
Zeal & Ardor est un projet du musicien américano-suisse, Manuel Gagneux, dans lequel se mêlent plusieurs styles musicaux. À découvrir sur la scène du Tetris, au Havre (Seine-Maritime).
Du metal au blues, en passant par le rock et l’electro, le groupe explore différents répertoires, s’aventurant sur une terre encore vierge et inconnue : le black metal expérimental. Le résultat ? Une musique saisissante, lourde et audacieuse. Et dire que tout est parti d’une blague… Entretien avec Manuel Gagneux.
LIRE AUSSI : Le groupe de métal Misanthrope débute sa tournée anniversaire à Rouen
Faire interagir différents répertoires musicaux
76actu : Zeal & Ardor ne ressemble à aucun autre groupe. Comment définiriez-vous votre musique ? Black expérimental ou avant-garde metal ?
Manuel Gagneux : Difficile de mettre un mot sur le projet et de définir le genre musical dans lequel je m’inscris car il est composé de diverses influences. Ce qui m’intéresse, c’est le mélange de différents sons et de pouvoir observer comment ils interagissent.
L’histoire du groupe a commencé sur une blague, dit-on. Est-ce vrai ?
Oui, tout a commencé sur 4chan, un site internet où je demandais aux internautes de me proposer des styles de musique, à partir desquels j’élaborais un morceau. Un jour, on m’a cité le black metal et la musique noire. Ce mélange des genres a été une vraie surprise, comme une révélation. Les premières chansons sonnaient mal, mais le processus était lancé.
VIDÉO. Devils is fine de Zeal & Ardor :
Métissage satanique
Vous venez de la scène metal ? Quels sont les groupes qui vous ont influencé musicalement ?
Adolescent, j’écoutais du hard. J’étais très intéressé par tout ce qui était extrême. Le metal, c’est tout un ensemble, un package : un son, du satanisme, de la révolte etc.
Zeal & Ardor est un OVNI musical, mêlant blues, spiritual, black metal et chants d’esclaves. Certains évoquent votre musique en parlant d’un « métissage satanique ».
Ma musique renoue avec une certaine forme de spiritualité. Elle est chargée d’un esprit de rébellion. Le son des chants d’esclaves traduit cette révolte et réveille le son. Je ne parlerai pas de satanisme : c’est une recherche d’une spiritualité musicale.
VIDÉO. Manuel Gagneux dans Tracks, sur ARTE :
Passion et anarchie
Manuel Gagneux et son projet musical, « Zeal & Ardor » en concert au Tetris, au Havre, le 11 décembre 2018. (©D.R.)
D’où vient le nom du groupe, Zeal & Ardor ?
Il y a une connotation chrétienne dans ces deux termes qui renvoient au pouvoir. Zeal & Ardor, c’est une façon de faire de la musique, avec passion et anarchie.
Sur scène, comment est composé le groupe ?
Nous sommes six personnes sur scène. Batterie, guitares etc. Malheureusement, nous ne sommes pas assez nombreux. Il faudrait encore plus de musiciens, d’instruments.
Sold out au Danemark et en Norvège
Vos concerts sont sold out au Danemark, en Norvège. La scène metal, dans ces pays, est très structurée : c’est une reconnaissance pour vous de jouer à guichets fermés là-bas ?
C’est une belle surprise ! Ma musique doit leur parler, je suppose.
Je fais une musique très éclectique qui peut plaire à plusieurs publics : de 16 à 60 ans, on peut avoir du plaisir à écouter Zeal & Ardor. Ce mélange des genres et des gens, c’est vraiment quelque chose que je revendique.
Infos pratiques :
Mardi 11 décembre 2018, au Tetris, Fort de Tourneville, au Havre.
Première partie : Hangman’s chair.
Billetterie en vente, ici.
Tarifs : de 13 à 17 euros.