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Condamnée à Dieppe pour avoir tenté de conduire son ex-compagnon syrien en Angleterre

Lundi 9 janvier 2017, une femme a été condamnée par le tribunal de Dieppe à trois mois de prison avec sursis pour avoir tenté de conduire son ex-compagnon syrien en Angleterre.

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Une jeune femme de 19 ans a été condamnée à 3 mois de prison avec sursis pour avoir tenté d'aider son ancien compagnon Syrien à se rendre en Angleterre, lundi 9 janvier 2017 (Photo d'illustration © Les informations dieppoises)

« Je l’ai fait par solidarité, lance la jeune prévenue à la barre du tribunal de grande instance de Dieppe (Seine-Maritime), lundi 9 janvier 2017. On est en hiver et il fait froid dehors. Je l’ai laissé faire pendant un an mais ce n’est pas confortable pour moi de le savoir dans de telles conditions ».

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Interpellée au Transmanche de Dieppe

Quelques jours auparavant, la jeune femme a été interpellée au Transmanche de Dieppe pour avoir tenté de faire passer illégalement son ex-compagnon syrien en Angleterre. L’homme mal dissimulé sous une couette, dans le coffre, a vite été repéré par les douaniers. Contrairement à de précédentes affaires mettant en cause des passeurs demandant une contre-partie financière, ce dossier exprime l’inconscience d’une très jeune femme pour aider son ex compagnon syrien à passer outre-Manche.

« Une démarche bravache », selon le président du tribunal

Elle a rencontré le jeune homme dans la jungle de Calais, il y a un an, alors qu’elle était bénévole pour l’association humanitaire Vie active. Ils ont ensuite entretenu une relation amoureuse. La jeune femme explique que c’est elle qui a eu l’idée de le cacher dans le coffre de la voiture pour passer en Angleterre.

Même si aujourd’hui, les jeunes gens sont devenus plus amis qu’amoureux. « Erreur de jugement » « Vous saviez que c’est interdit, souligne le président du tribunal de Dieppe. Cela relève d’une démarche bravache, vous saviez qu’il y avait de grandes chances pour que vous soyez arrêtés. Vous êtes passée de l’humanitaire à l’illégalité ».

Elle voulait aider son ami

La jeune Vendéenne, née à Nantes (Loire-Atlantique), a tout organisé. Elle est allée jusqu’à Paris pour rejoindre son ex-compagnon. Ils ont passé une nuit à l’hôtel avant de prendre la direction de Dieppe avec le véhicule de la mère de la prévenue.

Elle était au courant, confie-t-elle. Elle a essayé de m’en dissuader mais elle savait qu’elle n’aurait pas pu me retenir…

Son ami Syrien s’est alors caché dans le coffre de la voiture.

Mais pourquoi avoir tenté de traverser la Manche alors que la France aide les demandeurs d’asile ? s’interroge le président. Je remarque d’ailleurs qu’il n’a jamais fait aucune demande… ».

Il qualifie d’erreur de jugement l’attitude de la jeune femme.

Je connais des migrants qui ont fait des demandes d’asile mais ça ne se passe pas toujours aussi bien qu’on le croit », répond timidement la prévenue.

« Votre ami n’était pas en danger sur le territoire français »

Le point de vue du président du tribunal est repris par le procureur de la République, dans ses réquisitions. « Votre ami n’était pas en danger direct sur le territoire français puisque l’État vient en aide aux ressortissants syriens », souligne-t-il. L’avocate de la prévenue a rappelé son jeune âge, 19 ans en octobre 2016, et demandé que cette affaire ne soit pas inscrite au dossier judiciaire de la future éducatrice spécialisée. Elle a été condamnée à 3 mois de prison avec sursis et à 105 h de travail d’intérêt général sur 18 mois.

Camille Larher pour Les Informations dieppoises