HAVRE de Frédéric Teschner est exposé à l’artothèque du Havre jusqu’au 9 mai 2018. (©studio Frédéric Teschner. Photographie Clémence Michon (2011))
Le travail graphique de Frédéric Teschner est exposé actuellement dans deux lieux : la Passerelle à Brest et l’artothèque de l’École supérieure d’art et de design Le Havre-Rouen (ESADHaR), au Havre (Seine-Maritime). Un hommage au graphiste disparu en août 2016.
Présenté jusqu’au 9 mai 2018, le polyptyque HAVRE est un portrait graphique de la Cité océane, synthèse visuelle d’une exploration menée en février 2011, dans le cadre d’une courte résidence au Havre. L’artothèque invite le public à découvrir ou redécouvrir ce travail qui est le fruit d’une rencontre entre une ville et un sujet : Frédéric Teschner.
Le graphisme : outil d’exploration de la ville
Invité dans le cadre de la manifestation Une Saison Graphique, Frédéric Teschner avait produit, en 2011, un ensemble de cinq affiches dessinant en lettres successives le mot H A V R E.
Cette série constitue une interprétation personnelle du port et de la ville s’appuyant sur un retour à l’étymologie du lieu, mais également une tentative d’ouverture du graphisme à d’autres territoires de commande et à d’autres approches plastiques, explique Pierre-Yves Cachard, l’un des fondateurs du collectif à l’origine de la manifestation Une saison graphique, dont la 10e édition se déroulera au Havre, du 14 mai au 9 juin 2018.
Dans le cadre d’une résidence, l’artiste a pu explorer la ville, interroger l’espace, ses signes et ses symboles. « Frédéric Teschner a utilisé le graphisme comme un outil d’exploration de la ville. En se promenant dans la ville, il a collecté des détails et signes qui caractérisent l’espace urbain.
Le mur-écran a agi comme une révélation pour Frédéric », explique Yann Owens, enseignant à l’ESADHaR et co-fondateur, avec jean-Michel Géridan, de la maison d’édition Franciscopolis.
Considéré comme une création majeure dans l’histoire contemporaine du design graphique français, le polyptyque HAVRE a été récompensé par le premier prix du Concours international d’affiches du festival de Chaumont en 2012.
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Réactiver une partie du passé
Aujourd’hui disparu, Frédéric Teschner laisse une empreinte indélébile dans le monde du graphisme. Présenter le polyptyque HAVRE est l’occasion de réactiver une partie du passé :
Nous considérons cette exposition comme un prologue à Une saison graphique et nous souhaitions remettre en contexte ce travail et lui donner une nouvelle visibilité. L’idée est de favoriser le contact direct avec HAVRE pour que le public se réapproprie le sujet. C’est aussi une manière de faire du graphisme : un travail sur des sentiments, sur une certaine mélancolie capturée par le graphisme.
Interrogeant les frontières entre art et graphisme, le travail de Frédéric Teschner questionne également le rapport entre urbanisme visuel et création graphique. « Nous avons la conviction instinctive que le graphisme est l’art du XXIe siècle. » Exploration des signes, des lignes et des espaces du Havre, le polyptyque dévoile une cartographie intime de la ville, berceau d’une déambulation artistique.
Un livre, extension de ce travail, est disponible aux éditions Franciscopolis. Imaginé comme un dépliant, contenant des images détachables, il propose un nouveau découpage de la ville, de la lecture de Frédéric Teschner, où différents fragments assemblés concourent à l’unité de l’objet.
Infos pratiques :
Jusqu’au 9 mai 2018, à l’artothèque ESADHaR, 74-76 rue Paul-Doumer, au Havre.
Présentation samedi 7 avril, à 17h.
Les mercredis, jeudis et samedis, de 14h à 19h (sauf jours fériés et vacances scolaires)
Du dimanche 22 avril au mardi 8 mai, le polyptyque sera visible depuis la rue, l’artothèque étant fermée pour congés durant cette période.
Entrée libre.