
La piste du « terrorisme islamiste » est privilégiée au lendemain d’une attaque ayant fait quatre morts devant le Parlement britannique à Londres, survenue un an, jour pour jour, après les attentats meurtriers de Bruxelles.
Sa voiture lancée contre la foule
Une quarantaine de personnes ont également été blessées lorsqu’un homme « barbu et vêtu de noir » a lancé, mercredi 22 mars 2017, en début d’après-midi, sa voiture contre la foule sur le pont de Westminster, face à Big Ben, avant de poignarder à mort un policier en essayant de pénétrer dans le Parlement.
L’assaillant, qui a agi seul selon les enquêteurs, et dont l’acte n’a pas été revendiqué pour le moment, a ensuite été « abattu par un autre policier », selon le commandant de l’antiterrorisme, Mark Rowley. « Je ne vais pas faire de commentaires sur l’identité de l’assaillant (…) mais nous privilégions la piste du terrorisme islamiste », a déclaré, mercredi soir, Mark Rowley.
L’attaque a entraîné un vent de panique dans le centre de Londres : passants affolés se ruant dans le métro le plus proche, police déployée en masse, Parlement barricadé…
Des lycéens français blessés
Parmi les blessés figurent trois lycéens français en voyage scolaire. Deux ressortissants roumains sont également blessés, a annoncé Bucarest, ainsi que cinq touristes sud-coréens, d’après l’agence Yonhap, et un Portugais, selon le gouvernement portugais.
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Vêtue de noir, Theresa May a dénoncé mercredi soir, un attentat « pervers », lors d’une allocution solennelle devant sa résidence du 10, Downing Street. « Les forces du mal ne nous diviseront pas », a-t-elle lancé, après une réunion interministérielle de crise.
La Normandie solidaire
Aucun Normand ne figure parmi les blessés mais la région reste solidaire, comme en témoignent des messages postés sur les réseaux sociaux. Le recteur de l’académie de Caen (Calvados), Denis Rolland, a ainsi rappelé le lien qui unit ces deux territoires grâce à l’oeuvre de Claude Monet : Le Parlement.
En 1900, le peintre de Giverny (Eure) représentait magnifiquement ce lieu, visé par cette attaque terroriste.
#Normandie rivage de #Londres#ClaudeMonnet passerelle de #solidarité #AttentatLondres pic.twitter.com/ypzesVJLPL
— Denis Rolland (@Rolland_Denis) 23 mars 2017
Le réseau « En Normandie » a également voulu présenter ses condoléances au peuple britannique à travers sa page Facebook.
L’ancien président de l’ex-Région Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol (PS), a souhaité réagir mercredi 22 mars, dans la soirée. Via son compte Twitter, il a adressé ses « pensées pour les victimes des attaques de Londres et leurs familles ».
L’horreur, toujours. Pensée pour les victimes des attaques de Londres et leurs familles. Avec nos frères britanniques, soyons solidaires.
— Nicolas Mayer (@NicolasMayerNMR) 22 mars 2017
Le vice-président de Région et maire de Louviers (Eure), François-Xavier Priollaud (UDI), a adressé son amitié aux Londoniens :
J’adresse tout mon soutien et toute mon amitié au peuple britannique. Cette attaque devant le Parlement est une nouvelle attaque contre la démocratie. Alors que doivent se tenir les Journées Normandie pour la paix, nous devons plus que jamais nous mobiliser pour faire avancer la paix et la démocratie et transmettre ces valeurs aux nouvelles générations.
Plus généralement, l’État français a apporté son soutien aux Anglais. Le président François Hollande a présenté ses condoléances à la Première ministre du Royaume-Uni lors d’une conversation téléphonique et « lui a fait part de la solidarité de la France dans cette tragique épreuve », précise l’Élysée.
Solidarité avec le peuple britannique et soutien aux victimes pic.twitter.com/ZoTf8S1Zlm
— Gouvernement (@gouvernementFR) 22 mars 2017
Attaque la plus meurtrière depuis 2005
Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière au Royaume-Uni depuis les attentats suicide du 7 juillet 2005, revendiqués par des sympathisants d’Al-Qaïda, qui avaient fait 56 morts dans les transports en commun londoniens.
Theresa May a cependant indiqué que le niveau d’alerte terroriste restait fixé à « grave », le quatrième sur une échelle de cinq, comme depuis août 2014.
L’attaque est survenue le jour où la Belgique commémorait les attentats djihadistes qui avaient fait 32 morts à Bruxelles il y a exactement un an. Elle rappelle les attaques de Nice (France, 84 morts) et Berlin (12 morts), également en 2016, commis en lançant un véhicule contre la foule, et s’inscrit dans un contexte de risque élevé d’attentats en Europe, notamment des djihadistes de l’État islamique (EI).
Selon le commandant Rowley, l’assaillant a d’abord renversé plusieurs piétons, dont trois policiers, sur le pont. Au moins deux personnes y sont mortes et plus d’une dizaine ont été soignées sur place, selon les secours. Une femme ayant sauté dans la Tamise pour échapper au véhicule a été repêchée grièvement blessée.
Après avoir embouti son SUV gris contre des grilles du palais de Westminster, peu après la sortie du pont, l’assaillant s’est rué vers une entrée du Parlement toute proche, avant de poignarder un policier, a ajouté Mark Rowley. La police a tiré sur lui alors qu’il essayait d’attaquer un deuxième agent.
Des images montrent le député conservateur Tobias Ellwood, qui a perdu son frère dans un attentat à Bali (Indonésie) en 2002, pratiquer en vain un massage cardiaque sur le policier, un père de famille de 48 ans, tragiquement tué.
« C’était la panique »
« Nous étions en train de prendre des photos de Big Ben lorsque tout le monde s’est mis à courir, nous avons vu un homme d’une quarantaine d’années portant un couteau d’environ 20 centimètres. Ensuite, on a entendu trois coups de feu. Nous avons traversé la rue et on a vu l’homme en sang par terre », a raconté Jayne Wilkinson à l’agence britannique Press Association.
« J’ai vu trois corps allongés sur le sol et énormément de policiers. C’était terrifiant », a déclaré à l’AFP Jack Hutchinson, 16 ans, un touriste américain resté coincé trois heures sur la grande roue du London Eye, à l’autre bout du pont.
Les députés ont été confinés à l’intérieur du Parlement et dans Westminster Abbey, toute proche, avant de pouvoir sortir dans la soirée. « C’était la panique », a raconté la députée britannique travailliste Mary Creagh. Theresa May a quitté à grande vitesse le Parlement, où elle s’était exprimée devant les députés, à bord de sa voiture officielle. Au Parlement écossais à Édimbourg, les débats sur un référendum d’indépendance ont été suspendus sine die.
Londres avait été épargnée ces dernières années par les attentats de grande ampleur. Scotland Yard avait cependant annoncé début mars que les services de sécurité britanniques avaient déjoué 13 tentatives d’attentats depuis juin 2013.
Les journaux britanniques titraient tous jeudi 23 mars, sur l’attentat, qualifié d’« attaque contre la démocratie » par le tabloïd (gauche) Daily Mirror. « Les Londoniens ne se laisseront pas intimider par le terrorisme », a lancé le maire de Londres Sadiq Khan.