Samedi 24 novembre 2018, la majeure partie des barrages sont à proximité des centres-commerciaux en Seine-Maritime. La nuit a été particulièrement agitée à Barentin, Fécamp et Tourville-la-Rivière. (©Archvies RT/76actu)
Des interpellations ont eu lieu à proximité de Rouen sur des zones de barrages filtrants de Gilets jaunes dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 novembre 2018. La préfecture de Seine-Maritime précise que ces interpellations en majorité ne sont pas le fait des Gilets jaunes mais de « jeunes délinquants, souvent sous l’effet de l’alcool qui mettent des gilets jaunes durant la nuit et causent de nombreux troubles. »
« Barentin : la nuit ça part en vrille »
Benoît Lemaire, directeur de cabinet de la préfète de Seine-Maritime ne mâche pas ses mots au moment de faire le point sur ce début de matinée et acte 2 de la mobilisation des Gilets jaunes en Seine-Maritime.
La mobilisation est concentrée sur les centres-commerciaux ce matin, comme cela avait été annoncé. Nous intervenons s’il y a blocage. C’est ce que nous avons fait ce matin à Tourville-la-Rivière. Cela se passe plutôt bien pour le moment, car la majorité des barrages sont filtrants. Mais, nous avons eu une nuit marquée par des interpellations. À Barentin, la nuit, ça part en vrille, soutient Benoît Lemaire.
Ce dernier indique : « C’est au moment où les Gilets jaunes quittent les lieux que des jeunes investissent les zones de barrage. Ils mettent des gilets jaunes et causent des troubles. Nous sommes donc obligés d’intervenir. »
Jets de pierre, insultes, « Ces délinquants tentent d’imposer leur loi. »
Barentin n’a pas été l’unique point d’intervention des forces de l’ordre durant la nuit : « À Fécamp, Saint-Léonard, la situation a également été compliquée, ainsi qu’à Tourville-la-Rivière. Les Gilets jaunes se sont retrouvés submergés par des délinquants qui ont tenté de s’imposer. » L’intervention à Fécamp s’est clôturée vers 11h.
47 interpellations et 28 blessés
Depuis samedi 17 novembre, 47 interpellations ont eu lieu, dont quatre durant la nuit du vendredi 23 au samedi 24 novembre 2018 : « 33 en zone police et 14 en zone gendarmerie et 28 blessés légers ont été constatés. »
Le directeur de cabinet indiquait à cette même heure qu’une intervention n’était pas exclure en fin de matinée à Barentin justement : « On note des énervements de la part des employés et clients du centre-commercial, nous sommes donc très vigilants. »
Un escadron de gendarmerie mobile est arrivé en renfort.
Participation moindre que la semaine dernière
Benoît Lemaire ne veut pas donner de chiffres quant à la participation, il indique seulement : « Elle est moindre que celle de samedi dernier, on a environ deux tiers du chiffre global (ndlr La participation avait été évaluée à 10 000 au plus fort du mouvement) mais elle est en hausse par rapport à celle dans la semaine. » Selon lui, peu de Gilets jaunes sont partis ce matin en direction de Paris.
À noter que sur Rouen, ce samedi un autre mouvement social est venu s’ajouter à celui des Gilets jaunes : les Gilets rouges.
Il s’agit de la CGT des portuaires qui depuis 8h, rend difficile la circulation au niveau du boulevard maritime et donc rive droite à Rouen. Le mouvement qui porte sur les négociations salariales mais aussi sur des questionnements quant à l’avenir des ports devrait s’achever vers 16h, explique Benoît Lemaire.
À noter que ce samedi, la circulation est fluide sur le pont de Normandie et « sur les autres ponts : Brotonne et Tancarville, on a des barrages filtrants mais qui n’engendrent pas de grosses difficultés. »