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Coquilles Saint-Jacques. Une sénatrice de Seine-Maritime plaide la cause des pêcheurs normands

Depuis l’ouverture de la pêche à la coquille Saint-Jacques, les pêcheurs de Normandie font face à la présence des Britanniques. Une sénatrice de Seine-Maritime plaide leur cause.

Les pêcheurs de Normandie se plaignent de la concurrence « déloyale » de leurs homologues britanniques concernant la coquille Saint-Jacques. (Photo d'illustration © david_jones/CC/Flickr)
Les pêcheurs de Normandie se plaignent de la concurrence « déloyale » de leurs homologues britanniques concernant la coquille Saint-Jacques. (Photo d'illustration © david_jones/CC/Flickr)

Mardi 24 janvier 2017, Nelly Tocqueville (PS), sénatrice de Seine-Maritime, s’est adressée à Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des transports, de la mer et de la pêche, dans le cadre de la séance des questions orales au Gouvernement, au sujet de la pêche à la coquille Saint-Jacques et des problématiques liées à la présence de pêcheurs britanniques sur les zones de pêche normandes.

En octobre 2016, les marins de Dieppe (Seine-Maritime) parlaient même d’une « razzia britannique sur la coquille Saint-Jacques ».

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L’accord franco-britannique bafoué

Pas moins de 50 navires britanniques pêchent de manière abusive régulièrement, bafouant l’accord franco-britannique conclu, déplore Nelly Tocqueville. L’intérêt de celui-ci est de permettre à chaque flotte de pêcher dans des conditions équitables. Cependant, les Britanniques, en achetant massivement des navires de plus petite taille, échappent aux restrictions et aux dispositions de cet accord.

Les bateaux français sont contraints de se limiter à deux tonnes par jour, pour quatre sorties en mer. Les Britanniques, quant à eux, sont autorisés à pêcher 10 à 15 tonnes quotidiennement, et ce sur une semaine.

« Ainsi, la filière normande se trouve lésée et le marché français est submergé par la production britannique provenant de nos propres côtes, et notamment pour des produits congelés », continue la sénatrice.

C’est pourquoi il est urgent que les autorités anglaises, mais également irlandaises et européennes, notamment la Commission européenne, se saisissent de ce problème de la pêche en mer, sans limites, qui fait courir des risques à la fois à la filière normande mais également aux ressources naturelles.

Nelly Tocqueville rappelle que les pêcheurs craignent « les effets du Brexit qui pourrait entraîner la remise en cause de l’accord, déjà malmené ».

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L’État veut harmoniser les réglementations

En réponse, Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des transports, de la mer et de la pêche, mentionne l’accord conclu en 2013 entre les professionnels britanniques et français.

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« Il consiste en la cession au Royaume-Uni d’une partie du quota français d’effort de pêche pour la coquille Saint-Jacques en échange du respect, par les navires britanniques, de la fermeture estivale de cette pêche », précise-t-il.

En 2016, la date d’ouverture de la pêche a été anticipée et fixée, à la demande du secteur français, au 11 octobre, au lieu du 30 octobre, pour toutes les flottilles. « Cet accord n’inclut toutefois pas les navires de pêche irlandais et les navires de pêche britanniques de moins de 15 mètres ».

Comme je m’y étais engagé, à l’occasion du Conseil européen de la pêche qui s’est tenu le 14 novembre 2016, j’ai mené une série d’entretiens bilatéraux avec le commissaire européen, le ministre britannique et le ministre irlandais afin de leur faire part des préoccupations de la France sur la question de la gestion européenne de la coquille Saint-Jacques en Manche Est.

À la suite de ces échanges, des contacts ont été pris entre les administrations du Royaume-Uni, de l’Irlande et de la France pour travailler avec les représentants des secteurs professionnels concernés sur l’élaboration d’un cadre réglementaire commun.

Dans le contexte actuel du Brexit, et compte tenu de l’importance des enjeux liés à la pêche en France, il est très important que nous puissions maintenir le dialogue et éviter toute forme de surenchère.

Alain Vidalies veut harmoniser les réglementations entre les différents pavillons pour « permettre l’accès réciproque aux eaux des États membres ».