
Les raffineries, notamment celles de Total à Gonfreville L’Orcher et celle d’Exxon Mobil à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime), seront-elles à l’arrêt, comme ce fût le cas en mai 2016 ? La question taraude les esprits.
En effet, la CGT Pétrole souhaite protéger la convention collective de la branche avant l’application des ordonnances Macron, à l’instar des dockers, qui, la semaine dernière, se sont mobilisés pour défendre leur droit, et ont obtenu gain de cause.
Une action, le 7 novembre ?
Dans une lettre envoyée à l’UFIP (Union française des industries pétrolières) lundi 16 octobre 2017, la Fédération nationale des industries chimiques (FNIC-CGT) joue carte sur table et « entend faire valoir les intérêts des salariés de la branche en exigeant l’ouverture d’une négociation immédiate en présence du Ministère du Travail ».
Si, lundi 23 octobre 2017, le gouvernement n’ouvre pas la porte des discussions, la CGT Pétrole, se réunira avec FO et CFE-CGC dès le lendemain pour envisager un « processus » de mobilisation, explique Thierry Defresne, délégué central CGT pour le raffinage pétrochimie de Total. La date du 7 novembre pourrait être arrêtée pour une action interprofessionnelle.
À l’échelle nationale, les syndicats du pétrole se réuniront en assemblée générale à Montreuil, près de Paris, le 25 octobre pour établir un calendrier.
Mobiliser les troupes
Mais pour l’heure, rien n’est acté. Le délégué central CGT précise :
Nous ne voulons pas à tout prix établir un rapport de force, mais une semaine de réflexion, c’est suffisant.
Enthousiasmée par la réussite des dockers, la CGT ne semble pas vouloir baisser les bras. Reste à convaincre les salariés de la nécessité de protéger leur convention collective : « Nous avons distribué un tract aujourd’hui leur rappelant les principaux points de la convention collective, et en quoi la mobilisation interprofessionnelle est importante. »
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À noter que la raffinerie Total de Gonfreville L’Orcher est la plus importante de France, aussi bien au niveau de la production que de l’effectif (environ 1700 salariés).
« Un socle de garantie pour les salariés »
Pour Emmanuel Lépine, secrétaire général de la FNIC-CGT, » la convention collective Pétrole reste un socle de garantie pour les salariés dont ne ne pouvons nous passer ».
Trois points de ces accords, doivent, selon la CGT, être préservés :
- les éléments salariaux (prime d’ancienneté, prime de quart, etc…);
- la retraite anticipée pouvant aller jusqu’à quatre ans;
- le maintien du CHSCT au regard de la « dangerosité » du site.
Ces ordonnances, (qui seront de nouveau examinées par le Parlement au cours de la semaine du 20 novembre 2017 en vue d’une possible ratification), favoriseraient, selon le secrétaire général, « un dumping social ».
Les ordonnances, c’est quoi ?
Les cinq ordonnances, signées par Emmanuel Macron le 22 septembre, vise à réformer le Code du travail. Elles ont été publiées au Journal officiel le 23 septembre. « Elles consacrent un engagement de campagne important et une réforme en profondeur, inédite, du marché du travail, indispensable à notre économie et à notre société », a précisé le chef de l’Etat, précisent nos confrères du Monde. Ces ordonnances contiennent 36 mesures, parmi lesquelles on retrouve (entre autres) :
– de nouvelles règles de négociation dans les entreprises de moins de 20 et 50 salariés;
– la barémisation des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif;
– la fusion des instances représentatives du personnel en un « comité social et économique » ;
– la rénovation du droit au télétravail ;
– l’augmentation de 25% des indemnités légales de licenciement ;
– de nouvelles compétences pour les branches en matière de gestion et de qualité de l’emploi ;
– de nouvelles garanties pour les syndicats et les élus du personnel ;
– la transformation du compte prévention pénibilité en un compte professionnel de prévention.