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Il sauve une femme poignardée au tournevis à Rouen : « Si je n’intervenais pas, elle était morte »

Lundi 22 octobre 2018, une femme a été poignardée au tournevis par son ex-compagnon à Rouen (Seine-Maritime). L’homme qui est intervenu pour le stopper témoigne sur 76actu.

Abdellah quittait la clinique Mathilde lorsqu'il a été témoin de l'agression d'une femme par son ex-conjoint, en pleine rue à Rouen (Seine-Maritime). Il est intervenu pour stopper l'agression.

Abdellah quittait la clinique Mathilde lorsqu’il a été témoin de l’agression d’une femme par son ex-conjoint, en pleine rue à Rouen (Seine-Maritime). Il est intervenu pour stopper l’agression. (©JB / 76actu / Illustration)

« Je n’ai pas réfléchi », répète l’ambulancier qui a sauvé, lundi 22 octobre 2018, la vie d’une femme poignardée à coups de tournevis à Rouen (Seine-Maritime). En sortant de la clinique Mathilde, Abdellah a vu la scène, a quitté son véhicule en courant pour stopper l’agression « hyper violente » qui se déroulait sous les regards de badauds trop occupés à filmer pour intervenir. Pas de doute pour lui, « elle serait morte » sans son intervention.

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« C’est clair, il était décidé à la tuer »

Habitué aux interventions d’urgence, Abdellah n’a pas tout de suite saisi la gravité de la situation. « Il y a souvent des bagarres autour de la clinique Mathilde », témoigne l’ambulancier. Lundi soir, c’est le visage « très pâle » d’une dame qui l’a alerté :

Elle était au milieu de la route avec sa fille. Elle stoppait les voitures en hurlant que personne ne faisait rien.

À côté, Abdellah distingue une altercation et « un objet brillant ». Un couteau, pense-t-il.

Ni une, ni deux, l’homme a bondi hors de son ambulance. « J’ai couru sans réfléchir et je suis arrivé derrière celui qui portait les coups », revit-il. « Je l’ai attrapé et je l’ai désarmé. C’est en saisissant l’arme que j’ai vu que c’était un tournevis. » Difficilement, Abdellah a plaqué l’homme « très virulent » au sol, près d’une femme touchée trois fois. « S’il avait touché le cou, la jugulaire, si je n’intervenais pas, elle serait morte », répète-t-il à plusieurs reprises.

Au sol, « il continuait de la menacer et me disait qu’il allait me retrouver. C’est clair, il était décidé à la tuer », jure Abdellah. Ce qu’il raconte à 76actu, l’ambulancier l’a détaillé mardi 23 octobre à l’hôtel de police de Rouen où il a déposé son témoignage, nous confirme une source judiciaire. Ce déchaînement de violences s’est noué sur fond « de violences intrafamiliales » selon les policiers. L’ex compagnon accusait la femme d’avoir d’autres relations. 

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Des témoins filment sans intervenir puis frappent l’agresseur

Difficilement maîtrisé, le mis en cause a failli être lynché. Car pendant tout le temps de l’agression, un groupe d’une poignée de jeunes a assisté aux coups, téléphones en main, sans rien faire. « Ils filmaient en rigolant, ça m’a fait péter un plomb », se souvient Abdellah. Quand il a désarmé l’agresseur, les « gamins » se sont rués sur ce dernier pour « lui mettre des coups de pied au visage », selon l’ambulancier :

C’était un véritable début de lynchage. Ils ont frappé parce qu’il était au sol. Ils m’auraient frappé ensuite, sans faire de distinction…

Il a fallu l’intervention d’un « grand barbu style rugbyman » de passage à vélo pour empêcher ce regain de violences. Il a jeté sa bicyclette et « balayé » les jeunes du bras, qui ont fui. Une docteure de la clinique a porté secours à la jeune femme blessée, toujours au sol. En liaison avec le Samu, Abdellah a permis aux secouristes de faire le bilan de la victime. « Si son pronostic vital n’a pas été engagé, c’est parce que l’homme a été désarmé », juge-t-il.

Entre son bond hors de l’ambulance et l’arrivée des pompiers et de la police vers 17h20, vingt minutes se sont écoulées. « Ça m’a paru une heure », explique le héros modeste, dont le débit de parole témoigne du choc vécu. Pas de doute pour Abdellah, « il ne faut pas laisser passer ça, il faut agir. Ça peut être notre mère, notre sœur ! » 

Interpellé sur place par la brigade anti-criminalité, l’homme qui a porté les coups de tournevis était toujours en garde à vue mardi matin.