L’illustrateur et designer graphique Antoine Corbineau a eu un coup de cœur pour le Havre, au point qu’il a décidé de l’ajouter à sa série de cartes hautes en couleur, aux côtés de Paris, Tokyo, Barcelone ou encore New York. (©Antoine Corbineau)
Le Havre (Seine-Maritime) n’a jamais été aussi colorée et foutraque que dans le regard d’Antoine Corbineau. L’illustrateur, directeur artistique et designer graphique, qui met régulièrement ses crayons au service de grandes marques, institutions et journaux à travers le monde, a décidé de cartographier la ville portuaire.
Cette carte s’inscrit dans la lignée d’une série de projets personnels, « réalisés entre deux commandes » ces dernières années et auto-éditées, représentant Paris, New York, Tokyo, Barcelone ou encore l’île d’Yeu, Nantes et Saint-Nazaire. Toutes sont reconnaissables, représentées chacune avec une gamme de couleurs distincte, assez pop et fraîches.
Un travail long et dense
Antoine Corbineau marche au coup de cœur, notamment pour les villes portuaires. Après avoir pas mal bourlingué ces cinq dernières années, il a fini par poser ses valises à Nantes. Le Havre, où il a quelques amis et de la famille, lui a naturellement tapée dans l’œil :
Je ne peux pas dire que je connais très bien la ville, mais j’apprécie son originalité et sa capacité, comme pour Nantes et Saint-Nazaire, à se créer une identité propre en sublimant ses « défauts » et ses particularités, son histoire compliquée.
Il a conçu sa carte à partir de ses visites, de recherches sur internet et de longues discussions avec les architectes qui partagent son atelier. L’enjeu réside dans le fait de pouvoir présenter la ville — dans ce cas très étendue —, son histoire, ses anecdotes, ses bâtiments intéressants, sans se limiter au centre.
Il aura fallu « un bon moins de travail dense » pour terminer ce projet amorcé à l’automne dernier et publié sur les réseaux sociaux le 14 juillet dernier.
Après être passé par Strasbourg, Londres, New York et Paris, l’illustrateur, directeur artistique et designer graphique Antoine Corbineau a fini par poser ses valises à Nantes. Il est inspiré par les villes portuaires. (©DR)
Entre exhaustivité et vision personnelle
Une chose est sûre : « C’est toujours un défi, d’autant que la ville est assez dense niveau particularismes architecturaux ! » Peut-être y a-t-il quelques erreurs, mais « elles font partie du jeu ».
Les œuvres installées à l’occasion d’un été au Havre ont aussi été une véritable source d’inspiration. Celles de Jean Blaise, par exemple. « J’aime beaucoup son travail, à Nantes notamment. J’étais ravi d’apprendre qu’il travaillait maintenant avec Le Havre. »
Au final, l’artiste compose entre exhaustivité et vision artistique et personnelle:
Je glisse toujours quelques éléments d’ordre privé ou moins atttendus. Mes cousins sont présents sur la carte par exemple. Paul Vatine également. Edouard Philippe traversant le bassin du commerce à la nage aussi.
À la rédaction, on aimerait bien voir d’autres villes normandes dépeintes par Antoine Corbineau. Pour l’instant, ce n’est pas encore d’actualité. Il planche sur Strasbourg, l’île de la Réunion, Bruxelles et Amsterdam, sur lesquelles il avance « doucement ».
Pour en savoir plus sur l’artiste, son parcours et son travail ou pour se procurer la carte : rendez-vous sur son site internet.