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CRS en colère : pourquoi des policiers de Rouen se mettent en arrêt maladie

Pour protester contre la « fiscalisation » annoncée de leur indemnité d’absence, les CRS se sont mis en arrêt maladie, jeudi 21 septembre 2017. Explications.

Les CRS se sont mis en arrêt maladie, jeudi 21 septembre 2017, pour protester contre une éventuelle fiscalisation de leur indemnité journalière d’absence temporaire. À Darnétal aussi, le mouvement a été suivi. (Illustration. (©Illustration ©Flickr/cc/Police Nationale)

Les CRS en grève… ou plus exactement en arrêt maladie car ils n’ont pas le droit de faire grève : la situation est plutôt inhabituelle, voire inédite.

C’est pourtant ce qui s’est produit jeudi 21 septembre 2017, jour de mobilisation contre les ordonnances de la loi Travail, dans la majorité des compagnies de France, dont celle basée à Darnétal, près de Rouen (Seine-Maririme). Plus de 2 000 CRS auraient suivi le mouvement. Explications. 

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Indemnité de 39 euros par jour d’absence du domicile

En cause, le projet de « fiscalisation » de leurs indemnités journalières d’absence temporaire (IJAT). Un représentant syndical de la CRS 31 de Darnétal, compagnie précurseure de ce mouvement de mécontentement dès le mois de juillet 2017, explique à Normandie-actu :

L’IJAT n’avait jamais été remise en cause par les gouvernements successifs. Elle nous est versée à l’occasion de nos missions, qui peuvent durer plus d’un mois, au cours desquelles nous sommes absents de notre domicile.

Comme ses collègues, le syndicaliste craint que ce projet de fiscalisation, qui consisterait en d’autres termes à soumettre l’IJAT notamment à la CSG (Contribution sociale généralisée), ne représente un retour en arrière pour les CRS. L’indemnité, créée dans les années 1960 et représentant un montant de 39 euros par jour d’absence du domicile, avait jusqu’ici toujours été défiscalisée.

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Des délais de versement allongés

Autre grief mis en avant par les policiers : le délai de versement qui pourrait passer d’une dizaine de jours actuellement, à deux ou trois mois d’attente.

Une situation qui, ajoutée aux problèmes récurrents du vieillissement du matériel, aux problèmes de locaux et aux missions de plus en plus nombreuses qui leur sont demandées, a amené les fonctionnaires de police des compagnies républicaines de sécurité à protester.

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Ils avaient déjà dénoncé « un grand ras-le-bol » au cours de l’été, commente le policier : 

À Darnétal, nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme au mois de juillet. Pour le Tour de France notamment, seulement la moitié d’une compagnie avait accompagné cette épreuve. Nous étions précurseurs.

Bis repetita jeudi 21 septembre, mais cette fois, ce sont de nombreuses compagnies en France qui ont suivi le mouvement et qui se sont, en quelque sorte, fait « porter pâles », en ayant recours à des arrêts maladie.

Pas de surveillance au domicile d’Emmanuel Macron

Conséquence, les CRS de Darnétal, qui devaient assurer une mission au Touquet, au domicile du président de la République, n’y sont pas allés ! Ils étaient en arrêt maladie. 

Nous avons rempli notre mission au Touquet avec une journée de retard. Le temps de notre absence, d’autres ont pris le relais pour que la surveillance reste effective, précise le représentant syndical.

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Les syndicats reçus le 6 octobre

Vendredi 22 septembre, une intersyndicale des CRS a été reçue au ministère de l’Intérieur.

« Nous avons obtenu l’ouverture de deux semaines de négociations avec un nouveau rendez-vous le 6 octobre. En attendant, nous avons donc décidé de suspendre le mouvement », confirme le syndicaliste. Un dossier à suivre, donc…