Tous les mois, les apprentis « nez » se retrouvent pour s’entraîner à identifier les odeurs. (©MC Nouvellon)
« Là on est plus sur de la bergamote, ou quelque chose style Earl Grey ». Ce lundi 23 octobre 2018, la salle de réunion de l’usine ExxonMobil, située à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime) accueille une activité quelque peu inhabituelle. Autour de la table, une dizaine de volontaires testent leur flair sur de petits échantillons d’odeurs.
LIRE AUSSI. Emploi en Seine-Maritime : une centaine de postes à pourvoir chez ExxonMobil
Éviter les accidents
Une fois par mois, ces apprentis « nez » se retrouvent ici pour réviser leur gamme. Derrière les parfums de barbe à papa ou d’herbe coupée, ce sont en réalité l’ethylmaltol ou l’hexenol qu’ils apprennent à repérer. Le but de cet entraînement ? Être capable de détecter les odeurs émanant du site et définir, si elles paraissent anormales, d’où elles peuvent venir et si elles représentent un danger.
L’apprentissage commence par la mémorisation d’un échéancier, « sorte d’alphabet, de base qui sert à placer son nez », présente Nathalie Guegaden, en charge de la formation. S’ajoute ensuite un cache, établi en fonction de chaque région. Ici, comme dans toutes les zones liées à la pétrochimie, il contient beaucoup de soufrés. Une approche théorique qui est aussi complétée par des sorties sur le terrain.
Le groupe effectue également des sorties sur le terrain pour s’entraîner. (©ExxonMobil)
« Bien sûr, on ne peut pas tout connaître, poursuit la formatrice. A partir de cet échéancier, on fonctionne par ce que l’on appelle l’élasticité, c’est à dire que l’on va chercher à se rapprocher le plus possible de ce que l’on connaît pour faire un signalement. »
« Un groupe utile »
Du service de sécurité à la formation en passant par la maintenance, la plupart des bénévoles travaillent pour ExxonMobil. Mais certains viennent aussi des usines voisines. Sébastien Niel travaille lui pour les services techniques de la communauté d’agglo. « Comme agent de voirie, je suis tout le temps dehors », explique-t-il. Une situation qui l’a rendu sensible à l’appel à volontaires.
« Cela permet de découvrir un domaine que je ne connaissais pas du tout, témoigne de son côté Nathalie Lesimple, elle aussi nouveau-nez. Et c’est aussi l’occasion de faire partie d’un groupe qui peut être utile. »
LIRE AUSSI. Affaire Lubrizol, à Rouen : « un incident ». Décision le 3 avril
Une appli contre les mauvaise odeurs
En moyenne, les membres du cercle sont appelés une fois par mois. Sur le site pétrolier, les « superintendants » ont désormais la liste des nez qu’il est possible de contacter en cas de besoin. Tous sont également munis de l’application « ODO » qui permet, grâce à un système de géolocalisation, d’estimer l’ampleur de la circulation des odeurs en fonction des lieux où chacun se trouve, le tout en apportant des précisions techniques.
Également proposée aux habitants de la commune de Notre-Dame-de-Gravenchon, l’initiative a récemment reçu le prix « Responsible care award ». La prochaine étape pour les nez est désormais de passer un premier niveau de certification, puis un second pour officialiser cette expertise.
Ailleurs en Seine-Maritime, Atmo Normandie encourage également les initiatives autour de la formation au « langage des nez », notamment à Rouen et au Havre, où des réseaux de nez se développent.
Pratique :
Les personnes intéressées par la formation peuvent se rapprocher d’Atmo Normandie via leur site Internet ou au 02 35 07 94 30.