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Essity ferme une de ces trois usines en Normandie et supprime 123 emplois, près de Rouen

La direction d’Essity a confirmé sa décision de fermer le site de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), mardi 30 juillet 2018. 123 emplois sont supprimés. Précisions.

Spécialisée dans la production de papiers d’essuyage grand public à marques de distributeurs (papier toilette, essuie-tout), l'usine de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) va fermer à la fin de l'année 2018.

Spécialisée dans la production de papiers d’essuyage grand public à marques de distributeurs (papier toilette, essuie-tout), l’usine de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) va fermer à la fin de l’année 2018. (©Archives Le Perche)

Les salariés ont reçu la confirmation mardi 30 juillet 2018 de ce qu’il redoutait depuis mars dernier. Le groupe Essity France va fermer son site de production à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) d’ici la fin de l’année 2018. En Normandie, le groupe emploie également 300 personnes au Theil (Orne) et 450 à Hondouville (Eure). Sur ce dernier site, deux unités de production vont fermer mais aucune suppression d’emplois n’est prévue.

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« Les salariés avaient pourtant tenu les objectifs »

Essity anciennement SCA et Georgia-Pacific, est un groupe suédois qui fabrique notamment les produits des marques Lotus et Tena. Il possède cinq sites en France dont trois en Normandie : Saint-Etienne du Rouvray (123 salariés), Hondouville (450 salariés) et le Theil (300 salariés). 

Près de Rouen, la nouvelle est tombée mardi 30 juillet 2018. « On avait peu d’espoir pour le site de Saint-Etienne-du-Rouvray, qui avait déjà fait l’objet d’un plan de suppression de l’emploi. Pourtant les salariés à qui la direction avait demandé de faire des efforts en terme d’objectifs avaient fait le nécessaire », indique Sébastien Jollivet, délégué CFDT Essity Hondouville.

L’État mis en cause

Le site près de Rouen va donc fermer. Le maire de la Ville, Joachim Moyse a réagi à cette annonce par voie de communiqué et a déploré « un recul inacceptable pour l’emploi sur le territoire, satisfaisant des objectifs des rentes aux actionnaires de 15%. »

Le député Hubert Wulfranc avait à la suite des premières annonces du groupe en mars 2018, interpellé l’État. 

C’est un un retrait total de l’État sur ce dossier, malgré les alertes successives du député Hubert Wulfranc à l’Assemblée Nationale, a dénoncé le maire dans son communiqué.

La direction d’Essity contactée par 76actu insiste sur le caractère spécifique du site de Saint-Etienne-du-Rouvray. « Cette usine  est spécialisée dans la production de papiers d’essuyage grand public à marques de distributeurs (papier toilette, essuie-tout). »

Contrairement aux autres sites en France, c’est une usine non-intégrée (pas de machine à papier), ce qui implique des coûts supplémentaires pour le groupe qui s’ajoutent à ceux liés à l’augmentation des matières premières, explique Marc Specque, directeur de la communication. 

Ce dernier indique que la consultation, phase finale avant la mise en application du plan de l’entreprise qui s’est achevée mardi 30 juillet a été signée via un accord majoritaire. 

À Saint-Etienne-du-Rouvray la moyenne d’âge des salariés est de 48 ans. « Certains vont pouvoir partir en pré-retraite. On a une vingtaine de personnes de 56 ans et plus mais pour les autres ce sera plus compliqué, même si on a réussi à négocier des conditions de départ acceptables pour les salariés  », indique Sébastien Jollivet.

La direction d’Essity a quant à elle insisté : « une quarantaine d’emplois sont ouverts en interne dans les cinq sites en France dont les deux en Normandie. Ils vont évidemment être proposés aux salariés de Saint-Etienne-du-Rouvray. »

Deux unités de production ferment dans l’Eure

Dans l’Eure si l’usine n’est pas menacée, deux unités de production vont être stoppées. « Nous ne fabriquerons plus de cotons-tiges ni de serviettes de table, pas assez rentables selon la direction » , explique Sébastien Jollivet. Quarante salariés environ travaillent sur ces deux unités, « Ils vont tous être recasés dans l’usine au sein d’autres unités. »

C’est évidemment une bonne nouvelle mais après trois Plans de sauvegarde pour l’emploi en cinq ans, franchement, nous ne sommes pas rassurés pour l’avenir. 

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La direction, elle, ne cache pas une concurrence accrue et une augmentation de la matière première qui ne va pas aller en s’améliorant. 

Toutefois malgré ce contexte, Essity effectue des investissements à hauteur de 20 millions d’euros sur ses autres sites intégrés dédiés à la grande consommation pour optimiser et flexibiliser sa production de produits d’hygiène papier et améliorer sa compétitivité. 

Une unité de fabrication, nouvelle dans le domaine de l’hygiène professionnelle, va donc ouvrir à Hondouville. « Ce qui permet de faire les ajustements en interne pour les salariés impactés par les deux lignes qui ferment sur le site », explique Marc Specque, directeur de la communication. Quant au site du Theil dans l’Orne : « comme les autres sites en France, il va bénéficier du plan d’investissement. »