Pour la journée mondiale du cancer, samedi 4 février 2017, Unicancer, la fédération qui réunit l’ensemble des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), dont le Centre François Baclesse, à Caen (Calvados), adresse aux candidats à l’élection présidentielle ses propositions pour faire avancer la lutte contre le cancer en France au cours du prochain quinquennat.
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À ce jour, le cancer joue un rôle de figurant dans la campagne présidentielle, constate Unicancer dans un communiqué. Or, première cause de mortalité en France, le cancer n’est pas une maladie comme les autres et doit à ce titre être une priorité du prochain Gouvernement.
Le Centre François Baclesse, qu’est-ce que c’est ?
C’est le centre de lutte contre le cancer de l’ex-Basse-Normandie (Calvados, Manche, Orne). Établissement de santé privé d’intérêt collectif (ESPIC), le Centre François Baclesse consacre la totalité de son activité de soins au diagnostic et au traitement des cancers. Il assure également une mission de recherche et d’enseignement en cancérologie.
Acteur de service public hospitalier, il ne pratique ni secteur privé, ni dépassement d’honoraires et applique uniquement des tarifs conventionnels. D’utilité publique, il peut recevoir des dons et des legs, en toute exonération fiscale.
Le Centre François Baclesse en chiffres : 926 salariés, dont 113 médecins et personnels scientifiques, 191 lits, 25 500 patients pris en charge, dont 6 700 nouveaux patients, 59 000 consultations, 3 400 passages au bloc, 24 000 entrées en hospitalisation dont 15 500 séances de chimiothérapie, 56 700 séances de radiothérapie.
60 propositions
Les CLCC font 60 propositions aux candidats à la présidence. Elles sont consultables sur le site web dédié prioritescancer.unicancer.fr et tout au long de la campagne sur le compte Twitter d’Unicancer.
#PrioritésCancer2017 Des réponses fiables, validées, faciles à trouver aux questions que pose le cancer#MoiPatient
►https://t.co/pTmOJeWLL5 pic.twitter.com/GizqxgqBKQ— UNICANCER (@GroupeUNICANCER) 3 février 2017
Ces solutions sont issues d’une concertation avec des patients, des professionnels des CLCC et des experts.
Les propositions intègrent également les principales tendances d’évolution de la cancérologie identifiées par les trois études prospectives réalisées par Unicancer en 2013, 2015 et 2016 auprès de plus d’une centaine d’experts issus des CLCC, des CHU et d’établissements de santé internationaux et qui ont notamment été reprises dans le dernier plan cancer.
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Ces études analysent les principales évolutions pour les dix prochaines années dans les soins telles que l’augmentation de la chirurgie ambulatoire ou le développement de l’immunothérapie, mais également des tendances sociétales et organisationnelles telles que le renforcement du rôle du patient et la progression de la e‐santé.
Continuer une politique volontaire
Ces dernières années, des progrès importants dans la lutte contre le cancer ont été accomplis en France, fruits d’une politique volontaire concrétisée par les plans cancer successifs et une agence de santé dédiée : l’Institut national du cancer (INCa). Cependant, rien n’est acquis de manière définitive.
La cancérologie est en pleine mutation, assure le professeur Patrice Viens, président d’Unicancer. Le prochain président sera confronté aux défis posés par le raccourcissement des hospitalisations qui augmente les besoins de coordination entre tous les acteurs de la santé, le coût croissant des traitements innovants, le renforcement du rôle des patients, l’émergence des big data.
« Pour garantir à tous les Français une prise en charge de qualité, il est indispensable que la lutte contre le cancer reste une priorité nationale de santé publique au cours du prochain quinquennat », ajoute-t-il.
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Les dix propositions-clefs d’Unicancer
- 1. Garantir une prise en charge des malades atteints d’un cancer sans aucun dépassement d’honoraires dans tous les établissements de santé ayant une activité de cancérologie.
- 2. Lancer un nouveau Plan cancer au cours de la prochaine mandature présidentielle.
- 3. Maintenir la reconnaissance par l’État de la spécificité des Centres de lutte contre le cancer (CLCC) : terrains privilégiés pour l’expérimentation et la diffusion de l’innovation en cancérologie bénéficiant à tous, les CLCC sont des établissements de santé privés à but non lucratif et à mission de service public, exclusivement dédiés aux soins, à la recherche et à l’enseignement en cancérologie.
- 4. Mieux financer l’innovation aussi bien médicale, qu’organisationnelle. Celle‐ci doit être le moteur du système de santé français.
- 5. Donner aux établissements de référence en cancérologie tels que les Centres de lutte contre le cancer les moyens de coordonner le parcours de soins des malades de moins en moins hospitalisés.
- 6. Profiter des opportunités créées par la e‐santé pour rendre les patients acteurs de leur parcours de soins.
- 7. Garantir la pérennité des sites de recherche intégrés sur le cancer (SIRIC).
- 8. Contractualiser un financement structurel des centres experts et de recours afin qu’ils puissent développer une recherche clinique académique.
- 9. Répondre à l’enjeu majeur que représente la constitution de grandes bases de données de santé (big data santé).
- 10. Accompagner l’émergence de nouveaux métiers en cancérologie en s’appuyant sur le développement des pratiques avancées.