Quand la cloche des dockers du Havre se glisse dans une toile du célèbre peintre vénitien, Canaletto… Bienvenue au MaMi ! (©MaMi.)
Deux artistes ont ouvert, en janvier 2018, leur Musée André Malraux imaginaire (MaMi). Cette page Facebook, créée par François Duteurtre et Emeric Outreman, plasticiens originaires du Havre (Seine-Maritime), invite à une promenade ludique et pédagogique dans l’histoire de l’art. Le MaMi est un musée insolite : on y découvre des toiles de maître revisitées. Cherchez bien : dans chaque tableau, sont insérées des références havraises.
Une chouette balade culturelle entre anachronie et utopie. Poussez la porte du MaMi : la visite est gratuite !
LIRE AUSSI : Signature. Un roman graphique dans le dédale des rues du Havre
Une histoire de l’art ludique et drôle
Poussez la porte du MaMi : une insolite relecture de l’histoire de l’art vous attend. Un fonds unique à découvrir en ligne ! (©MaMi.)
François Duteurtre et Emeric Outreman sont tous deux passionnés d’art. Ensemble, ils ont décidé d’ouvrir un musée virtuel, le Musée imaginaire (MaMi) pour partager l’histoire de l’art de manière ludique et drôle.
Le concept est simple : nous faisons constamment rentrer Le Havre dans l’histoire de l’art. Nous invitons tous les peintres à venir au Havre, explique Emeric Outreman.
« François et moi retravaillons des tableaux et œuvres pour y glisser des références havraises. Ainsi, un peintre du XVIe siècle peut peindre Auguste Perret. L’idée est de donner à voir tous les arts, dans tous les courants et dans différentes disciplines artistiques. Chaque image est aussi accompagnée d’un court texte de présentation. Nous n’avons pas l’impression de révolutionner quoi que ce soit, mais nous proposons une autre lecture de l’histoire de l’art, de manière ludique et drôle ».
Chacun des artistes travaille en autonomie et poste régulièrement sur la page Facebook ses propositions de détournements, ses relectures de toiles de maître. Des vidéos sont aussi proposées : « Le texte s’intègre alors dans l’image. On peut ainsi prêter à un personnage peint par Vermeer un accent havrais, faire parler un saint. »
Des rendez-vous hebdomadaires
Quand deux strates temporelles se superposent… une relecture signée MaMi. (©MaMi.)
Comme tout musée, le MaMi a des horaires : deux nouvelles images sont mises en ligne, chaque semaine, les lundis et samedis, et une vidéo est publiée, le mercredi.
Au départ, nous avions des publications quotidiennes pour constituer le fonds du musée. Aujourd’hui, on a adopté un autre rythme. Les trois publications hebdomadaires et, chaque samedi, nous développons une thématique. Le premier samedi du mois, on fait entrer un abonné dans l’une de nos images. Les autres samedis sont consacrés à l’exploration d’autres médiums comme la BD ou encore le cinéma, poursuit Emeric Outreman.
Dans ces œuvres, on trouve de nombreuses références au Havre, à son architecture, mais aussi à ses personnalités : « J’ai à ma disposition de nombreuses personnalités que je peux insérer dans un tableau : Little Bob, Dhorasoo, le maire etc. »
Le Havre dans tous ses états
Dans les visuels, la ville peut apparaître sous plusieurs formes. Différentes périodes historiques peuvent également se croiser :
Notre travail se veut drôle et bienveillant. Les outils informatiques nous permettent de produire de nouvelles œuvres, avec l’empreinte du Havre, tout en favorisant l’accès à l’histoire de l’art.
Si, au départ, peintures et sculptures étaient les disciplines dominantes, le duo d’artistes a choisi de ne pas se limiter aux arts traditionnels : sont ainsi réinterprétées des images appartenant aux domaines du cinéma, de la bande dessinée, de la photographie.
LIRE AUSSI : Église Saint-Joseph au Havre : découvrez les secrets d’une construction mouvementée
Une incroyable banque d’images
Revisitant l’histoire de l’art, les artistes ont à leur disposition une incroyable banque d’images, dans laquelle ils s’amusent à piocher :
Chacun a ses préférences, dans le champ artistique. Moi, l’art ancien me parle plus que le contemporain. J’ai un faible pour la correspondance texte-image et la fabrication d’images simples qui parlent de suite aux Havrais. François, lui, aime les running gags et reprend des scènes de mises à mort, fait parler ses personnages.
Une seule limite pour ces artistes : la protection des images. « Beaucoup d’images sont protégées. En utilisant des œuvres anciennes, avant 1800, c’est plus facile. Nous sommes, toutefois, couverts par la satire. Nous avons le droit de détourner des images, si c’est drôle. »
Le MuMi vous propose une promenade insolite et très personnelle dans l’histoire de l’art. Une invitation à voyager virtuellement dans des œuvres de renom ! Une visite s’impose.
LIRE AUSSI : À la Maison du patrimoine du Havre, le cycle « Villes et cinéma » décrypte les images