
Scanner une carte d’identité à l’aide d’un smartphone, géolocaliser les patrouilles et les événements en cours en temps réel et pourquoi pas, un jour, utiliser la reconnaissance faciale pour identifier des suspects ? Pas de doute, à l’ère du numérique, policiers et gendarmes veulent gagner en modernité et en efficacité.
Les forces de l’ordre équipées d’ici la fin de l’année
C’est en tout cas l’objet du dispositif NéoGend, déployé peu à peu sur le territoire français. Objectif : équiper, d’ici la fin de l’année 2017, l’ensemble des gendarmes et policiers d’un smartphone muni de ce nouveau système informatique.
En Normandie, des milliers de gendarmes et policiers seront équipés du dispositif, dont le déploiement doit commencer début octobre. « Nous devons recevoir téléphones, cartes Sim et micro-SD avec des éléments chiffrant avant le 5 octobre. Nous commencerons alors la formation des militaires à raison de 40 gendarmes par jour », précise le lieutenant-colonel Garat, en charge du déploiement de NéoGend pour la gendarmerie.
[NEOGEND] pour notre groupement, nous avions déjà la tablette collective depuis un an et cette semaine débute le dé…
Publié par Gendarmerie de la Manche sur samedi 30 septembre 2017
Des applications développées pour les forces de l’ordre
À l’intérieur de ces téléphones, une multitude d’applications développées spécialement pour les forces de l’ordre. Une sorte de bureau étendu destiné à permettre aux gendarmes et policiers d’accéder à tous leurs outils directement sur le terrain. Tout ce qui est enregistré dans le téléphone est ensuite automatiquement disponible sur ordinateur. La police et la gendarmerie à l’ère du télé-travail, en somme.
D’un simple clic, une patrouille pourra ainsi ouvrir l’application Opération tranquillité vacances et repérer, grâce à la géolocalisation, les habitations les plus proches inscrites au dispositif. En passant devant chaque maison ou appartement, gendarmes et policiers pourront laisser un commentaire et/ou prévenir les propriétaires de leur passage.
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De même, lorsque les autorités souhaiteront contrôler l’intégralité des passagers d’un bus, elles n’auront plus besoin de récupérer toutes les cartes d’identité et passeports des passagers pour ensuite les transmettre. Il suffira de photographier les documents d’identité à l’aide du smartphone.
« Tandis qu’il fallait 2h30 pour contrôler un bus auparavant, il nous suffira de 20 minutes avec ce dispositif », se réjouit ainsi le lieutenant-colonel Michaël Fumery, en charge de la mission numérique de la gendarmerie.
Parmi les autres applications disponibles, l’une est notamment dédiée aux interventions ferroviaires tandis qu’une autre offre une messagerie sécurisée.
Des smartphones « entièrement cryptés et sécurisés »
La sécurité justement, est au coeur du dispositif. Si les smartphones sont loués à Sony et Samsung, et les abonnements souscrits auprès d’Orange, les forces de l’ordre restent néanmoins maîtres des contenus et seront, la plupart du temps, branchées sur leur réseau interne.
Le système d’exploitation est entièrement crypté et sécurisé. « Et si un téléphone était perdu, nous pouvons tout simplement le désactiver. » Sans son gendarme ou policier attitré, le terminal « n’a aucune valeur autre que financière », précise-t-on du côté de la mission numérique.
Coût total du dispositif : plusieurs dizaines de millions d’euros, dont 51 millions d’euros rien que pour la gendarmerie, sur trois ans.
Une fois le dispositif mis en place sur l’ensemble du territoire et les policiers et gendarmes formés, d’autres applications pourraient être développées. Reconnaissance faciale, lecteur d’empreintes ou prévention de crime à la Minority Report ? « La seule limite, c’est notre imagination », conclut Mickaël Fumery…