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Rencontre. « Seules les bêtes » : Colin Niel présente son roman à Rouen, mercredi 18 janvier

L’écrivain Colin Niel vient présenter son dernier livre « Seules les bêtes », mercredi 18 janvier 2017, à la librairie L’Amitière à Rouen. Un roman intense.

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Colin Niel a provisoirement abandonné la Guyane comme arrière-plan de son quatrième roman Seules les bêtes. Il en parle mercredi 18 janvier 2017 à la librairie L'Armitière, à Rouen. (Photo : Opale)

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Voici le point de départ du quatrième roman de Colin Niel.

Un bouquin passionnant. Colin Niel a ce talent rare de maintenir le lecteur en alerte, à l’affût du moindre détail. Pourtant l’intrigue policière n’est qu’un prétexte à un super bouquin sur la solitude, sur l’amour. Dans une précédente vie, avant d’être auteur, avant même d’être ingénieur agronome spécialisé en préservation de la biodiversité, Colin fut magicien ! Et s’il pratique désormais beaucoup moins, il a conservé cet art de détourner l’attention pour mieux surprendre.

Un coup de téléphone matinal

Colin Niel sera mercredi 18 janvier 2017, à 18h, à la librairie L’Armitière, à Rouen, pour une rencontre avec son public. Nous l’avons appelé il y a quelques jours à Lille. Un coup de téléphone matinal. Il venait tout juste de déposer ses enfants à l’école et se préparait à sortir pour… écrire. « J’écris théoriquement chez moi mais lorsque je n’y arrive pas, ce qui est le cas en ce moment, je vais dans un bar pour me sortir de mon environnement », explique-t-il…

Et d’ajouter :

Cela fait vraiment très plaisir sur le moment d’être primé. Mais dans le même temps cela met beaucoup de pression pour le livre suivant.

Normandie-Actu. La librairie L’Armitière constitue un bon souvenir ?
Colin Niel. Tout à fait. C’est dans cette librairie que j’ai reçu mon tout premier prix littéraire. C’était en 2014 pour mon roman Ce qui reste en forêt. Je me rappelle de ce moment, c’était une belle surprise.

N.A. En parlant de prix, votre précédent roman « Obia » a été multi récompensé. C’est une pression supplémentaire pour l’auteur ?
C.N. C’est très paradoxal parce que cela fait vraiment très plaisir sur le moment d’être primé ou félicité par les lecteurs. Mais dans le même temps, cela met beaucoup de pression pour le livre suivant. C’est du poids en plus à porter. D’autant plus, et les lecteurs ne s’en rendent pas forcément compte, qu’il y a un décalage temporel important qui fait qu’au moment où un livre sort, on est déjà en train de galérer sur le suivant.

Sur la Guyane, il y aurait encore des dizaines de livres à écrire, des tas de choses à raconter. Mais moi j’ai eu envie de passer à autre chose. C’était un défi personnel.

N.A. Avec Seules les bêtes vous abandonnez la Guyane, décor de vos trois premiers romans. Un abandon définitif ?
C.N. Non, pas du tout. Sur la Guyane, il y aurait encore des dizaines de livres à écrire, des tas de choses à raconter. Mais moi j’ai eu envie de passer à autre chose. C’était un défi personnel. C’est vrai qu’en Guyane nous avons ce décor amazonien extraordinaire, ces populations très différentes et ces personnages très forts. On se demande si l’auteur n’est pas davantage porté par la Guyane que par un quelconque talent. D’où cette envie d’essayer autre chose.

N.A. Pour la première fois, vous proposez un roman choral à vos lecteurs…
C.N. Il y a beaucoup de choses qui arrivent en cours d’écriture. Mais la construction générale et la décision d’un roman choral, cela faisait partie du projet initial. Il y avait plusieurs raisons à cela : je voulais expérimenter autre chose, il y avait cette volonté d’essayer une nouvelle écriture et puis j’avais cette volonté d’écrire un roman dont les personnages soient vraiment le centre du projet.

Au-delà du monde rural, j’avais envie de parler du sentiment de manque, de solitude, de quête amoureuse un peu désespérée

N.A. L’été meurtrier de Sébastien Japrisot est une référence du roman choral
C.N. Pour moi, le roman choral permettait, à travers la notion de solitude, de partager l’intimité de mes personnages. Et puis, c’est vrai, j’avais en tête l’exemple de certains romans qui m’avaient beaucoup plu dans ce cadre là. Je cite souvent L’été meurtrier de Sébastien Japrisot qui pour moi est un immense roman.

N.A. Avec Seules les bêtes vous évoquez le monde rural mais aussi la solitude
C.N. Au-delà du monde rural, j’avais envie de parler du sentiment de manque, de solitude, de quête amoureuse un peu désespérée qui peut nous emmener dans toutes les directions. Il se trouve qu’effectivement avec l’isolement géographique et professionnel et avec le poids de ce que vivent tous les agriculteurs aujourd’hui la solitude prend une dimension particulière en milieu rural.

Benoit Vochelet

Infos pratiques
Colin Niel en dédicace à L’Armitière
Mercredi 18 janvier à 18h
Seules les bêtes de Colin Niel (Editions du Rouergue)
Tarifs : 19 euros
Colin Niel sera à Fleury-sur-Orne les 4 et 5 février
Festival du polar – Bloody Fleury