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Nouvelle grève au lycée des Bruyères, près de Rouen : « Nous sommes excédés »

Après une rentrée minée par des problèmes administratifs, des professeurs du lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen ont déclenché un mouvement de grève, le 17 septembre 2018.

Une cinquantaine d'enseignants du lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) se sont mis en grève. Ils dénoncent une rentrée chaotique.

Une cinquantaine d’enseignants du lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) se sont mis en grève, lundi 17 septembre 2018. Ils dénoncent une rentrée chaotique. (©RT / 76actu)

La rentrée scolaire a été très compliquée, pour les professeurs et les 1 200 élèves du lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime). Alors qu’une semaine d’intégration avait été initiée pour la première fois faisant penser à une amélioration, des problèmes d’emplois du temps ont mis toute la machine pédagogique sens dessus dessous. Une cinquantaine d’enseignants a décidé de se mettre en grève, lundi 17 septembre 2018. Ils réclament le départ de la proviseure.

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« Des emplois du temps chaotiques »

Les premières crispations des professeurs datent de la pré-rentrée, début septembre, quand ils ont découvert les emplois du temps. La plupart ne respectaient pas les vœux énoncés par les enseignants et les élèves. « On nous a demandé d’attendre et dit que tout cela allait s’arranger sous 15 jours », explique Stéphane Abraham, professeur d’anglais, gréviste. Une nouvelle mouture a en effet été proposée par la direction de l’établissement, vendredi 14 septembre. « Les professeurs ont reçu leurs emplois du temps vendredi à 20h. On a attendu et on a repris le travail dans des conditions délirantes », dénonce Stéphane Abraham, militant Force ouvrière (FO).

Nouveau coup dur : des lycéens ont vu leurs options s’envoler. « Je devais avoir trois options : arts plastiques, art visuel et euro anglais. Ils m’ont supprimé les arts plastiques, alors que je suis venue exprès dans ce lycée pour cette option », raconte Lilou, élève de seconde, dépitée. « Nos nouveaux emplois du temps sont chaotiques. Nous avons des trous partout. Parfois, nous n’avons que 30 minutes pour manger », peste Mathis, en seconde également.

Constatant que les « dysfonctionnements persistaient », la grève a été actée en assemblée générale, lundi matin. La moitié des enseignants de l’établissement a pris part au mouvement.

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Des élèves de secondes montrent leur nouvel emplois du temps, « avec des trous partout ».

Des élèves de secondes montrent leur nouvel emploi du temps, « avec des trous partout ». (©RT / 76actu)

« Ça a fait entonnoir »

« Nous sommes excédés et lassés de ce manque de réactivité », s’insurgent les grévistes, dénonçant « une réponse pas adaptée à la gravité de la situation et à notre mission de service public ». Un cri de douleur entendu par le rectorat. Une délégation a été reçue lundi.

Depuis la rentrée, deux inspecteurs pédagogiques « travaillent en solidarité » avec la direction afin « d’établir un diagnostic et proposer des solutions », indique le rectorat :

Il y a eu des petits soucis dû aux emplois du temps. Dans ce lycée, la proviseure n’a pas contraint les élèves à faire un choix d’options.

Nicole Cotin, la cheffe d’établissement, reconnaît « [son] erreur » : 

Ma volonté était d’offrir une large offre d’options, comme nous sommes spécialisés dans les langues et les arts… Ça a fait entonnoir.

« Techniquement, la multiplication des couplages d’emplois du temps n’était pas possible », reconnaît la proviseure adjointe, Christine Vignerot, qui a repensé les nouveaux plannings, à peine sa prise de fonction effective, le 3 septembre. Le choix a été fait de « démarrer l’année sans les options » en attendant les nouveaux emplois du temps. « Ceux-là sont définitifs », assurent Christine Vignerot qui aimerait voir les enseignants reprendre le chemin des classes : « On a fait au mieux. Il faut maintenant avancer ensemble. »

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« Avoir ma tête ne changera rien »

Devant « l’incapacité de la direction à assurer les bonnes conditions de travail », les grévistes demandent la démission de leur proviseure. « Ça ne fait jamais plaisir et c’est assez affligeant. Mais avoir ma tête ne changera rien », rétorque Nicole Cotin. Une démission ou mutation est-elle possible ? « C’est hors de question », tranche le rectorat sans hésitation.

« Tout le monde aurait préféré une autre rentrée », reconnaît Christine Vignerot, proviseure-adjointe, qui n’apprécie guère de voir encore une fois le lycée des Bruyères montré du doigt.

En décembre 2017, les professeurs avaient appliqué leur droit de retrait, en réaction à un échange violent entre un professeur et un élève. Ils avaient également dénoncé leur atmosphère de travail et les arrêts maladie récurrents, dont celui de l’ancienne proviseure adjointe. Pour répondre à la crise, un adjoint avait été nommé pour la remplacer. À sa charge était la réalisation des emplois du temps des professeurs et des élèves. Or, il a quitté sa mission en juin, trop tôt pour affiner son travail. L’Éducation nationale assure que le recteur Denis Rolland « suit cette situation de très près ».

Simon Louvet et Raphaël Tual