
Le spectacle de danse, DeSacre !, de Christine Gaigg, programmé mardi 16 et mercredi 17 mai 2017 dans l’église Notre-Dame-de-la-Gloriette, située sur la place de la République, à Caen (Calvados), crée la polémique et soulève des inquiétudes auprès du diocèse de Bayeux et Lisieux.
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Ce spectacle mêle des danses extraites du Sacre du Printemps de Vaslav Nijinski sur la musique d’Igor Stravinsky et la danse punk rituelle du groupe féministe Pussy Riot du 12 février 2012.
Ce spectacle « insulte la religion catholique »
C’est le réseau catholique intégriste Riposte Catholique, qui a alerté le père Berthout, le prêtre du diocèse de Bayeux-Lisieux.
Selon eux, ce spectacle « insulte la religion catholique ». Ils rappellent également que cette église n’est pas « désacralisée ».
Le Parti de France annonce même, de manière assez violente, que si le spectacle est maintenu, « la préfecture devra s’attendre à ce que des croyants outragés se chargent eux-mêmes de faire respecter leur foi ».
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Pour rappel, depuis 1987, le diocèse prête l’église Notre-Dame-de-la Gloriette, à la Maîtrise de Caen qui y donne 20 auditions par an le samedi midi. Des concerts et des spectacles ont également lieu dans le cadre de la programmation du Théâtre de Caen. Des événements du festival Nordik Impakt, comme Woodkid en 2013, y ont notamment été programmés.
L’histoire de Notre-Dame-de-la-Gloriette
Située face à la place de la République dans le centre-ville de Caen, l’église Notre-Dame de la Gloriette a été construite à la fin du XVIIe siècle par les Jésuites. Après avoir été donnée à l’université de Caen, elle aurait été rendue au culte catholique en 1802. En 1909, elle est classée monument historique. La Maîtrise de Caen y donne une vingtaine d’auditions chaque année. Et elle accueille plusieurs rendez-vous de la programmation du théâtre de Caen. (Source : Théâtre de Caen)
Jusqu’ici, nous n’avons jamais eu de problèmes, assure le père Berthout à Normandie-actu. Les concerts de la Maîtrise de Caen sont vraiment très bien. Mais c’est vrai que parfois, il peut y avoir des spectacles qui posent question. J’ai été alerté pour ce spectacle de danse.
Le père Berthout se pose des questions : « Dans le résumé publié sur le site internet du Théâtre de Caen, il est vrai que la formulation peut scandaliser un certain nombre de personnes. J’aimerais comprendre ce qu’est véritablement ce spectacle et voir s’il est en conformité avec le protocole qui existe entre le diocèse et la Ville de Caen. Car Notre-Dame-de-la-Gloriette est toujours affectée au culte même si elle accueille des événements culturels. »
Une lettre à la Ville de Caen
Il est en train de rédiger, avec le diocèse, une lettre adressée à la direction culturelle de la Ville de Caen, afin d’avoir plus de précisions sur ce spectacle, et plus généralement « pour revoir le protocole qui lie le diocèse à la Ville ».
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Le diocèse veut jouer l’apaisement et le questionnement, plutôt qu’attiser la colère des croyants. Le père Berthout argue un mélange des genre « un peu maladroit ». « Le magnifique ballet du Sacre du Printemps qui avait provoqué un scandale artistique au début du XXe siècle et la danse punk des Pussy Riot ne sont pas des scandales de même nature », conclut-il.
Contactés par Normandie-actu, la Ville de Caen et le Théâtre de Caen n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations. Mais la Ville se dit prête à répondre à toutes les demandes du diocèse.
Voir un extrait du spectacle DeSacre ! de Christine Gaigg, posté par le festival de danse ImPulsTanz :