La fermeture du magasin étant actée, le déstockage massif du Go Sport de l’Espace René-Coty, au Havre (Seine-Maritime) a été lancé. Pendant ce temps, les salariés veulent obtenir de meilleures indemnités. (©SL / 76actu)
Ils seront tous licenciés, « sauf le directeur a priori ». Depuis l’annonce de la fermeture au 18 août 2018 du magasin Go Sport de l’Espace René-Coty, au Havre (Seine-Maritime), les jeux ont presque tous été faits. Onze salariés de la boutique de sport devraient donc refuser la mobilité vers d’autres enseignes du groupe. Ils veulent désormais obtenir les indemnités de licenciement qu’ils estiment mériter, « pour toutes les larmes versées ».
« Tout le monde a sa vie au Havre »
Aller travailler à Rouen ou Cherbourg ? « Inadmissible » pour Marie et José. Comme leur neuf collègues, ils seront licenciés en août. Comme nous l’écrivions à l’annonce de la fermeture, les salariés vont refuser d’être mutés avec l’accord de mobilité. « Sinon, ils pourraient partir partout où le groupe est, en France ou en Pologne par exemple », explique Laurence Labaurie, déléguée syndicale Force ouvrière (FO). Déléguée du personnel, Marie l’explique :
Tout le monde a sa vie au Havre, de la famille, une maison… Certains ont des proches malades, d’autres élèvent seules leurs enfants…
Ce sera donc la fin de l’aventure Go Sport pour eux. Marie a ouvert le magasin, il y a 18 ans, c’est son « bébé ». José, son collègue magasinier, y est depuis 15 ans. Il regrette « de voir tout ce qu’on a donné à Go Sport et le peu de reconnaissance qu’on nous donne ». Pour partir la tête haute et avoir « ce qu’on mérite », ils vont négocier.
Un courrier à la direction pour de meilleures indemnités
Cela va passer par un courrier qu’ils doivent envoyer cette semaine à la direction du groupe. Ils exigent d’avoir de meilleures indemnités de licenciement. Dans l’état actuel des choses, « un salarié avec sept ans d’ancienneté aura 3 600 euros, un avec dix ans touchera moins de 10 000 euros », a estimé Laurence Labaurie. Pour Marie, il paraît impensable que ça n’atteigne pas « 50 000 euros, pour toutes les larmes que j’ai versées pour ce magasin ». Seule bien maigre consolation : avoir démarré « une formation en bureautique », réclamée depuis plusieurs mois.
Sinon, cette mère de trois enfants dont le mari « travaille la nuit pour payer la maison », appréhende ce mois d’août où sa vie « va complètement changer » : « Est-ce je peux retourner à l’école à 40 ans ? Retrouver un CDI de 35h au Havre ? » Pendant quatre mois, ils auront un congé de reclassement : « Deux mois à 100% du salaire, deux mois à 64%. » Un montant avec lequel « on ne finit pas un mois », assure Laurence Labaurie.
Donc les deux salariés et leurs collègues, soutenus par la syndicaliste, font la liste de leurs demandes : « Que le congé de reclassement soit d’un an à taux plein, avec des indemnités d’un mois de salaire par an d’ancienneté et un pourcentage du produit de la liquidation. » Tout cela sera retranscrit dans le courrier à la direction. Et si elle « laisse les choses se dégrader comme elle l’a fait depuis trois ans », l’équipe ira aux prud’hommes.
Le Go Sport remplacé par une pharmacie géante
Une fois le magasin de sport fermé, les locaux pourraient servir à ce qui serait la plus grande pharmacie de France, avait expliqué Benoît Héron, directeur de l’Espace René-Coty, fin avril : « C’est encore un projet, mais il est très avancé. Il s’agirait pour le pharmacien d’élargir son offre, de proposer de nouveaux services et produits et de mieux accueillir les patients et clients. » L’actuelle pharmacie du rez-de-chaussée, grande de 400 m², s’élargirait ainsi à 2 500 m².