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Interview. Myriam Muller présente son Dom Juan « bad boy », au Théâtre de Caen

Du 10 au 13 janvier 2017, le Théâtre de Caen (Calvados) accueille Myriam Muller et ses 14 comédiens. La Luxembourgeoise proposera une version très « rock » du Dom Juan de Molière.

Rendez-vous du 10 au 13 janvier 2017, au Théâtre de Caen (Calvados), pour découvrir le Dom Juan de la talentueuse Myrima Muller. (Photo : Bohumil Kostohryz)
Rendez-vous du 10 au 13 janvier 2017, au Théâtre de Caen (Calvados), pour découvrir le Dom Juan mis en scène de la talentueuse Myriam Muller. (Photo : Bohumil Kostohryz)

Habituée aux textes contemporains, Myriam Muller s’est lancée un nouveau défi en adaptant le Dom Juan de Molière, l’un des grands classiques du théâtre francophone. La comédienne et metteure en scène luxembourgeoise en propose une version résolument moderne avec un héros plus que jamais libertin et mauvais garçon.
À ne pas manquer, du 10 au 13 janvier 2017, sur la scène du Théâtre de Caen (Calvados).

Dom Juan, le reflet d’une époque décadente

Normandie-actu. Comment est née cette envie de monter Dom Juan, un des grands classiques du théâtre français ?

Myriam Muller Je suis une actrice luxembourgeoise de 45 ans, qui a fait l’essentiel de sa carrière en France, et notamment à Paris, au théâtre ou au cinéma. Je suis retournée m’installer à Luxembourg depuis, mais j’ai conservé cette sensibilité francophone. Après avoir fait beaucoup de pièces contemporaines, mon producteur m’a suggéré de passer à un classique. Mais faire une sorte de radiothérapie historique du XVIe siècle ne m’intéressait pas vraiment ; c’est très intéressant, mais ce n’est pas du théâtre vivant. Heureusement, le génie de Molière permet d’éviter cet écueil. Ses œuvres sont drôles, touchantes et émouvantes, et fonctionnent toujours aussi bien. C’est particulièrement vrai pour Dom Juan, une pièce plusieurs fois centenaire mais encore très actuelle. Elle s’adapte parfaitement à notre époque décadente, et notamment à cette jeunesse dorée qui se croit tout permis et qui n’a plus aucune vision d’avenir.

Normandie-actu. Vous avez déclaré récemment « qu’il y a autant de Dom Juan que de metteur en scène ». Comment est le vôtre ?
Myriam Muller On connaît tellement ce personnage entré dans le langage courant, qu’on en oublie de lire ce que Molière a écrit. J’ai donc essayé de me poser la question : qui est Dom Juan aujourd’hui ? Pour moi, c’est un voyou, un bad boy, un « fils de… » Un bourgeois dont la caste lui assure toute impunité, car il y aura toujours papa ou maman pour le sortir du pétrin dans lequel il s’est mis. Il vit au crochet de sa famille et de ses créanciers, n’a pas de travail, mais s’autorise beaucoup de choses car son milieu social le lui permet.

La bande-annonce de Dom Juan :

Cliquez ici pour voir la vidéo embarqué

« Il ne faut pas être trop révérencieux »

Normandie-actu. C’est aussi quelqu’un de très intelligent…

Myriam Muller Oui, il est très intelligent, mais clairement désabusé par ce qui l’entoure. Il me fait penser au personnage de Mademoiselle Julie, de Strindberg : quelqu’un qui court à sa propre perte, car ça ne peut plus continuer comme ça. Il sait se servir de ses origines, mais fustige en permanence son monde, maîtrisant l’art de la transgression comme personne. Dans un sens, il est lucide sur sa condition, mais ses provocations vont le conduire à sa chute.

Normandie-actu. Il va même jusqu’à tuer !

Myriam Muller Oui, le Commandeur. C’est ce que m’intéressait vraiment dans cette pièce. Un homme qui couche avec des femmes et les quittent le lendemain, ce n’est pas bien, mais ce n’est pas grave non plus. Mais un homme qui en tue un autre et qui croit pouvoir s’en sortir car il est issu de la haute société, c’est autre chose. On est presque dans le cinéma de Martin Scorcese où les idées de la transgression et de rédemption se côtoient régulièrement.

Normandie-actu. Un mot sur votre mise en scène…

Myriam Muller J’ai choisi de transposer l’histoire de Molière au XXIe siècle. L’action se situe essentiellement dans un loft, qui pourrait tout aussi bien être une boîte de nuit. En France, les chefs d’œuvre du répertoire sont vus comme des pièces de musée. En Allemagne ou aux Pays-Bas, on hésite moins à les dépoussiérer. À mes yeux, il ne faut pas être trop révérencieux vis-à-vis d’une œuvre ou en tomber amoureux. Les grands classiques en costumes, c’est très beau, mais cette pièce est tellement actuelle que j’ai souhaité habiller les comédiens à la mode d’aujourd’hui. C’est aussi une façon de toucher le jeune public, qui se reconnaîtra plus dans ces personnages.

Infos pratiques :
Du 10 au 13 janvier 2017, à 20h, au Théâtre de Caen, 135 boulevard Leclerc, à Caen (Calvados).
Tél : 02 31 30 48 00. Tarifs : 8 à 26 euros.

