouen Seine-Maritime), lundi 26 novembre 2018, pour du harcèlement, des menaces et un fait de violence envers sa compagne.

Un homme a été condamné par le tribunal de Rouen (Seine-Maritime), lundi 26 novembre 2018, pour du harcèlement, des menaces et un fait de violence envers sa compagne. (©Adobe Stock/Illustration)

La violence conjugale, ce ne sont pas que les coups. Une audience au tribunal correctionnel de Rouen (Seine-Maritime), lundi 26 novembre 2018, a tendu à le démontrer. Un homme était jugé pour harcèlement et menaces de mort réitérées, ainsi que pour un fait de violence envers sa compagne.

Insultée pendant neuf ans

Dans cette affaire, la victime, Aline* a écopé de dix jours d’ITT (incapacité totale de travail). Non pas pour des blessures physiques mais pour son angoisse, ses troubles du sommeil et de l’appétit, les idées noires qui lui ont traversé l’esprit. Des symptômes qui résultent selon elle des insultes et menaces répétées de son conjoint Tristan*.

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Le 29 septembre 2018, Aline est allée déposer plainte au commissariat pour dénoncer neuf ans de harcèlement et un fait de violence. Selon les déclarations de sa compagne lors de l’instruction, Tristan l’a maintes fois accablée en des termes très durs, rappelés par la présidente du tribunal : « mauvaise mère », « tu ne sers à rien », « t’es pas une femme », « t’es une fainéante »…

Des menaces et des violences

Des propos dégradants qui, selon la plaignante, étaient parfois accompagnés de menaces. « Je vais te saigner comme une cochonne. Je vais t’attacher à l’arrière de la voiture et laisser ton corps dans la forêt », note par exemple la présidente du tribunal. « Monsieur l’a menacée de l’éventrer alors qu’elle était enceinte de leur deuxième enfant », assure de son côté l’avocate d’Aline.

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La violence physique ne serait survenu qu’à une reprise, en mai 2017. Selon les déclarations de la victime, elle aurait été attrapée par les cheveux, sa tête frappée au sol. Des faits en premier lieu minimisés voire niés par Tristan, mais des photos du visage tuméfié de sa compagne ont par la suite été retrouvées sur son propre téléphone.

Un homme « jaloux » condamné

Il n’a en revanche pas nié les propos insultants et les menaces. Il les explique par sa jalousie presque maladive.

Une de mes ex m’a trompé. Mais je n’aurais pas dû dire ça, c’est de la colère mais je ne pense pas ce que je dis.

Son avocate rappelle que « lors d’une brève séparation, Aline est tombée enceinte d’un autre homme. Il l’a accompagnée pour avorter. Cela peut expliquer sa jalousie, même si ça n’excuse pas les violences ».

Tristan impute également son comportement à sa consommation régulière de cannabis. « Je pense que cela a un lien avec ma colère. Mais maintenant j’ai arrêté tout seul », promet-il. « Ça m’a fait un choc qu’elle dépose plainte contre moi. »

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Le ministère public a requis une peine de 12 mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans. « Je demande une peine pour que ces deux personnes puissent voir l’avenir sous de meilleurs auspices », a expliqué la représentante du parquet.

Le tribunal a finalement condamné Tristan à 12 mois d’emprisonnement, dont neuf avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve qui comprend notamment une obligation de soins*. 

*Les prénoms ont été modifiés

**Cette condamnation est susceptible d’appel. Le prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que tous les recours juridiques soient épuisés.