une première journée de mobilisation avait eu lieu le 3 octobre 2018, devant l’Ehpad de Dollemard. (©V.G./76actu)
Nouvelle journée de grève dans les Établissements d’hébergements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) du Havre (Seine-Maritime). Jeudi 18 octobre 2018, le personnel sera dans la rue pour dénoncer les conditions de travail dans les différentes structures havraises et demander un renfort des effectifs, notamment en aides-soignants.
Opération escargot
À l’appel du syndicat CGT, le personnel soignant de l’hôpital sera en grève toute la journée du 18 octobre. Dès 7h, un filtrage de la circulation et des distributions de tracts seront organisés le long de l’avenue du 329e-R.I., à hauteur de la résidence Pasteur, près du Fort de Tourneville.
Nous organiserons ensuite un cortège pour une opération escargot en direction de l’union locale de la CGT, pour tenir une assemblée générale, précise Tatiana Dubuc, secrétaire générale CGT des Ehpad publics Les escales, au Havre.
Le cortège apportera également son soutien au rassemblement des retraités, devant la sous-préfecture, à partir de 10h30. Objectif de cette mobilisation : informer le public sur les conditions de travail dans les Ehpad et demander plus de moyens humains.
Du personnel soignant en sous-effectif
Pour Tatiana Dubuc, il s’agit avant tout de signaler le manque de personnels parmi les aides-soignants et des conditions de travail difficiles.
Les aides-soignants sont en souffrance physique et morale. Cela fait un moment que cette situation dure, mais le déménagement dans les nouveaux établissements de Dollemard et de Caucriauville a été comme un élément déclencheur.
Quelques semaines après la tenue d’un CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) extraordinaire, cette dernière rappelle que l’état de souffrance du personnel soignant a entraîné la mise en place d’une cellule psychologique ainsi que l’ouverture d’une ligne téléphonique, pour le personnel en souffrance. « Mais cela ne suffit pas et ne règle pas le problème d’organisation ». Entre 70 et 80 signalements de dysfonctionnement ont également été référencés.
Selon elle, une cinquantaine d’équivalents temps supplémentaires serait nécessaire pour l’organisation du personnel et assurer les services et la sécurité dans les différents établissements des Escales.
On nous propose des renforts qui sont encore insuffisants, les recrutements sont insuffisants et souvent, les nouveaux ne restent pas longtemps. C’est un signe que quelque chose ne va pas.
Des renforts dans les établissements
Pour Grégory Martin, directeur des Ehpad Les escales, cette nouvelle journée de grève rejoint un mouvement national et avance des revendications « auxquelles je ne peux techniquement pas répondre ».
50 équivalents temps plein à recruter, ce n’est pas possible. Cela entraînerait une augmentation du coût de prise en charge à la journée pour le résident. C’est une décision qui doit se prendre à un niveau plus haut, si une réforme est menée sur l’accompagnement des personnes âgées et la place des personnes âgées dans notre société.
Le directeur entend les attentes de son personnel et des moyens techniques demandés à la suite des déménagements de plusieurs de ses établissements. « On est à l’écoute et les choses avancent. Des renforts ont été engagés sur les différents sites en fonction des besoins, le temps d’évaluer s’il y a des problèmes d’organisation sur les différents sites, avec le CHSCT. »
Pour cette journée de grève, des assignations seront envisageables, « uniquement sur les métiers sensibles de soignants », en fonction du nombre de grévistes dans les établissements. « Nous n’aurons recours aux assignations qu’en cas de besoin dans ce domaine. »