Interview. Myriam Muller présente son Dom Juan « bad boy », au Théâtre de Caen

Du 10 au 13 janvier 2017, le Théâtre de Caen (Calvados) accueille Myriam Muller et ses 14 comédiens. La Luxembourgeoise proposera une version très « rock » du Dom Juan de Molière.

Rendez-vous du 10 au 13 janvier 2017, au Théâtre de Caen (Calvados), pour découvrir le Dom Juan de la talentueuse Myrima Muller. (Photo : Bohumil Kostohryz)
Rendez-vous du 10 au 13 janvier 2017, au Théâtre de Caen (Calvados), pour découvrir le Dom Juan mis en scène de la talentueuse Myriam Muller. (Photo : Bohumil Kostohryz)

Habituée aux textes contemporains, Myriam Muller s’est lancée un nouveau défi en adaptant le Dom Juan de Molière, l’un des grands classiques du théâtre francophone. La comédienne et metteure en scène luxembourgeoise en propose une version résolument moderne avec un héros plus que jamais libertin et mauvais garçon.
À ne pas manquer, du 10 au 13 janvier 2017, sur la scène du Théâtre de Caen (Calvados).

Dom Juan, le reflet d’une époque décadente

Normandie-actu. Comment est née cette envie de monter Dom Juan, un des grands classiques du théâtre français ?

Myriam Muller Je suis une actrice luxembourgeoise de 45 ans, qui a fait l’essentiel de sa carrière en France, et notamment à Paris, au théâtre ou au cinéma. Je suis retournée m’installer à Luxembourg depuis, mais j’ai conservé cette sensibilité francophone. Après avoir fait beaucoup de pièces contemporaines, mon producteur m’a suggéré de passer à un classique. Mais faire une sorte de radiothérapie historique du XVIe siècle ne m’intéressait pas vraiment ; c’est très intéressant, mais ce n’est pas du théâtre vivant. Heureusement, le génie de Molière permet d’éviter cet écueil. Ses œuvres sont drôles, touchantes et émouvantes, et fonctionnent toujours aussi bien. C’est particulièrement vrai pour Dom Juan, une pièce plusieurs fois centenaire mais encore très actuelle. Elle s’adapte parfaitement à notre époque décadente, et notamment à cette jeunesse dorée qui se croit tout permis et qui n’a plus aucune vision d’avenir.

Normandie-actu. Vous avez déclaré récemment « qu’il y a autant de Dom Juan que de metteur en scène ». Comment est le vôtre ?
Myriam Muller On connaît tellement ce personnage entré dans le langage courant, qu’on en oublie de lire ce que Molière a écrit. J’ai donc essayé de me poser la question : qui est Dom Juan aujourd’hui ? Pour moi, c’est un voyou, un bad boy, un « fils de… » Un bourgeois dont la caste lui assure toute impunité, car il y aura toujours papa ou maman pour le sortir du pétrin dans lequel il s’est mis. Il vit au crochet de sa famille et de ses créanciers, n’a pas de travail, mais s’autorise beaucoup de choses car son milieu social le lui permet.

La bande-annonce de Dom Juan :

Cliquez ici pour voir la vidéo embarqué

« Il ne faut pas être trop révérencieux »

Normandie-actu. C’est aussi quelqu’un de très intelligent…

Myriam Muller Oui, il est très intelligent, mais clairement désabusé par ce qui l’entoure. Il me fait penser au personnage de Mademoiselle Julie, de Strindberg : quelqu’un qui court à sa propre perte, car ça ne peut plus continuer comme ça. Il sait se servir de ses origines, mais fustige en permanence son monde, maîtrisant l’art de la transgression comme personne. Dans un sens, il est lucide sur sa condition, mais ses provocations vont le conduire à sa chute.

Normandie-actu. Il va même jusqu’à tuer !

Myriam Muller Oui, le Commandeur. C’est ce que m’intéressait vraiment dans cette pièce. Un homme qui couche avec des femmes et les quittent le lendemain, ce n’est pas bien, mais ce n’est pas grave non plus. Mais un homme qui en tue un autre et qui croit pouvoir s’en sortir car il est issu de la haute société, c’est autre chose. On est presque dans le cinéma de Martin Scorcese où les idées de la transgression et de rédemption se côtoient régulièrement.

Normandie-actu. Un mot sur votre mise en scène…

Myriam Muller J’ai choisi de transposer l’histoire de Molière au XXIe siècle. L’action se situe essentiellement dans un loft, qui pourrait tout aussi bien être une boîte de nuit. En France, les chefs d’œuvre du répertoire sont vus comme des pièces de musée. En Allemagne ou aux Pays-Bas, on hésite moins à les dépoussiérer. À mes yeux, il ne faut pas être trop révérencieux vis-à-vis d’une œuvre ou en tomber amoureux. Les grands classiques en costumes, c’est très beau, mais cette pièce est tellement actuelle que j’ai souhaité habiller les comédiens à la mode d’aujourd’hui. C’est aussi une façon de toucher le jeune public, qui se reconnaîtra plus dans ces personnages.

Infos pratiques :
Du 10 au 13 janvier 2017, à 20h, au Théâtre de Caen, 135 boulevard Leclerc, à Caen (Calvados).
Tél : 02 31 30 48 00. Tarifs : 8 à 26 euros.