
Il aura fallu trois à quatre années de réflexion, pour mettre en place ce projet insolite. Depuis octobre 2016, des élèves du lycée Jeanne-d’Arc de Sainte-Adresse, près du Havre (Seine-Maritime) participent à la construction d’un véritable avion biplace. Un projet qui rassemble une quinzaine d’élèves aux côtés de leur professeur Jean-Claude Brunet, et des membres de l’aéro-club Jean-Maridor du Havre.
Un projet pédagogique

Enseignant en BTS électrotechnique, Jean-Claude Brunet est également pilote amateur. Pour la réalisation de son projet, il affirme avoir tout de suite reçu le soutien complet de son établissement.
Il a fallu trois à quatre ans de réflexion sur les ressources humaines, financières, avant de commander l’avion.
Le choix s’est porté sur un kit canadien Zenair 650 B, avion biplace, qui devient ainsi la propriété du lycée Jeanne-d’Arc.
Cela s’inscrit dans un projet pédagogique intitulé « Se construire en construisant », qui permet à des élèves passant le Brevet d’initiation aéronautique (BIA) et le BTS électrotechnique de voir la construction de l’avion, tout en démystifiant les métiers de l’aéronautique.
Un projet fédérateur
Depuis la rentrée, un nouveau groupe d’élèves est constitué pour la poursuite de ce chantier, en associant des étudiants en 1re année de BTS électrotechnique. Parmi eux, Alexandre, 18 ans, et Arnaud, 20 ans. Tous deux étaient pour la première fois sur le chantier, à l’aéro-club, mercredi 11 octobre 2017.
« Nous avons découvert ce projet la semaine dernière et nous étions enthousiastes », confie Arnaud. « C’est pas mal de travailler en dehors du lycée, ça coupe du quotidien », poursuit Alexandre.
Cette initiative n’est pas une première dans un lycée français. Selon le fournisseur de l’engin, Yvan Barge, de l’entreprise Barge Aviation à Nancy (Lorraine), d’autres établissements scolaires se sont lancé dans ce projet. « Il y a en quatre autres en construction en milieu scolaire. de beaux projets qui sont réalisés dans des IUT, ou des lycées techniques et professionnels. »
1 000 à 1 200 heures de travail

Pour réaliser ce projet, les élèves viennent par groupe de deux sur leur temps libre, les mercredis et samedis ou durant les vacances scolaires, mais aussi, parfois, sur les temps scolaires.
C’est un travail constant, qui nécessite de l’assiduité. Mon regret est que les élèves ne peuvent être totalement mobilisés sur ce projet, qui n’a pas pu être présenté comme une option, durant l’année scolaire.
Il faut dire que le travail est conséquent, avec une estimation faite entre 1 000 et 1200 heures de travail nécessaires à la construction de l’avion. Une nouvelle équipe d’élèves s’est formée à la rentrée de septembre, pour poursuivre le travail. L’objectif est de réaliser les premiers tests en vol en juin 2018.
D’ici là, les élèves volontaires continueront de travailler aux côtés de leur professeur, ainsi que de Gérard Lescène et d’autres bénévoles de l’aéro-club, pour conclure la réalisation de cet avion, qui sera peint en bleu et blanc, les couleurs du lycée Jeanne-d’Arc.
Un projet à 123 000 euros

L’avion sera la propriété du lycée Jeanne-d’Arc, et sera mis en flotte et exploité au sein de l’aéro-club Jean-Maridor. Compatible avec le club, il servira notamment pour l’école de pilotage, mais aussi pour permettre aux élèves du lycée passant le BIA d’effectuer quelques heures de vol.
C’est un modèle qui est approuvé par beaucoup de pilotes de l’aviation civile », commente Jean-Claude Brunet. « Une convention a été signée entre l’établissement et l’aéro-club, sur une durée de 10 ans, renouvelable.
Ce projet pédagogique représente un investissement de 123 000 euros. Il a été rendu possible grâce à l’association ASP, liée à l’enseignement privé, professionnel et d’apprentissage, et l’organisme Octalia, collecteur de la taxe d’apprentissage pour le programme « 1 000 projets ». « Le projet a été entièrement financé par ce biais », précise Jean-Claude Brunet.
Selon le calendrier fixé par l’équipe, la pose du moteur devrait se faire d’ici le début de l’année 2018, la peinture en avril ; pour une mise en flotte de l’appareil, d’ici l’été 2018.