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Prières de guérison à Caen : l’évêque prend ses distances après une enquête canonique

À la suite d’une enquête canonique, l’évêque de Bayeux-Lisieux a décidé de prendre ses distances avec l’association Notre Dame, mère de la lumière à Caen (Calvados). Précisions.

L'association de jeunes Notre Dame, mère de la lumière a fait l'objet d'une enquête canonique et ne recevra plus de lettre de mission du diocèse Bayeux-Lisieux (Calvados). Ces jeunes effectuaient des « missions de maraudes, d'enseignement biblique, d'animation de messes et de veillées de louanges depuis décembre 2012. (capture d'écran ©Youtube)
L'association de jeunes Notre Dame, mère de la lumière a fait l'objet d'une enquête canonique et ne recevra plus de lettre de mission du diocèse Bayeux-Liseux (Calvados). Ces jeunes effectuaient des missions de maraudes et d'enseignement biblique. (capture d'écran ©Youtube)

L’association Notre Dame, mère de la lumière , basée à Caen (Calvados), posait souci au sein de la communauté catholique. Dans un courrier daté du 30 janvier 2017, que Normandie-actu a pu se procurer, l’évêque du diocèse de Bayeux-Lisieux, Jean-Claude Boulanger, a fait part de sa décision « de ne pas continuer à donner au groupe une lettre de mission au sein de l’Église diocésaine ».

Qui est derrière cette association ?
Sur son site internet, Notre Dame, mère de la lumière se définit comme « un groupe de jeunes chrétiens catholiques. Le Seigneur nous a fait nous rencontrer au sein de l’aumônerie catholique des étudiants de Caen […]. Désireux de faire connaître son amour, nous avons monté une association, ouverte à tous, qui a pour but de faire connaître le Christ et de servir l’Église, grâce aux charismes que le Seigneur donne à chacun ». Il s’agit d’un « groupe particulièrement dynamique, manifestant de grandes qualités », décrit le père Laurent Berthout, en charge de la communication du diocèse Bayeux-Lisieux. Selon nos confrères de Liberté-le Bonhomme libre, le groupe comptait en 2016, près de 200 membres.

Une enquête canonique ouverte

En mars 2016, l’évêque de Bayeux-Lisieux avait ordonné l’ouverture d’une enquête canonique, « au titre de la vigilance ». Une procédure rare. L’association créée en 2008, avait dû suspendre ses activités religieuses. Même si ce groupe de jeunes étudiants n’était pas reconnu canoniquement, elle effectuait des « missions de maraudes, d’enseignement biblique, d’animations de messes et de veillées de louanges depuis décembre 2012 », précise  le père Laurent Berthout, en charge au moment de l’enquête de la communication pour le diocèse.

La commission d’enquête canonique [qui n’a pas de valeur pénale, NDLR], qui a entendu et lu de nombreux témoignages sérieux, a également mis au jour à un certain nombre de difficultés structurelles dans le fonctionnement du groupe et son développement, notamment ce qui concerne les prières de guérison qui ont posé question, écrit Mgr Boulanger.

Le diocèse a accompagné ces anciens étudiants, mais a voulu stopper son engagement auprès d’eux. « Le groupe s’est développé beaucoup plus largement que ce que nous avions envisagé. Ils ont organisé des veillées de guérison qui nous dépassent complètement. Cela demande un accompagnement humain et médical extrêmement serré et nous n’avons pas les moyens de les suivre », complète le père Berthout.

« Un pas en avant »

L’évêque appelle ces membres à rejoindre « la vie baptismale adulte, ou dans le sacerdoce ou la vie consacrée à leur choix» s’ils « veulent consacrer leur vie au Seigneur et au service de l’Église ».

Une mise à distance qui est « un pas en avant », selon l’association Tocsin, qui lutte contre les dérives sectaires au sein du christianisme. Contactée par Normandie-actu, Tocsin affirme avoir « reçu des personnes en souffrance » qui avaient été en contact avec Notre Dame, mère de la lumière, sans en vouloir s’épancher davantage sur le sujet. Selon cette association qui se définit comme laïque, Notre Dame, mère de la lumière a connu de « dérives comportementales et théologiques ».