
Dimanche 12 février 2017, l’Inde s’invite au Zénith de Rouen (Seine-Maritime), à l’occasion du deuxième volet du spectacle, Bharati. Un voyage en Inde, un pays aux multiples facettes, guidé par Chintan Pandya qui joue le rôle du sage aux 1 000 visages. Entretien.
L’industrie du cinéma indien
Normandie-actu : Le spectacle met en avant l’industrie du cinéma indien. Quelle est sa place au niveau mondial ?
Chintan Pandya : La référence immédiate, c’est le Bollywood qui est la plus grande industrie cinématographique, la plus importante du monde. Il y a aussi Tollywood et Kollywood, les cinémas télougou et tamoul. Ce deuxième volet de Bharati est inspiré de ces deux dernières industries cinématographiques. Le premier volet mettait le nord en avant. Pour le second volet, nous partons à la découverte du sud du pays.
Quels sont les différences entre le nord et le sud de l’Inde ?
Culturellement, l’Inde est divisée en deux parties qui se distinguent par les langues, la cuisine, les rythmes… Les instruments de musique sont aussi différents, les tonalités changent. Les deux industries cinématographiques illustrent ces différences. Bharati 2 présente la musique classique du sud de l’Inde et s’inspire de Tollywood et Kollywood.
500 costumes et plus de 40 artistes sur scène
Que raconte ce deuxième volet de Bharati ?
C’est l’histoire de deux sœurs indiennes, Bharati et Neelam, qui vivent en France. Pour les 18 ans de Neelam, sa sœur Bharati l’emmène en Inde pour un pèlerinage au temple de Venkateswara à Tirumala, dans l’espoir que les dieux bénissent Neelam et la relie à ses racines. Les deux sœurs se séparent à Mumbay et suivent deux voies différentes.
Il y a un écran géant au fond de la scène. On a l’impression de regarder un film sur une scène de théâtre avec des acteurs qui sortent de l’écran. On peut y découvrir les paysages de l’Inde rurale, urbaine, on voit les temples, les marchés, les bazars. Les moyens de transports utilisés en Inde sont aussi représentés, comme le bus, le train, le vélo…
Ce deuxième volet est plus extravagant en terme d’images et de costumes que le premier. 500 costumes sont endossés en deux heures. Il y a une quarantaine d’artistes sur scène, les danseurs, les figurants, les artistes principaux…
VIDÉO. La bande-annonce de Bharati :
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Un sage aux 1 000 visages
Vous aussi, vous portez plusieurs costumes.
Personnellement, j’incarne 18 personnages différents. Mon rôle est celui du sage aux 1 000 visages. Je raconte l’histoire et j’en fais partie en même temps. Je me présente sous les traits de personnages qu’on peut rencontrer en Inde. Ce n’est pas un rôle facile, mais il y a eu pas mal de répétitions et je maîtrise bien mon rôle maintenant. Cela demeure néanmoins un challenge d’incarner des personnages différents qui ont une culture de voix et d’accents différents. Je parle toujours en français, mais avec des accents différents.
Combien d’états compte le sud de l’Inde ?
Le sud de l’Inde compte maintenant cinq états et quatre langues différentes. Les chansons ne sont pas seulement interprétées en hindi, la langue de Bollywood, elles le sont aussi en tamoul, en télougou.
Le palais des illusions
Quelle place occupe la mythologie dans le sud de l’Inde ?
Les mythologies indiennes sont des mythologies hindoues. Elles s’interprètent selon les régions et les provinces. Dans le spectacle, on explore aussi la philosophie hindoue et la notion d’illusion.Tout ce qu’on vit dans le moment n’est que Mãyã, c’est-à-dire illusion.
La deuxième partie du spectacle nous conduit dans la palais des illusions. On part de l’Inde actuelle pour arriver dans ce lieu fantastique où tout se transforme, même les personnages. Moi qui viens d’Inde, j’y crois. Il n’y a pas qu’une seule Inde. Même si on disait qu’il y avait 1 001 Inde(s), ce ne serait pas assez, tant elle peut avoir de multiples visages. Le spectacle nous présente le monde physique et tout ce qui est dans la tête des Indiens, mais aussi les fantasmes des voyageurs qui vont en Inde.
Infos pratiques :
Dimanche 12 février, à 17h, au Zénith, avenue des Canadiens, au Grand-Quevilly.
Tarifs : de 35 à 59 euros.