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Des habitants de Rouen regrettent la destruction à venir d’un bâtiment de la caserne Philippon

Une annexe de la caserne Philippon, à Rouen (Seine-Maritime), doit être détruite après le départ des militaires, vendredi 5 octobre 2018. Des habitants sont contre. Explications.

Des habitants du quartier de la Croix de Pierre, à Rouen (Seine-Maritime), regrettent la destruction d'un bâtiment de la caserne Philippon (à gauche sur la photo).

Des habitants du quartier de la Croix de Pierre, à Rouen (Seine-Maritime), regrettent la destruction d’un bâtiment de la caserne Philippon (à gauche sur la photo). (©SL / 76actu)

Les habitants de Rouen (Seine-Maritime) qui ont rejoint – ou voulu rejoindre – l’armée connaissent ce bâtiment. Rue du Colonel-Trupel, le Centre d’information et de renseignement des forces armées (Cirfa) recevait les futures recrues dans cette annexe du bâtiment blanc en U de la caserne Philippon.

Vidée de ses militaires le vendredi 5 octobre 2018, le U deviendra une résidence pour seniors. Mais pour l’ancien Cirfa, ce sera la démolition. Au grand dam d’habitants du quartier de la Croix-de-Pierre, désireux de sauver cet ensemble patrimonial.

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« Une grosse bâtisse sans intérêt majeur »

« Une aberration », appuie Catherine en pointant du doigt le bâtiment du XIXe siècle, lors de la foire à tout de la Croix-de-Pierre. Avec un autre habitant du quartier, Yves, elle regrette la destruction à venir d’une annexe de la caserne Philippon, bientôt mise en travaux.

S’ils s’inquiètent du sort du bâtiment, c’est qu’il est « caractéristique de notre architecture locale, autrefois le logement de fonction du colonel ».

La bâtisse située rue du Colonel-Trupel sera détruite.

La bâtisse située rue du Colonel-Trupel sera détruite. (©SL / 76actu)

Adjointe en charge de l’urbanisme, Christine Rambaud tempère l’intérêt du bâtiment : 

Il est intéressant, mais ce n’est pas un élément très important. C’est une grosse bâtisse sans intérêt majeur. On peut admettre sa destruction pour préserver la caserne.

Un « embellissement global » du quartier

Après de belles années de petites gloires dans l’ombre du U blanc attenant, l’édifice en longère sera donc détruit. Il empruntera ainsi la trajectoire du colonel dont la rue tire son nom. Après s’être illustré à Austerlitz, Jean-Aimable Trupel, né à Yvetot, a connu les défaites de la Bérézina et d’Austerlitz.

Directeur de Bouygues Immobilier en Haute-Normandie, Damien Renard explique l’impératif de destruction à venir du bâtiment : 

Pour respecter notre quota de logements sociaux et garder le bâtiment, il aurait fallu découper à l’intérieur du bâtiment principal. C’était trop compliqué. 

Car le Plan local d’urbanisme de la Ville de Rouen impose un minima de 25 % de logements sociaux dans toute nouvelle construction. Il y en aura 36 en lieu et place de l’ancien centre de recrutement des armées. Pour Damien Renard, cela participera « à un embellissement global » du quartier. 

Deux immeubles vides depuis quatre ans

Catherine et Yves sont bien d’accord pour parler d’un « beau projet ». Mais il y a « la verrue »… Au croisement des rues du Colonel-Trupel et Saint-Vivien, un immeuble haut de trois étages est cerné d’échafaudages, juste à côté du bâtiment militaire.

Le duo s’est interrogé sur la possibilité pour Bouygues « de racheter cette parcelle privée et de démolir de cette verrue pour construire » et ainsi « sauvegarder et aménager le bâtiment de l’armée ». 

Cet immeuble a été frappé en mai 2014 d’un arrêté de péril, comme l’immeuble voisin avec lequel il partage sa cage d’escalier. Un des propriétaires, en rénovant son bien, « a enlevé des poutres porteuses, causant un problème de structure », selon Christine Rambaud.

Il est donc vide depuis quatre ans, et les échafaudages y sont placés « pour des raisons de sécurité ». En parallèle, une procédure judiciaire oppose toujours les copropriétaires de l’immeuble. « Ce sont des procédures très longues », rappelle l’adjointe.

« Pas question de garder cette verrue »

Mais elle a bon espoir de voir le sujet aboutir. « J’y travaille depuis longtemps. Il n’est pas question de garder cette verrue », s’engage-t-elle. La municipalité a demandé à Bouygues Immobilier d’examiner le dossier.

« Le sujet est à l’étude », confirme Damien Renard. « Nous avons reçu tous les propriétaires. » Pour l’instant, aucun projet n’a été défini. Mais l’idée, selon Christine Rambaud, serait la suivante :

La parcelle serait rajoutée à l’ensemble construit par Bouygues et exploité par Rouen Habitat grâce à un permis complémentaire, pour ne pas retarder le projet de la caserne Philippon.

Lequel doit voir le jour en 2020, espèrent les promoteurs. Les 87 m² de cette parcelle permettraient donc « d’avoir un angle propre ». Et satisferaient Catherine et Yves, au moins à moitié.

Deux immeubles de la rue Saint-Vivien sont touchés par des arrêtés de péril depuis 2014. La municipalité espèrent qu'ils seront rasés pour que la parcelle intègre le projet de la caserne Philippon.

Deux immeubles de la rue Saint-Vivien sont touchés par des arrêtés de péril depuis 2014. La municipalité espèrent qu’ils seront rasés pour que la parcelle intègre le projet de la caserne Philippon.