
Vidéo à l’appui, l’Union des usagers du Paris-Cherbourg a voulu soulever une nouvelle problématique au sujet des portiques anti-fraude installés par la Région Normandie dans la gare Saint-Lazare, à Paris. Ils seraient dangereux en raison de leur empiétement sur la dalle de la gare. Notamment aux heures de forte affluence, quand les voyageurs embarqués par la SNCF courent et se bousculent dans l’espoir de prendre leur train.
Depuis le 21 décembre 2017, ces portiques sont installés entre les voies 22 et 24, obligeant le voyageur à présenter son ticket pour accéder à son train. Anti-fraude, ces portiques financés par la Région Normandie, ont été inactifs pendant plusieurs semaines. Cela a suscité la colère d’usagers au vu de leur prix – 1,44 million d’euros – et surtout du message envoyé, poétisé par un voyageur : « D’abord les fraudeurs, ensuite les trains à l’heure. »
« Ils sont dangereux, il y a des mouvements de foule »
Une rime enrichie par Nicole Grof, présidente de l’Union des usagers du Paris-Cherbourg (UDUPC) : « Pour que les portiques soient utiles, il faut que tout fonctionne correctement, que les trains soient à l’heure. » Depuis le début de l’année 2018, la ligne Paris-Cherbourg accuse plus de 200 heures de retard.
Et ce problème global est en lien direct avec le nouveau fer de lance de l’association contre les portiques :
Ils sont dangereux. Il y a des mouvements de foule à l’annonce des voies. Quand un train est supprimé, il y a une masse qui se déplace et les portiques font entonnoir.
Parce qu’ils « empiètent sur l’espace » commun au lieu d’être « en entrée de quais », ces derniers « compliquent la circulation des passagers », selon Nicole Grof. Une situation mise en image par une vidéo, tournée le « jour de la neige », mardi 6 février. Diffusée par l’UDUPC, elle montre un nombre conséquent de passagers voulant franchir les automates ouverts, certains se bousculant.
VIDÉO. La cohue filmée par l’UDUPC mardi 6 février en gare de Paris Saint-Lazare :
« Les gens ne s’occupent pas de la petite mamie avec sa valise »
« Quand il y a du retard, les gens sont agglutinés puis courent pour avoir une place assise et ne s’occupent pas de la petite mamie avec sa valise », affirme Nicole Grof, « c’est l’anarchie ». Ce qui lui a « fait peur » et lui fait craindre « le jour où quelqu’un va tomber ». En plus d’un individualisme à toute épreuve, ce problème est organisationnel.
« Cela se passe quand des gens attendent de connaître leur voie au niveau du quai 18 et doivent aller au 27 », explique Nicole Grof. Elle avance une solution : « Il faudrait que tous les trains vers la Normandie partent des mêmes voies. »
« Aucune alerte particulière » sur la sécurité, selon la SNCF et la Région
Une solution déjà évoquée par la SNCF, auprès de Normandie-actu, qui rappelle être « en phase d’observation » :
À terme, les voies 25 et 26 auront des portiques, comme les 23 et 24. Aujourd’hui, vu le nombre de trains et les contraintes d’exploitation, ils peuvent encore partir d’autres voies.
Et à terme, tous les trains partiront peut-être à l’heure, remplis d’usagers qui ne mettent pas de coups de coude à leurs congénères dans l’unique but d’avoir une place assise.
Pour l’instant, il n’y a pas eu « d’incident ou de sujet de sécurité sur ces portiques remonté par nos équipes d’escale », affirme la SNCF. Tout comme la Région qui n’a reçu « aucune alerte particulière » . La SNCF l’assure : « Nous restons néanmoins très vigilants avec nos équipes sur ce point lors des phases d’embarquement. »