
« Ces blocages transforment chaque établissement pénitentiaire en cocotte-minute » s’alarme Étienne Noël, avocat du barreau de Rouen (Seine-Maritime).
Lundi 22 janvier 2018, les syndicats de surveillants ont appelé au « blocage total » des établissements pénitentiaires. Une radicalisation du mouvement de protestation apparu au lendemain de l’agression de trois gardiens à Vendin-le-Vieil, qui n’est pas sans conséquence sur le vie quotidienne des détenus.
L’avocat au barreau de Rouen se souvient :
À Val-de-Reuil (Eure, ndlr), il y a eu un épisode où les CRS avaient dû intervenir pour que les repas soient livrés.
Pas de promenades, pas d’ateliers
À la maison d’arrêt Bonne nouvelle de Rouen, on n’en est pas loin. Les surveillants ont décidé de n’assurer que le strict minimum : l’infirmerie. Pas d’extractions, pas de promenades, pas d’ateliers.
Selon Emmanuel Garrido du Syndicat national pénitentiaire des surveillants non gradés (SPS), « c’est la police qui va venir s’occuper des repas ». La quarantaine de gardiens présents dès 7 heures du matin ont également empêché des livraisons de denrées.
Un risque d’explosion
« D’expérience, la gêne est surtout en matière de liens familiaux quand les parloirs sont annulés » estime Étienne Noël. Cela n’a pas encore été le cas à Rouen. « Il n’y a pas de parloirs le lundi et le mardi » précise Annick Kerlau de l’Association nationale des visiteurs de prison (ANVP).
Les problèmes pourraient par contre surgir plus rapidement si les blocages s’intensifient.
Les gardiens ne craignent-ils pas qu’un durcissement des conditions de vie quotidienne des détenus n’entraîne une explosion des tensions ? « C’est possible, admet Emmanuel Garrido. Ça commence déjà. Mais c’est un risque qu’on prend ».
Caen et Le Havre également bloquées
À Caen (Calvados), la police est intervenue pour mettre un terme au blocage comme le raconte Mathieu Julien de l’UFAP/UNSA, le syndicat majoritaire :
Nous avons bloqué tous les accès à la maison d’arrêt, dès 6h. Les collègues du Centre pénitentiaire nous ont rejoints très vite. Nous étions une centaine sur le site. La police est intervenue à 9h40 et nous avons stoppé le blocage à 10h.
Au Havre, une cinquantaine de surveillants a également empêché les entrées et sorties de l’établissement.